Le jeu de Trump

Le jeu de Trump
Aujourd'hui, l'un des plus grands pertubateurs de l'écomomie est le président des États-Unis lui-même.

L’incertitude que les tarifs douaniers de Trump insufflent sur le marché est difficile à surestimer.

Quelle différence peuvent faire une année ou même quelques mois… Il n’y a pas si longtemps, le mot « perturbateur » était relié à la technologie, à Internet et, bien sûr, à la génération des milléniaux. Mais aujourd’hui, l’un des plus grands perturbateurs de l’économie en général, et du secteur de l’automobile en particulier, est le président des États-Unis lui-même.

Il y a quelques mois, notre plus grande préoccupation était l’ALENA et sa renégociation. Aujourd’hui, Trump s’attaque aux tarifs douaniers, évoquant la « sécurité nationale » pour justifier des tarifs avoisinant 25 %. Il s’agit d’une mesure sérieuse qui peut nuire gravement au secteur de l’automobile canadien.

S’adressant à un comité parlementaire sur le commerce international au sujet de l’incidence des tarifs douaniers sur les entreprises et les travailleurs canadiens, le président et chef de la direction de la Corporation des associations de détaillants d’automobiles (CADA), John White, a partagé quelques observations à ce sujet.

« À notre avis, il n’y a pas de plus grande menace pour l’économie canadienne que l’incertitude commerciale imminente entre le Canada et les États-Unis. Et plus précisément, la menace d’un tarif douanier automobile de 25 % par le président américain. »

John White a expliqué à quel point ces tarifs seraient dévastateurs pour l’économie canadienne, en utilisant des mots comme « tsunami » pour en décrire l’impact. « Les conséquences des tarifs de l’acier et des mesures de rétorsion, qui sont à la fois significatives et défavorables pour le marché de la vente automobile au détail, sont minimes comparativement au ralentissement économique qui se produirait si nous devenions assujettis à un tarif douanier de 25 %, ou si l’ALENA prenait fin. »

Questions difficiles

À mon avis, les concessionnaires doivent commencer à se poser des questions difficiles. Suis-je prêt à affronter un « tsunami » économique ? Ma concession pourrait-elle résister à une telle tempête ? Ai-je suffisamment d’économies pour traverser une telle crise ?

John White a comparé l’impact des tarifs de Trump au ralentissement économique que nous avons connu il y a tout juste dix ans – un ralentissement qui a eu un énorme impact sur l’industrie automobile et qui a entraîné la fermeture de nombreuses entreprises.

« Au cours de la crise financière mondiale de 2008-2009, le marché automobile canadien a diminué à un niveau de 1,4 million de voitures, a déclaré le président de la CADA. À notre avis, la situation économique de 2008-2009 ne serait pas comparable à celle de nos membres et du marché canadien dans son ensemble si nous nous retrouvions avec un tarif douanier de 25 %. »

Il a ensuite cité un rapport de la Banque TD qui prévoit environ 160 000 pertes d’emplois au Canada si la menace des tarifs douaniers devient réalité. Dans ce cas, les concessionnaires devraient mettre à pied entre 25 000 et 30 000 personnes.

L’incertitude des consommateurs

Ce genre de « tsunami » économique aurait de graves répercussions sur le Canada en général et sur le secteur automobile en particulier. Les chômeurs et les personnes qui craignent de perdre leur emploi ne seront pas tentés de s’acheter de nouvelles voitures.

Ceux qui souhaiteront s’acheter une nouvelle voiture seront moins susceptibles de passer à l’acte si les prix augmentent. De nombreux experts de l’industrie s’attendent à ce que ce soit le cas si la guerre commerciale devait s’intensifier.

Se préparer au pire, espérer le meilleur

Des tempêtes comme celles-ci ne sont pas impossibles à affronter, et il est même possible d’en profiter si vous faites partie d’un groupe de concessionnaires avec des ressources plus importantes, ou si vous possédez vous-même quelques concessions. Ce sont les points de vente uniques ou les petites entreprises qui m’inquiètent le plus, car ils ne pourront peut-être pas survivre à ce qui pourrait être la « tempête parfaite ».

Ces petites entreprises doivent penser à leur avenir dès maintenant. Si vous attendez trop longtemps, votre entreprise sera moins attrayante aux yeux des acheteurs potentiels. Ces derniers risquent alors de vous considérer comme une vente de détresse plutôt qu’un investissement.

Certes, comme beaucoup d’orages, celui-ci pourrait ne jamais se matérialiser, malgré les nombreux nuages à l’horizon. Trump défierait toute logique en allant de l’avant avec ces mesures, même si tous les experts s’entendent pour dire que cela serait préjudiciable aux économies des deux côtés de la frontière. Mais une chose que nous avons apprise avec Trump est que la logique ne dicte pas toujours ses actions. Avec ce président, ce qui semble improbable finit souvent pas se concrétiser.

Ainsi, chaque concessionnaire doit se demander : « Ai-je ce qu’il faut pour passer au travers, indépendamment de ce qui peut m’arriver économiquement ? Ou est-ce le moment d’obtenir le meilleur prix pour mon entreprise et passer à autre chose ? »

C’est une question à laquelle vous seul pouvez répondre.

Paratagez-le !