Marchés mondiaux : amélioration à travers le monde

Carlos Gomes est économiste en chef et spécialiste de l’industrie automobile à la Banque Scotia. (Photo: Banque Scotia)

Des résultats positifs à travers le monde aideront à absorber les chocs.

Bien que certains évènements isolés aient leurs conséquences, le portrait de l’industrie automobile à l’échelle mondiale est tout de même positif. À travers le monde, les marchés continuent de s’améliorer, incluant même ceux qui semblaient en chute libre il n’y a pas si longtemps.

Par contre, il est difficile de prévoir l’impact de la récente élection américaine. Tout le monde était nerveux au lendemain des résultats, mais lors de son discours d’acceptation, Donald Trump en a étonné plus d’un en ayant l’apparence d’un homme d’État.

Au cours des journées qui ont suivi l’élection, les marchés boursiers se sont mobilisés. Selon les premières déclarations de Trump, les gens croient qu’il veillera tout d’abord à augmenter les dépenses reliées aux infrastructures et qu’il réduira peut-être les impôts. Ces deux mesures risquent d’aider la croissance économique du pays. Le danger réside cependant dans la limitation du libre-échange. Nous espérons que les mesures qu’il mettra en place ne seront pas trop restrictives, mais il s’agit d’un dossier encore très incertain.

Importante hausse des ventes

Ces résultats surviennent alors que le portrait mondial s’améliore. En septembre, le dernier mois pour lequel nous possédons des données complètes, le rythme des ventes s’était accéléré de 10 % par rapport à l’an dernier. Il s’agit de la croissance la plus rapide observée au cours des trois dernières années.

Cette amélioration est généralisée, et l’Asie mène le bal avec des hausses de plus de 21 %. Ceci est surtout attribuable à la Chine, mais des gains sont observés dans la plupart des pays asiatiques. L’élan de la Chine, qui a surpassé ses résultats de 2015 par 32 %, a marqué le quatrième mois consécutif où ce pays a connu une hausse de plus de 20 %. La raison ? De nombreux acheteurs s’empressent de se procurer un nouveau véhicule avant la fin de l’année, alors qu’une réduction fiscale applicable sur l’achat de petits véhicules prendra fin.

Les volumes étaient également importants en Europe de l’Ouest, tandis qu’à l’est de ce continent, les ventes étaient positives comparées à celles de 2015, à pareille date. Le déclin se poursuit en Russie, mais les importantes hausses dans 11 autres pays permettent d’atténuer cette chute.

Des ventes plus fortes que prévu

Même aux États-Unis, les ventes de voitures des derniers mois ont surpassé les attentes. En septembre et octobre, le niveau des ventes avoisinait 18 millions d’unités, ce qui constitue un important écart par rapport aux 17 millions d’unités vendues au cours des huit mois précédents. Bien qu’un constructeur ait temporairement suspendu la production de certaines de ses usines en raison de stocks trop élevés, l’industrie a tout de même augmenté sa production nord-américaine pour atteindre de nouveaux sommets, encouragée par l’optimisme généré par les résultats de septembre.

Le Brésil est l’endroit qui tire le plus vers l’arrière, même si un redressement s’amorce. Ce pays constitue l’un des marchés les plus faibles depuis quelques années, avec une chute des ventes de 50 % depuis 2013. Les ventes n’ont pas encore augmenté de façon significative, mais le vent semble vouloir changer de direction.

La banque centrale avait augmenté les taux d’intérêt en raison de l’inflation, mais ils commencent maintenant à diminuer. Les consommateurs disposent donc de meilleures conditions pour acheter un véhicule neuf.

De plus, la production brésilienne augmente plus vite que les ventes, en partie grâce à des hausses significatives dans les pays voisins. En effet, les deux tiers de la production automobile du Brésil sont exportés vers l’Argentine et le Mexique, et ces deux pays connaissent des gains dans les deux chiffres. Certaines données recueillies suggèrent que l’industrie automobile a considérablement augmenté ses investissements dans ce pays depuis un moment déjà.

Les usines sont donc prêtes à affronter cette reprise de l’activité économique. Il est important de disposer d’une capacité de production suffisante pour répondre à la demande croissante.

Regain des ventes au Canada

En sol canadien, les ventes ont rebondi en septembre, et ce, même si de façon générale elles sont en deçà des sommets atteints l’an dernier. Nous estimons que les achats de ce mois totaliseront 1,96 million d’unités, ce qui surpasse largement la moyenne de 1,89 million des deux mois précédents.

L’activité était partagée à travers le pays, avec cinq provinces en hausse et les cinq autres en baisse, comparativement au mois de septembre 2015. L’Ontario et la Colombie-Britannique continuent de se surpasser, et pendant que les ventes destinées aux parcs automobiles sont en tête dans ces deux provinces, les ventes aux particuliers suivent la même tendance.

Il s’agit là de bien bonnes nouvelles. En effet, tous les indicateurs analysés montrent des signes d’amélioration. Cette situation positive aidera à absorber un éventuel ralentissement économique, qu’il soit attribuable aux États-Unis ou à toute autre région du globe. Jusqu’à présent, l’année a été marquée par le référendum Brexit en Grande- Bretagne et l’élection d’un président américain dont les politiques laissent présager une incertitude quant aux échanges mondiaux. Notre résilience habituelle sera de mise.

Cet état d’esprit est attribuable à la santé économique mondiale dans son ensemble. Il y a quelques années, ces nouvelles nous auraient probablement ébranlés davantage. Le rythme d’une relance économique est généralement assez lent, mais nous sommes en meilleure santé que beaucoup de gens croyaient. Nous encaissons les coups, toujours debouts.

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