Trois Aston Martin, une journée de rêve en piste

Aston Martin

(Photos: Stéphane Quesnel et Peter Ford)

On a beau évoluer dans le domaine du journalisme automobile depuis plusieurs années, lorsqu’on nous propose de mettre à l’essai trois modèles d’Aston Martin sur le circuit ICAR, sous un soleil de plomb, il faut se pincer pour s’assurer qu’on ne rêve pas.

Elles étaient bel et bien là pour nous, les Vantage, Rapide et Vanquish, le 16 juillet. Après nous avoir rappelé quelques règles élémentaires de pilotage, j’ai d’abord pu prendre place derrière le volant des Vanquish Coupe et Volante. Pas si mal comme début de rêve éveillé. Et, en tant que pilote en herbe, j’avais justement intérêt à être bien réveillé ! La caféine et l’adrénaline dans le tapis, je me suis lancé à la poursuite de mes limites personnelles sur cette large piste de 3,2 km ; les limites de ces voitures étant davantage accessibles aux pilotes qui lancent ces anglaises aux 24 heures du Mans.

Vanquish Coupe et Volante (décapotable) : 2 + 2 ou 2 + 0

Les connaisseurs de voitures super sportives de luxe vous le diront. La Vanquish trône au sommet des modèles de la marque anglaise que James Bond a contribué à faire reconnaître grâce aux apparitions dans différents films. Chez nous, il faudra débourser entre 200 000 $ et 330 000 $ pour en disposer. Dans cette catégorie, plusieurs songeront d’abord aux Ferrari F458 Italia ou Lamborghini Aventador, mais le confort quotidien derrière le volant d’une Vanquish est supérieur aux italiennes.

En piste, on n’a plus le temps de penser au confort. Les yeux rivés au prochain cône (indicateur de la ligne à suivre), j’écrase l’accélérateur et je laisse la boite de vitesse faire les passages rapides. Pour le reste, j’écoute les conseils du pilote-instructeur, assis du côté passager, à travers mon casque protecteur. À fond la caisse, d’un virage à l’autre, je remarque vite que les limites de la Vanquish sont bien élevées. Bien qu’elle soit plus lourde que la Vantage, cette boulevardière s’agrippe au circuit sans broncher. Elle me fait d’ailleurs paraître bien plus expérimenté que je ne le suis en réalité. Pour éliminer du poids, chaque panneau de carrosserie est construit à partir de fibre de carbone. De plus, on a augmenté la rigidité de 25 % en torsion.

Propulsée par le V12 de 6,0 L, elle n’a aucune difficulté à passer de l’arrêt à 100 km/h en 4 secondes et des poussières grâce à sa puissance de 576 chevaux et son couple de 465 lb-pi. Le son enivrant du moteur révèle d’ailleurs son potentiel élevé. À titre indicatif, sa vitesse de pointe s’élève à 320 km/h (on le croit sur parole !). En ce qui a trait à la transmission, une nouvelle 8-rapports figure comme principale nouveauté cette année. Et cette dernière fera paraître le pilote en vous encore plus expérimenté, sur la piste, lorsque vous devrez rétrograder de quelques rapports très rapidement, puisqu’elle s’exécute à la vitesse de l’éclair en mode manuel ou automatique. En mode manuel, avec les commandes derrière le volant, on n’a qu’à maintenir la palette de gauche enfoncée pour que la boite se repositionne au bon rapport en une seconde. Lors de la plus longue ligne droite, de 800 mètres, on pouvait vite monter à plus de 200 km/h, puis, juste avant la courbe suivante, un freinage doux mais extrêmement efficace ralentissait le bolide sans problème pour que l’on puisse reprendre une ligne parfaite jusqu’à la prochaine.

Rapide S : vous avez bien vu quatre portières

De la Vanquish à la Rapide S, il y a une différence de poids de quelque 200 kg. Pourtant, la Rapide S (plus lourde à quelque 1900 kg) est une berline (4-portes) des plus agiles. Elle peut bien sûr rouler confortablement sur les boulevards sans trop attirer l’attention, mais se transformer en intense bolide de course en mode Track (piste). En effet, le V12 de 6,0 L devient féroce et le conducteur se transforme alors en pilote. On n’a qu’à effleurer l’accélérateur pour réveiller les 558 chevaux, et le couple de 457 lb-pi. De plus, sur ce mode utilisé sur la piste, on ressent que la suspension plus ferme offre une stabilité optimale, et la communication entre le pilote et la route est directe ; on a l’impression de faire corps avec la voiture.

En logeant le moteur V12 6,0 L derrière l’axe des roues avant et la transmission six rapports Touchtronic 2 à l’arrière, la Rapide S concentre les masses entre les roues (49/51) et assure une distribution idéale du poids entre l’avant et l’arrière pour une tenue de route sûre et inspirante.

