Démystifier l’alternance travail-étude

Réal Piché

Réal Piché, président de l’Association québécoise alternance études-travail
(Photo : Josée Hamelin)

 

Le CSMO-Auto a reçu de nombreux partenaires de l’industrie automobile à Drummondville, le 30 septembre, pour présenter les résultats de deux diagnostics, dont un sur l’alternance travail-études (ATE). Si la plupart des intervenants croient que développer les compétences en milieu de travail formera une relève plus adaptée aux besoins des entreprises, certains obstacles freinent l’implantation de programmes d’ATE.

Psychologue organisationnel chez SPB, Simon-Pierre Harvey a présenté les résultats d’une enquête sur la perception des intervenants (centres de formation professionnelle, élèves et industrie automobile). Il a souligné que même si les gens sont pour la plupart favorables à l’ATE et voient sa valeur ajoutée, de nombreuses croyances erronées circulent.

Contrairement au stage de fin d’études, ceux de l’ATE se déroulent à l’intérieur du cursus solaire et doivent représenter au moins 20 % de la formation et comporter au moins deux périodes en milieu de travail.

Beaucoup de gens ignorent que hormis dans la région de Montréal, il n’est pas obligatoire de rémunérer les stagiaires. Dans les milieux où ils sont rétribués, il arrive parfois que les employeurs les considèrent comme des employés et se soucient moins de leurs objectifs scolaires. De plus, beaucoup d’entreprises ne savent pas qu’en accueillant un stagiaire, elles auront droit à un crédit d’impôt et que le temps alloué par leur superviseur pourra être inclus au budget de formation, en vertu de la « loi du 1 % ». Selon M. Harvey, une meilleure circulation de l’information serait bénéfique aux programmes d’ATE.

Le modèle suisse

Professeur à la faculté des Sciences de l’éducation de l’UQAM, Yves Chochard a présenté le modèle qui prévaut en Suisse. Dans ce pays, la formation duale est offerte dans tous les secteurs de l’économie et 56 % des jeunes la choisissent. Les apprentis y sont rémunérés en fonction de taux établis et les entreprises de chaque secteur financent les programmes. La formation duale offre beaucoup de flexibilité aux employeurs et on estime qu’environ 30 % des entreprises forment la relève. Pour accueillir des stagiaires, les milieux de travail doivent être accrédités et au terme de la formation, l’accueil d’apprentis est rentable pour les employeurs.

Des incitatifs québécois 
Le président de l’Association québécoise alternance étude-travail (AQEAT), Réal Piché, a mentionné que le ministre de l’Éducation du Québec, François Blais, souhaiterait que 50 % de la formation se déroule en entreprise. M. Piché se demande toutefois si le milieu est prêt pour ça. En faveur d’une certification des milieux de stage, le président de l’AQEAT croit qu’il est primordial de former les superviseurs pour assurer un meilleur arrimage entre l’industrie et l’école. Il a aussi souligné que le plan économique du gouvernement provincial prévoit investir 30,6 millions de dollars, au cours des cinq prochaines années pour favoriser les stages en entreprises.

Les présentations sur l’ATE et ses enjeux devraient être disponibles, sous peu, sur le site Internet du CSMO-Auto.

Simon-Pierre Harvey

Simon-Pierre Harvey , psychologue organisationnel, SPB

Yves Chochard

Yves Chochard, professeur, Faculté des Sciences de l’éducation, UQAM.


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