Vivre à l’ère électrique

Vivre à l’ère électrique
À moins de 45 000 $, la Chevrolet Bolt peut parcourir 383 km par charge. (Photo : Brian Murphy)

Nous vivons à une époque très intéressante pour tout ce qui a trait aux véhicules électriques (VE).

La demande populaire a inspiré mon sujet du mois. Apparemment, les VE sont l’un des sujets dont on discute le plus avec nos clients. Nous sommes nombreux à être très curieux sur le plan professionnel quant à l’avenir du transport en général. Nous croyons que de plus en plus de VE et de véhicules hybrides rechargeables (VHR) rouleront sur nos routes, mais leur lancement demeure plutôt incertain.

Si nous regardons les prochaines années, à quoi devons-nous nous attendre? Je crois que les VE deviendront de plus en plus la norme, ce qui balaiera la négativité les entourant sous le tapis. Les VE deviendront monnaie courante et formeront une nouvelle norme électrique.

Croissance des ventes

Certes, le nombre de VE et de VHR vendus aujourd’hui est encore bas.  Toutefois, fait surprenant, le rythme de ventes cette année est juste sous 4 000 unités par mois, ce qui représente une croissance des ventes beaucoup plus rapide cette année.

Cette croissance s’explique par le lancement de plus en plus de produits électriques et par le fait que les consommateurs commencent à voir leurs avantages.

Les premiers VE ont fait face à des défis fondamentaux répétés qui ont entravé leur adoption massive et leur ont même donné mauvaise réputation. Je compare ces premiers VE aux télévisions en noir et blanc d’une époque révolue, dont certains d’entre vous se souviennent. Évidemment, il y avait une image à l’écran, mais on pouvait espérer une expérience bien plus complète.

J’ai un vif souvenir qui date de plusieurs années : j’avais emprunté l’un de ces VE « en noir et blanc » du constructeur. Chaque soir, avant de me mettre au lit, je vérifiais mes itinéraires sur Google Maps pour savoir si le VE pouvait faire faire le trajet. L’autonomie limitée (bien en deçà de 200 km) faisait d’eux une bonne deuxième voiture et une voiture principale décente, si le trajet jusqu’au travail était plutôt court et prévisible. La prochaine génération de VE offre des autonomies bien au-delà de 200 km, et parfois jusqu’à 400 km; pour plusieurs, l’autonomie n’est donc plus un souci.

Avec IPSOS, CBB a mené une recherche plus tôt cette année qui a révélé que 26 % des Canadiens envisagent l’achat d’un VE, alors que 21 % celui d’un VHR, si le prix de l’essence continue d’augmenter. La relative stabilité récente des prix n’a donc pas aidé l’adoption des véhicules électriques.  Maintenant que les prix de l’essence sont près d’atteindre de nouveaux records, cela devrait alimenter l’intérêt des consommateurs envers les VE et VHR.

Valeur de revente

L’un des inconvénients majeurs des VE est qu’ils ne conservent pas une bonne valeur de revente. Des cinq véhicules ayant la pire valeur de revente au Canada, selon les données du Canadian Black Book, trois sont des VE. Cette performance médiocre et la faible valeur résiduelle prévue qui en découle augmentent le prix de la location.

Cela dit, je ne crois pas que les VE resteront au bas de la liste bien longtemps. Ce à quoi je m’attends d’ici 10 à 15 ans, c’est que les VE gagneront inévitablement en normalité en ce qui a trait à leur valeur de revente. Le moment où cela se produira dépend du comportement des consommateurs. L’acceptation des hybrides par le marché est encore en cours, et ces véhicules sont présents depuis près de 20 ans.

Les consommateurs suivront-ils le mouvement des véhicules entièrement électriques? C’est la question à un million de dollars. Les équipementiers investissent des sommes impressionnantes en développement et convertissent des usines pour construire des VE. En ce moment, ces changements relèvent toutefois d’une grande spéculation.

Une question de qualité

Ce qui me rend si optimiste à propos de l’avenir des VE, ce sont les produits proprement dits. Chez Canadian Black Book, nous avons la chance d’évaluer de nombreux véhicules, souvent avant qu’ils n’atteignent les salles de montre, ce qui aide grandement nos prévisions des valeurs résiduelles futures. Chaque fois que nous conduisons un nouveau VE, ceux-ci sont bien meilleurs que les VE « en noir et blanc ». Je ne crois pas que nous en sommes encore à l’ère de l’« écran plat haute définition », mais nous nous sommes rapidement rendus à la télévision couleur.

Il y a plusieurs nouveaux véhicules qui illustrent ce sentiment, dont le meilleur exemple est la Chevrolet Bolt. À moins de 45 000 $, elle peut parcourir 383 km par charge. Son expérience de conduite et ses technologies à bord sont impressionnants et faciles à utiliser. Pour les amateurs de luxe, il y a la nouvelle I-PACE de Jaguar, un VUS de performance entièrement électrique, dont l’autonomie est similaire à celle de la Chevrolet Bolt, mais qui se conduit comme une Jaguar. Elle est fantastique. Tesla construit et offre des Model 3 « abordables » à un rythme impressionnant, malgré les drames fréquents sur Twitter.

Hyundai propose une Ioniq électrique et hybride rechargeable, et le Kona offrant 400 km d’autonomie fera bientôt son entrée. La Nissan Leaf, qui en est à sa deuxième génération, a une autonomie de plus de 240 km. La Volkswagen eGolf, construite sur la sympathique plateforme de la Golf, parcourra 200 km. Audi vient d’annoncer la e-Tron; Mercedes-Benz, la EQC; et Porsche devrait faire une annonce bientôt.

La nouvelle génération des VE a beaucoup à offrir; l’époque du « noir et blanc » est révolue. Le soleil se lève sur une nouvelle ère.

 

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