Les accessoires : indispensables ou non?

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Crédit photo : www.calbuzz.com

Pour quelles options ou quels extras les acheteurs de voitures d’occasion sont-ils prêts à payer, et de quelle façon doivent-ils influencer leur décision d’achat ?

Difficile de résister. Voilà des jours que vous parcourez les brochures à la recherche de celle qui répon­dra à tous les critères sur votre liste. Parce qu’il vous faut absolument ce modèle dont les bouches d’air sont recouvertes de cuir. Et toutes les rai­sons sont bonnes : vous le valez bien, ce n’est pas tous les jours que vous achetez une nouvelle voiture, le ver­sement mensuel ne sera pas beaucoup plus élevé, votre voiture aura une meil­leure valeur de revente…

Il nous arrive à tous de nous laisser tenter par un ou deux extras, que ce soit au restaurant, à l’épicerie ou dans la salle d’exposition. Notre expérience d’achat s’intensifie dès que nous cédons à la gourmandise. Voilà, j’en ai bien peur, une vérité universelle. Et quand il s’agit d’acheter une nouvelle voiture, la gour­mandise est toujours au rendez-vous.

Les conséquences de ce petit péché mignon ne sont pas tellement graves, sauf peut-être pour quelques por­tefeuilles. Je gagne ma vie à voir les choses ainsi. Mon travail consiste à déterminer quelles seront plus tard les conséquences des décisions prises aujourd’hui. Seulement voilà, la valeur future des options est incertaine, et l’argument voulant que la voiture vau­dra bien plus n’a malheureusement pas beaucoup de poids.

Bien sûr, certaines options sont essentielles et une voiture sans un minimum d’équipement verra sa valeur diminuer. Prenons la climati­sation. Dans les années 80, mon oncle possédait une concession et, à cette époque, le climatiseur était presque exclusivement vendu en option. Racheter un véhicule qui n’en était pas équipé n’était donc pas la fin du monde. Aujourd’hui, si on se présen­tait à vous pour que vous rachetiez, disons, une Malibu noire de cinq ans sans système de climatisation, le calcul à la baisse se ferait rapidement dans votre esprit.

Certaines options valent cependant leur pesant d’or, notamment le type de moteur. Nous avons récemment com­paré la Volkswagen Golf TDI 2006 à sa jumelle équipée d’un moteur à essence. La GL à essence affichait un prix de21 560 $, contre 23 920 $ pour le modèle au diesel. Le moteur de qualité supérieure coûtait initialement 2 360 $ de plus alors qu’au moment d’écrire ces lignes, la différence de valeur entre les deux versions atteignait 3 700 $. C’est environ 160 % du coût du moteur à l’origine. Le rendement de mes RÉER pour la même période de sept ans fait bien piètre figure en comparaison.

Et que dire des coûteux groupes d’options ? Comme ils réunissent plu­sieurs gadgets, dont certains ne sont offerts qu’en groupe, ils sont très ten­tants. Mais en valent-ils la peine? La réponse est… peut-être.

Non pas que je veuille la critiquer, mais bon, puisqu’il faut un exemple, prenons la Lexus RX350 et son groupe d’options Ultra Premium. Ce dernier se vend 14 500 $ pour l’année modèle 2013. Il a beau contenir quantité de douceurs, il n’en reste pas moins qu’il coûte près du tiers du prix du véhicule de base.

Nous prévoyons que la valeur rési­duelle du RX seul sera de 38 % après quatre ans, mais il semble que celle du groupe Ultra Premium sera infé­rieure, c’est-à-dire 25 %. En revanche, le groupe TRD de Toyota pour son Tundra à cabine double 2013 devrait conserver 43 % de son prix initial de4 690 $ – un tout autre tableau.

La chute drastique du prix des groupes d’options n’est pas unique à Lexus ou à son ensemble Ultra Premium. Il découle plutôt du fait qu’un certain nombre d’éléments inclus ne sont pas nécessairement attrayants pour un deuxième ache­teur. Les acheteurs de véhicules d’occasion seront beaucoup moins attirés par un système audio avec haut-parleurs mur-à-mur grand luxe de marque peu connue. Une prise pour iPod saura sans doute mieux répondre à leurs besoins.

Il en va de même pour plusieurs options. Alors que bon nombre d’acheteurs de véhicules neufs n’hé­sitent pas à débourser davantage, les acheteurs de voitures d’occasion disposent souvent d’un budget plus limité. C’est pourquoi les conces­sionnaires se soucient davantage des options indispensables, ignorant sou­vent celles qui sont superflues.

On ne peut décemment pas s’attendre à ce que les grossistes de voitures d’occasion, qui achètent des voitures de plusieurs marques, se souviennent par exemple que les réglages individualisés de la cli­matisation font partie du groupe Executive Package offert avec la BMW 550, mais pas du groupe Exec Pack proposé avec la 535.

Voilà un exemple parmi tant d’autres. Ainsi, les grossistes paieront un surplus seulement pour les groupes d’options qu’ils connaissent. En outre, la complexité des assemblages les oblige à ne chercher que ce qu’ils peuvent identifier.

Revenons au groupe TRD. On sait dès le premier coup d’oeil qu’on obtient une quantité impressionnante d’options. Ça se voit tout de suite que le véhicule est bien garni.

Dans la liste des options qui ajoutent de la valeur, plusieurs se remarquent tout de suite et se retrouvent d’une marque à l’autre, dans tous les segments. Banquettes en cuir, toit ouvrant, systèmes de naviga­tion et de divertissement et quantité d’autres options aussi « repérables ». Cela ne veut pas dire que certains élé­ments et groupes d’options haut de gamme n’ont aucune valeur; c’est plu­tôt qu’ils ont tendance à se déprécier beaucoup plus rapidement.

Donc, en matière d’options, la réponse à la question : « Est-ce que ça vaut la peine ? » est légèrement nuan­cée. La liste des options ajoutant ou retranchant de la valeur à un véhicule est bien établie. En fin de compte, tout dépend de votre capacité à bien mar­chander les options. Si vous souhaitez stocker des véhicules équipés d’op­tions haut de gamme, il faut privilégier l’achat en gros. De façon générale, ce type de véhicules attire davantage les clients. Les acheteurs voient et paient pour ce qui est visible.

 

Josh Bailey, vice-président recherche et contenu éditorial pour Canadian Black Book

 

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Les acheteurs de véhicules d’occasion seront beaucoup moins attirés par un système audio avec haut-parleurs mur-à-mur grand luxe de marque peu connue. Une prise pour iPod saura sans doute mieux répondre à leurs besoins.


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