Ventes mondiales : elles continuent de chuter

Ventes mondiales : elles continuent de chuter
Ventes canadiennes de véhicules par région (Photo : Scotiabank)

Ces jours-ci, même les plus petites augmentations font bonne figure.

Le marché automobile mondial a poursuivi sa tendance à la baisse. Les ventes mondiales ont perdu 6,7 % en un an à un moment où dans la plupart des régions, elles devraient connaître une période de pointe. Il s’agit d’une neuvième baisse mensuelle consécutive sur un an ; depuis le début de l’année, les ventes ont chuté de 7 % à l’échelle mondiale.

Une légère augmentation de 1,8 % par rapport au mois précédent a été enregistrée sur une base annualisée et désaisonnalisée (D.A.D), les ventes américaines un peu plus élevées ayant été contrebalancées par une chute soutenue des achats en Chine. À l’échelle mondiale, les ventes de fin d’année devraient se terminer autour de 77 millions d’unités, en baisse par rapport aux 78,6 millions d’unités vendues en 2018.

Dans une certaine mesure, cette chute peut s’expliquer par le ralentissement économique mondial synchronisé. Une certaine variabilité reflète les réactions des différents pays à la modération. En outre, une incertitude politique sans précédent a sans aucun doute joué un rôle, les tensions commerciales intermittentes ayant miné la confiance des entreprises et des consommateurs.

Renforcement modeste au Canada

Au Canada, toutes les régions ont enregistré un gain modeste de 0,1 % en mai, mais une baisse des ventes totales de 5,6 % sur 12 mois. Nous avons assisté à une modération de la baisse des ventes au détail d’environ 4,5 % par rapport à une baisse dans les deux chiffres en fin d’année dernière. Les ventes destinées aux parcs automobiles avaient alors pris le relais, les concessionnaires étant pressés d’alléger leurs stocks. La situation s’est maintenant inversée : en mai, les ventes destinées aux parcs automobiles ont perdu environ 10 % sur un an. Nous prévoyons que les ventes au détail continueront à se modérer, à mesure que la croissance économique reprendra et que les concessionnaires ajusteront leurs stocks pour refléter la demande prévue.

En mai, toutes les régions du Canada ont connu un timide redressement des ventes annualisées et désaisonnalisées. Toutefois, les ventes canadiennes ont globalement fléchi et nous constatons des écarts considérables parmi les régions. Le centre du Canada a enregistré une baisse de 4 % depuis le début de l’année, mais, alors que les ventes au Québec ont bondi de 7 % sur un mois, l’Ontario a été la seule province à afficher une baisse de 2 % en mai. Cela reflète probablement les solides bases fondamentales du Québec, tandis que les opinions ne sont pas encore claires quant aux perspectives de l’Ontario, à la lumière des mesures d’austérité attendues.

L’Ouest canadien a connu le ralentissement le plus évident avec une baisse de 7 % depuis le début de l’année. En mai, les ventes en Alberta se sont raffermies de 3 %, ce qui reflète probablement le rétablissement prudent de la confiance des consommateurs avec la stabilisation des prix du pétrole, tandis que la croissance en Colombie-Britannique demeurait relativement stable à 1 %. Au fur et à mesure que l’année avance, la C.-B. devrait bénéficier d’une plus forte relance, mais l’économie albertaine continuera de faire face à des incertitudes liées à la fluctuation des cours du pétrole, tout en bénéficiant de plus en plus des effets de base plus faibles de l’année dernière.

La région de l’Atlantique a poursuivi sa modeste reprise après une très forte baisse l’an dernier. La région dans son ensemble a enregistré une baisse d’environ 3 % depuis le début de l’année, bien que toutes les provinces aient enregistré une amélioration en mai, allant d’une augmentation de 1 % en Nouvelle-Écosse à une hausse de 10 % à Terre-Neuve-et-Labrador.

Ventes amorties aux États-Unis

Les États-Unis ont essentiellement offert le rendement attendu en mai avec un taux annuel désaisonnalisé de 17,31 millions. Il s’agit d’une augmentation de 5,4 % par rapport au mois précédent, ce qui a eu pour effet de faire progresser légèrement les ventes pour s’établir à 16,9 millions d’unités en données désaisonnalisées et annualisées, par rapport aux 16,8 unités d’avril. Les consommateurs ont profité des avantages du Jour du Souvenir après un mois d’avril sans éclat, mais les ventes de mai ont probablement épuisé la progression de la demande en raison des vents contraires du début de l’année, dont la paralysie des services de l’État américain, les sautes d’humeur météorologiques et les solides effets de base des mesures d’incitation fiscales de l’an dernier.

Malgré cela, les ventes américaines ont continué à décliner sur une base annuelle, le recul de 0,5 % enregistré en mai représentant un cinquième mois consécutif à la baisse. On s’attend à ce que le ralentissement de l’économie et l’incertitude des échanges freinent modestement la croissance des ventes pour le reste de 2019. Nous prévoyons que l’année se terminera à 16,8 millions d’unités, comparé aux 17,2 millions de l’année dernière. Nous nous attendons à des baisses de taux d’intérêt plus tard cette année, mais il reste à constater les impacts sur les ventes de véhicules en fonction du contexte.

Des ventes lentes dans le monde entier

Les ventes du Mexique ont continué de reculer en mai, enregistrant une forte baisse de 11,3 % sur un an, après un recul de 10,2 % en avril. L’augmentation des ventes du pays durant le premier trimestre, soutenue par des augmentations du salaire minimum, s’est estompée et le ralentissement attendu de la conjoncture économique est amplifié par l’incertitude des politiques intérieures et extérieures. Le bref répit du conflit commercial américain n’a eu que peu d’impact sur les ventes de mai, et la détérioration de la qualité du crédit et les conditions financières déjà tendues laissent présager une baisse continue au cours du reste de l’année.

Les ventes en Chine ont continué de décevoir avec une baisse de 17,4 % en mai, le huitième mois marquant une baisse à deux chiffres des trois derniers trimestres. L’escalade des tensions commerciales avec les États-Unis et le ralentissement de l’économie sont des facteurs majeurs. L’Inde a également connu une forte baisse de 18,3 % sur un an en mai. Alors que le Japon a enregistré une hausse de 6,5 %, il est probable que cette situation soit temporaire dans un environnement de ventes par ailleurs assez faible.

Les ventes dans l’Union européenne ont poursuivi leur rebond précaire, progressant de 0,8 % sur un an, mais elles ont diminué de 4,6 % en mai. L’Espagne et le Royaume-Uni ont chuté ; l’Italie est demeurée stable ; la France a inscrit un léger regain et les ventes allemandes ont bondi de 9,1 %.

En Amérique du Sud, le Brésil a progressé de 20,1 % en mai, mais nous prévoyons un ralentissement du rythme. Les ventes de l’Argentine ont chuté de 63,1 %, celles de la Colombie ont augmenté tandis que celles du Pérou et du Chili ont diminué. Partout dans le monde, des améliorations même minimes d’un mois à l’autre ne semblent pas être une mauvaise chose.

Paratagez-le !