Des hauts et des bas pour 2016 : Une année stable, mais de haut niveau

À moins que la croissance économique du Canada ne chute sous le 1% établi l’an dernier, nous prévoyons des ventes de voitures similaires aux records de 2015 (Photo : Scotiabank)

Malgré la baisse des marchés boursiers au début de 2016, l’économie mondiale continue de performer. À travers le globe, les ventes de voitures ont connu une lancée durant la deuxième moitié de 2015, et nous prévoyons une hausse d’environ 3%, ce qui donnerait lieu à une septième année record consécutive.

En sol canadien, nous prévoyons une année plus stable et équilibrée. Il s’agit tout de même d’une bonne nouvelle, puisqu’il s’est vendu un nombre record de véhicules en 2015 (1,9 million), soit une hausse de 3 % par rapport à 2014, qui était aussi une année plus forte que prévu. Ce nivelage est principalement lié à l’instabilité de diférents secteurs. Les ventes sont moins bonnes dans des provinces comme l’Alberta, qui est durement éprouvée par la chute des prix du pétrole. Cette situation est contrebalancée par les résultats obtenus dans des provinces qui exportent davantage des ressources non énergétiques, telles que le Québec, l’Ontario et la ColombieBritannique. Des gains pour les uns et des pertes pour d’autres. À moins que la croissance économique du Canada ne chute sous le 1 % établi l’an dernier, nous pré- voyons des ventes de voitures similaires aux records de 2015.

Approvisionnement vs demande

Approvisionnement vs demande Lorsque l’on s’attarde au prix du pé- trole et à ses efets sur la valeur de notre dollar dans les marchés mondiaux, il est important de comprendre les raisons de ces fuctuations. La chute est due à une ofre excédentaire et non à une baisse de la demande, et la situation pourrait prendre un certain temps à se stabiliser. Le pétrole est une industrie à long terme : le processus d’exploration et de production peut s’échelonner sur plusieurs années. La production actuelle est donc le fruit d’investissements survenus en des temps meilleurs. La réduction des investissements en 2015 et en 2016 limitera la croissance du secteur dans quelques années, bien qu’actuellement, la production pétrolière canadienne continue d’augmenter. Les producteurs de pétrole ré- duisent leur main-d’œuvre et l’augmentation du taux de chômage en Alberta n’a pas encore afecté la production de sables bitumineux de la province. Au niveau mondial, la production de pétrole continue d’augmenter, surtout avec l’arrivée de l’Iran dans le marché. Des données publiées par le ministère américain de l’Énergie laissent croire que l’inventaire de pétrole en sol américain se stabilise, ce qui est de bon augure.

Forte croissance, augmentation des ventes

Bien sûr, la chute du prix du pétrole a eu un impact sur les marchés boursiers mondiaux, car de nombreux investisseurs se sont retirés par crainte d’éventuelles faillites. La croissance de l’emploi dans les marchés les plus développés du globe est cependant à son meilleur depuis 2007, ce qui stimule les ventes de voitures. Les modérations des ventes connues l’an dernier étaient surtout reliées à d’importants déclins en Russie et au Brésil. Ces marchés ne risquent pas de remonter la pente de sitôt. Nous sommes toutefois prudemment optimistes : avec une chute des ventes de 40 % l’an dernier, il est peu probable que la Russie connaisse une année aussi mauvaise en 2016. Bien que la chute des prix du pétrole ait des efets négatifs sur les marchés mondiaux, les consé- quences sont plutôt positives du côté des consommateurs. Aux États-Unis, les ventes de véhicules risquent d’atteindre 18 millions cette année, grâce à la vigueur du marché du travail, aux bilans positifs des ménages et au vieillissement des véhicules sur les routes. En efet, 40 % des véhicules en circulation sont âgés de 12 ans ou plus. Plutôt qu’une année de vente record, nous prévoyons un prolongement du cycle de remplacement. La location a joué un rôle majeur dans les ventes de véhicules au Canada, avec une hausse dans les deux chifres qui a grandement contribué à établir de nouveaux records. En excluant les locations, les volumes de ventes ont en réalité diminué en 2015. Les conditions fnancières favorables joueront également un rôle important cette année, avec des taux d’intérêt plus bas que jamais.

Perspectives provinciales

Grâce à la lancée des ventes destinées à l’exportation, nous prévoyons que plus de 772 000 unités seront vendues cette année en Ontario, une hausse par rapport aux 761 000 unités vendues en 2015. En Colombie Britannique, les ventes risquent de grimper de 207 000 à 211 000 unités cette année. Cette province jouit du meilleur marché de l’emploi au pays et connaîtra le plus grand déplacement interne de sa population depuis plusieurs décennies. Au Québec, 450 000 véhicules devraient trouver preneur, soit une hausse de 6000 par rapport aux ventes de 2015. Cette augmentation est principalement due à l’amélioration des perspectives d’emploi et à une importante augmentation du taux d’emploi à temps complet. Le Manitoba devrait aussi connaître de légers gains grâce à une augmentation du taux d’embauche de 2 %, et en Nouvelle- Écosse, les ventes devraient augmenter de 1000 unités par rapport aux 54 000 véhicules vendus l’an dernier. Cependant, l’importante chute des dé- penses d’immobilisations en Alberta et l’état du marché de l’emploi ont vu le marché de l’automobile chuter de 12 %, avec seulement 236 000 véhicules vendus l’an dernier ; il pourrait baisser à 220 000 unités en 2016, malgré les mesures gouvernementales et la stabilisation du marché pétrolier. Dans l’ensemble, bien que les résultats individuels varient selon les provinces, nous prévoyons une année stable, mais tout de même de haut niveau.

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