Prévisions : optimisme prudent

Prévisions : optimisme prudent
Les ventes automobiles mondiales en chiffres (Photo : Banque Scotia)

En 2018, les parcs automobiles compensent pour la baisse des ventes au détail au Canada.

Malgré un optimisme global modéré, septembre enregistre une baisse des ventes dans de nombreux marchés mondiaux qu’on explique, selon les marchés, par divers facteurs extérieurs et une baisse des ventes après avoir atteint un sommet douze mois auparavant.

Les ventes automobiles au Canada ont chuté de 7,4 % par rapport au record de septembre 2017, le plus grand déclin en dix ans. Les données des variations saisonnières corrigées de mois en mois démontrent une baisse des livraisons de 3,7 %, la plus importante baisse depuis avril 2018, alors occasionnée par les mauvaises conditions météo. Septembre est marqué par la septième baisse des ventes consécutive par rapport à l’année précédente, qui se traduit par un déclin de 1,6 % pour les mêmes neuf mois en 2018.

Nous prévoyons une baisse de 2 % des ventes totales cette année. Deux millions d’unités devraient donc être vendues, soit un peu moins que le record de 2,04 millions en 2017.

Baisse des ventes dans les autres secteurs

Ces chiffres à la baisse ne sont pas universels. Une hausse des ventes à faible marge dans les parcs automobiles compense la baisse des ventes au détail. Les achats de véhicules des ménages ont baissé de 2,5 % pour l’année en septembre, alors qu’on note une augmentation d’environ 5 % pour les parcs automobiles. La baisse des ventes au détail ne concerne pas uniquement le secteur automobile. Véhicules et pièces mis à part, les achats au détail globaux ont augmenté de seulement 1,1 % jusqu’à maintenant cette année, ce qui contraste avec les 5,2 % à pareille date l’an dernier, en dollars indexés.

La hausse du prix de l’essence et des taux d’intérêt a fait passer les dépenses liées à l’essence et au remboursement des dettes de 9,6 % l’an dernier à environ 10,5 % du revenu disponible des ménages cette année. Si le rythme d’augmentation du salaire nominal est relativement bon, la croissance réelle des revenus est dans le rouge pour la première fois depuis mars 2017. Ajoutons à cela la hausse des taux d’intérêt et les acheteurs potentiels qui retardent leur visite chez le concessionnaire.

Au Canada, les achats de véhicules ont augmenté depuis le début de l’année seulement en Ontario et au Manitoba. Et encore, la montée manitobaine s’explique surtout par la hausse des achats des parcs automobiles, qui semble en adéquation avec les facteurs économiques fondamentaux. En Alberta, les ménages ont diminué leurs dépenses après la récession ; la Colombie-Britannique a connu la plus grande baisse de la croissance des ventes, probablement en raison d’un fort ralentissement de la croissance de l’emploi.

Un plateau au sud de la frontière

Aux États-Unis, les ventes automobiles ont baissé de 5,9 % par rapport à l’an dernier ; la force des ventes en septembre s’expliquait par le remplacement des véhicules endommagés par l’ouragan Harvey. Les données des variations saisonnières corrigées de mois en mois démontrent une augmentation de 4,6 % des achats de véhicules, mais l’augmentation moyenne annuelle demeure faible. Il semble que le marché automobile américain stagne, même si l’on est près de la marque des 17 millions d’unités vendues en 2018, et donc des 17,1 millions en 2017.

Les constructeurs américains commencent à souffrir des tarifs sur l’importation de l’acier et de l’aluminium de l’administration de Donald Trump : Ford, le deuxième constructeur automobile au pays, affirme avoir perdu 1 milliard de dollars en profits. Depuis décembre, le prix de l’équipement électronique des véhicules a augmenté de 0,6 % et celui de la carrosserie des véhicules motorisés et des remorques, contenant beaucoup d’aluminium et d’acier, de 3,4 %.

Les montagnes russes en Europe

Le Mexique a connu en septembre sa seizième baisse consécutive par rapport à l’année précédente, mais la chute de 1,5 % du mois était le plus petit déclin annuel pour cette période. Le pays a tourné la page sur l’incertitude politique et économique précédant les élections présidentielles de juillet et la renégociation de l’ALENA. Les ventes automobiles au Mexique ont chuté de 7,1 % par rapport à l’année dernière, mais on prévoit de meilleurs résultats pour le dernier tiers de l’année et un déclin annuel combiné d’environ 3 %.

En Europe, ce qui monte redescend. En août, les ventes ont grimpé de 26,5 %. Avant l’entrée en vigueur en septembre des nouvelles normes en matière d’émission, qui touchent une partie des véhicules invendus, les acheteurs se dépêchaient de profiter des offres des concessionnaires qui écoulaient leurs stocks. Depuis l’instauration de ces nouvelles règles en septembre, ces gains ont été compensés par une baisse de 23 % par rapport à l’an dernier. Néanmoins, les ventes totales au troisième trimestre, le Royaume-Uni exclu, ont augmenté de 2,4 % par rapport à l’an dernier et devraient augmenter de 3,3 %. Le Brexit nuit encore aux ventes au Royaume-Uni : les ventes automobiles ont baissé de 7,5 % pour les neuf premiers mois de 2018.

Pour la première fois depuis la fin 2008, la Chine connaît une baisse depuis trois mois : les ventes automobiles ont chuté de 11,2 % par rapport à septembre de l’an dernier. Le ralentissement du crédit explique cette baisse, car le gouvernement veut éliminer les emprunts excessifs. Après un départ canon, les ventes de 2018 pourraient se retrouver légèrement sous les niveaux de 2017. Assurément, 2018, qui touche à sa fin, est une année intéressante.

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