Un gestionnaire aguerri à la tête de la CCAM

Un gestionnaire aguerri à la tête de la CCAM
Martin Taillandier, directeur général de BMW Canbec et nouveau président de la CCAM. (Photo : Josée Hamelin)

En nommant Martin Taillandier à sa présidence, la Corporation des concessionnaires d’automobiles de Montréal (CCAM) profitera de l’expertise d’un dirigeant pour qui l’industrie n’a presque plus de secret, tout en se rapprochant des regroupements.

Un parcours diversifié

Directeur général de BMW Canbec, le gestionnaire a toujours baigné dans l’automobile. Fils d’un immigrant français venu travailler chez Renault, il a fait ses classes dans la carrosserie familiale avant de diriger ses propres entreprises.

L’univers des concessionnaires, c’est vers 25 ans – après avoir fondé sa famille – qu’il commence à le côtoyer ; d’abord chez Central Pontiac, comme directeur de la carrosserie, ensuite dans ses commerces Plateau Mont-Royal et finalement 12 ans chez Hamel Chevrolet, dont les deux dernière comme partenaire.

Par la suite, il démarre une firme de relance. C’est là qu’Industrielle Alliance le repère pour être directeur de l’Est du Canada pour les services aux concessionnaires ; poste qu’il occupera pendant 5 ans et durant lequel il aura la chance de visiter un grand nombre de détaillants du Québec et des Maritimes.

Il y a près de 2 ans, AutoCanada lui a proposé de devenir directeur général copropriétaire de BMW Canbec.

Sa vision de l’industrie

« On m’a approché pour être président de la CCAM lorsque celui qui était pressenti pour le poste a retiré sa candidature », explique-t-il. Un des points forts de Martin Taillandier est de comprendre autant la réalité du concessionnaire que celle des fournisseurs. « Ma vision d’une corporation, c’est comme d’avoir un parapluie dans ton sac de golf…  Tu ne t’en serviras peut-être pas, mais la journée où tu en as besoin, il est là. »

D’ici 2 ans, il espère avoir trouvé la solution pour mobiliser davantage ses membres. Sans que tout le monde vienne à tous les évènements, il souhaiterait voir de nouveaux visages aux AGA et aux formations. « Lorsque ça va mal – comme lorsqu’il a été question de revoir les heures d’ouverture des concessions – les assemblées sont pleines, mais il faut aussi s’impliquer et soutenir sa corporation quand ça va bien. »

Il souhaite aussi écouter ce qui se dit dans les autres corporations (CCAQ et CADA) et ramener les faits saillants dans les assemblées régionales. « Dans une industrie qui change aussi rapidement que la nôtre, nos gens doivent avoir accès à toute l’information. »

La vente en ligne ?

Lorsqu’on le questionne sur ce qui a le plus changé au fil des ans, il répond surtout les clients qui s’attendent à recevoir un service impeccable. « C’est sur ce plan que la game se joue. Il faut être rapide, efficace, peut-être pas ouvert 7 jours sur 7, mais avoir du personnel prêt à répondre, lorsque le client se présente sur nos plateformes. »

Question de cueillir le consommateur là où il se trouve, certains constructeurs commencent à vendre des véhicules en ligne, un phénomène qui ira, selon lui, en s’accentuant. Toutefois, M. Taillandier ne croit pas que ces derniers ont intérêt à vendre directement au client : « Je pense que les marques vont continuer à le faire via les réseaux de concessionnaires, surtout considérant les millions investis dans le rafraîchissement de leurs installations. »

Électricité, occasion et consolidation

Tandis que le gouvernement pousse les constructeurs à livrer plus de véhicules verts, le gestionnaire estime que le public n’y adhérera que si les prix sont vraiment attrayants. « En mai, quand le fédéral a annoncé un incitatif de 5000 $ qui s’additionne aux 8000 $ déjà proposés par Québec, ça a boosté les ventes de véhicules électriques à un niveau jamais vu. » Il reste maintenant à parfaire les infrastructures, surtout en région, pour que l’option se démocratise.

Après avoir connu des années records, les ventes de véhicules neufs commencent à reculer. Même des clients dits « Prime » sont nombreux à se tourner vers l’occasion ; un marché qui demeure généralement stable, même quand le neuf régresse. À son avis, les concessionnaires n’auront pas le choix de maîtriser l’usagé s’ils veulent disposer d’une certaine marge de manœuvre. Certains choisiront peut-être de se retirer, motivés par l’effervescence des groupes, dans un marché qui n’a pas encore fini de se consolider.

Bref, pour Martin Taillandier, il faut plus que jamais des corporations fortes pour faire face aux défis auxquels sera confrontée l’industrie. On peut d’ores et déjà affirmer qu’avec ce rassembleur à sa tête, la CCAM sera bien servie.

Ses concessions en chiffres

BMW Canbec et MINI Mont Royal appartiennent depuis 2014 à AutoCanada, un des plus importants regroupements automobiles au pays.

Dans ses deux concessions, BMW Canbec et MINI Mont Royal, M. Taillandier gère une équipe de 171 personnes.

Les ventes annuelles de ses deux concessions totalisent 3000 unités.
BMW Canbec est une des plus vieilles concessions de la marque à Montréal, étant en activité depuis 53 ans. Son département de service bénéficiera d’une cure de rajeunissement dont les travaux sont chiffrés à 8,5 millions $.

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