À partir de 215 000 $, vous pouvez penser à transporter les bambins sans problème dans cette super sportive, et franchir le 0-100 km/h en moins de 5 secondes ! Ça fait plus de monde à épater, à bord. Sinon, les dossiers des banquettes arrière sont rabattables, ce qui offre la possibilité de transporter des objets longs, par exemple. C’est toujours pratique !

Depuis 2009, la Rapide file devant le peloton des berlines super sportives. Avec la version S qui ajoute aujourd’hui 81 chevaux-vapeur (558 ch.), difficile pour la concurrence de faire mieux. Durant ces essais sur piste, on ne s’est attardé qu’aux performances relevées sur la piste, mais on pourrait souligner que l’ergonomie, les commandes tactiles et la visibilité sont des points forts de la Rapide.

Vantage : moins chère, plus de versions

J’avais déjà eu la chance de conduire une Vantage sur la route dans le passé. Je n’avais pas été impressionné outre mesure. Mais voilà que les Vantage GT Roadster V8, manuelle (six rapports), et les versions S V12, ont remise mon pendule à l’heure. D’abord, plus abordable — à un peu plus de 108 000 $ — la GT manuelle est activée par un moteur V8 de 4,7 L. On peut également choisir la nouvelle transmission automatique qui gagne un septième rapport en 2015. Elle produit quelque 420 chevaux et un couple de 346 lb-pi, ce qui apparaît plus facile à contrôler lorsqu’on débarque tout juste de la puissante Vantage S Coupé qui produit 565 chevaux-vapeur ! Il n’est évidemment pas surprenant d’apercevoir plus souvent la Vantage V8 d’entrée de gamme sur nos routes que ses sœurs mues par le V12 qui gagne encore en puissance… rarement nécessaire.

Cette année, les améliorations touchent son style, mais également le dynamisme apporté au V8 et à sa transmission à sept rapports Sportshift qui remplace celle à six rapports du passé. Pour bien dompter la bête, le pilote bénéficie maintenant d’un châssis plus rigide et de freins plus puissants.

Pour les amateurs de sensations fortes, ce sont les ultimes Vantage S Roadster et Coupe qui constitueront votre coup de cœur. En plus de combiner un moteur V12 avec la plus légère des Aston Martin, les ingénieurs ont allégé le châssis et amélioré la transmission qui est plus réactive que jamais. On sent la connexion rassurante de notre corps avec le châssis en aluminium super rigide qui traduit avec une haute précision la réactivité de la direction. Avec tant de puissance, c’est rassurant. Le système d’amortissement adaptatif (ADS) à trois niveaux, Normal, Sport et Track, offre différents niveaux de performance ; les grands freins à disques supérieurs à matrice carbone et céramique semblent à toute épreuve; et le bouton Sport optimise les réactions de la voiture, pour une sensation de pilotage parfaite. Le contrôle rassurant de la stabilité (DSC) et l’ABS sont réglés pour assurer une intervention experte. À chaque tour, l’instructeur-passager veillait à nous faire ressentir la différence en activant ces systèmes, un à la fois, alors que l’on se concentrait sur notre trajectoire… et rien d’autre !

Pas question de fouiner dans les accessoires, une fois lancé de zéro à 100 km/h en 3,9 secondes, et que l’on doit (obligatoirement) passer les rapports de la boite manuelle automatisée avec les palettes au volant. Ces passages obligés sont d’ailleurs trop ressentis et nous donnent l’impression de ne pas savoir embrayer… Mais c’est fait comme ça ! Puis, pour rétrograder, on maintient la palette de gauche enfoncée afin que la boite reprenne le rapport approprié dans le temps de le dire.

On n’avait encore jamais rien fait de plus rapide dans les modèles de production d’Aston Martin à ce jour. Cette féroce Aston Martin peut d’ailleurs atteindre une vitesse de pointe est de 330 km/h, si vous êtes vraiment attendus au point B !

FICHES TECHNIQUES :

MARQUE : Aston Martin

MODÈLE : Vanquish

VERSIONS : Coupé 2+0, Volante 2+2

MOTEUR : V12, 6L, atmosphérique

PUISSANCE/COUPLE : 576 ch./457 lb-pi

ACCÉLÉRATION 0-100 km/h : 4,1 sec.

FOURCHETTE DE PRIX : 200 000 à 330 000 $

 

MARQUE : Aston Martin

MODÈLE : Rapide

VERSION : S

MOTEUR : V12 6L, atmosphérique

PUISSANCE/COUPLE : 550 ch./457 lb-pi

ACCÉLÉRATION 0-100 km/h : 4,9 sec.

PRIX : 222 000 $

 

MARQUE : Aston Martin

MODÈLE : Coupé, Roadster

VERSION : GT, S

MOTEUR : V8 4,7L atmosphérique, V12 6,0L atmosphérique

PUISSANCE/COUPLE : 420 ch./346 lb-pi, 565 ch./457 lb-pi

ACCÉLÉRATION 0-100 km/h : 4,9 sec., 3,9 sec.

FOURCHETTE DE PRIX : 108 000 $ à 280 000 $

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