Véhicules d’occasion : la faiblesse du dollar pousse notre inventaire vers le sud

AutoJournal

La faiblesse du dollar canadien
entraîne l’exportation des véhicules d’occasion
(Photo : Statistiques Canada)

La performance du dollar canadien par rapport au dollar américain a un grand impact sur le marché des véhicules d’occasion. En effet, avec notre dollar qui vaut seulement 0,80 $ US, nos véhicules d’occasion deviennent de vraies aubaines pour nos voisins du sud.

Nous avons entendu tellement de commentaires sur la hausse du nombre d’acheteurs américains profitant de cette situation, que nous nous sommes procuré des données de Statistique Canada afin d’avoir une idée plus juste. Tandis que le marché des voitures neuves est en hausse d’environ 2 à 3 % cette année, le marché des véhicules d’occasion connaît une augmentation dans les deux chiffres. Il s’agit de la meilleure performance depuis presque 10 ans, et cette augmentation a atteint plus de 20 % au cours des derniers mois.

Les nouvelles sont encore meilleures au Québec et en Colombie-Britannique, où les résultats estivaux ont dépassé 30 %. Nous estimons qu’en 2015, les achats canadiens de véhicules d’occasion dépasseront le record précédent de 3 millions d’unités établi en 2011.

Hausse des exportations

Avec notre faible dollar, qui donne un plus grand pouvoir d’achat aux Américains, l’augmentation des voitures se dirigeant vers le sud est fulgurante. En 2012, entre 8000 et 9000 véhicules d’occasion ont franchi la frontière. L’année dernière, le total était de 15 600 unités, et de janvier à août 2015, les ventes s’élevaient déjà à 23 000 véhicules.

Nos exportations avaient déjà doublé lorsque notre dollar était environ 0,10 $ sous le dollar américain. Par contre, en juillet et en août 2015, alors que la valeur du dollar canadien a atteint 0,76 $ US, la croissance des exportations de véhicules d’occasion vers les États-Unis a augmenté de 155 % par rapport à 2014.

Il s’agit d’un constat fort intéressant, d’autant plus que nous avions initialement observé une baisse de prix dans les véhicules d’occasion il y a environ un an. Ceci était surtout relié à une légère hausse des retours de location, qui constituent le principal approvisionnement en véhicules d’occasion. Mais cela n’a pas duré longtemps, et le marché a vite été pris d’assaut par les acheteurs américains et canadiens.

L’abordabilité des véhicules est également plus élevée que jamais. En se basant sur une moyenne de 13 400 $ par transaction, nos calculs indiquent qu’il faut 8,1 semaines de travail pour qu’un ménage canadien typique puisse se procurer un véhicule d’occasion. La moyenne au cours de la dernière décennie était d’environ 9,5 semaines, et au début des années 2000, 13 semaines de travail étaient requises.

Afrique et Moyen-Orient

Il est intéressant de noter que les Américains ne sont pas les seuls à s’intéresser à nos véhicules. En excluant les camionnettes, le Canada prévoit expédier près de 100 000 véhicules dans d’autres pays, ce qui est beaucoup plus que les 69 000 généralement exportés depuis 2010. La plupart de ces voitures sont envoyées en Afrique et au Moyen-Orient, et avant la récente poussée des ventes américaines, le principal acheteur de véhicules d’occasion canadiens était le Nigéria.

Plus de 80 % des véhicules qui se rendent chez nos voisins du sud proviennent de l’Ontario, probablement en raison des importantes villes américaines qui partagent cette frontière. Par contre, le nombre de véhicules qui transigent par l’Ontario est près de 2,5 fois plus élevé que la part de cette province quant au total des véhicules en sol canadien. La Colombie-Britannique est la deuxième source d’approvisionnement des États-Unis, même si son volume de véhicules est moins élevé que celui du Québec ou des Prairies.

Répercussions des locations

La légère hausse du nombre de véhicules d’occasion disponibles peut s’expliquer par des tendances historiques. Les véhicules usagés proviennent principalement des retours de location, et avant la crise financière mondiale, les locations comptaient pour environ 40 % du marché. Cependant, les locations ont pratiquement disparu entre 2009 et 2011, et depuis leur retour, elles constituent seulement environ 15 % des transactions.

Cette petite augmentation a quand même permis d’accroître l’offre en véhicules d’occasion, et nous avions prévu une baisse des prix en raison de cette abondance. Tout a évidemment changé avec le facteur d’abordabilité et l’interdépendance entre notre dollar et le dollar américain.

Il demeure difficile pour les consommateurs de se procurer un véhicule d’occasion, surtout en raison de la compétition américaine. Pour les concessionnaires, les véhicules d’occasion continueront d’occuper une place importante dans le total de leurs ventes, surtout avec la force du dollar américain, qui fera sans doute augmenter les prix des véhicules neufs.

En jetant un oeil au marché canadien des véhicules neufs cette année, nous constatons que l’industrie a réussi à offrir certains avantages de location, et ce type de transaction connaît une bonne croissance, passant de 15 à 20 % du total des transactions. Le marché se porte encore mieux que dans nos prédictions, et nous croyons désormais que les ventes de véhicules atteindront 1,87 million d’unités plutôt que les 1855 annoncées plus tôt cette année.

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