Prévisions des ventes de hybrides rechargeables

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Pour Vihn Pham de Toyota Canada, la Prius Pug-in représente le meilleur des deux mondes.

Pike Research prévoit que de 2012 à 2020, les ventes annuelles de VÉR légers passeront d’un peu moins de 200 000 unités à près d’1,8 million d’unités, les marchés se répartissant pratiquement au tiers avec une avance du marché Asie-Pacifique, devant l’Europe de l’ouest et l’Amérique du nord.

Concernant les VÉ en Amérique du nord, les véhicules hybrides non rechargeables demeureront prédominant d’ici 2020. On note aussi que la vente des hybrides rechargeables va surclasser celle des 100 % électriques, soit 1,4 million contre 1,1 million en ventes cumulatives d’ici 2020.

Si l’on compare maintenant le pourcentage des ventes des VÉR sur l’ensemble des véhicules légers, leur taux de croissance annuel composé sera de 49% au Canada de 2012 à 2020, dépassant celui des États-Unis. Ce chiffre s’explique toutefois par le fait que le marché canadien démarre à un niveau moins élevé que celui des États-Unis. Des coûts élevés du carburant, les incitatifs gouvernementaux et des services publics, et des conditions démographiques favorables aux VÉR, vont susciter l’intérêt dans les principales villes canadiennes.

Au chapitre des ventes annuelles de VÉR aux États-Unis, les dix premiers états compteront pour 65% du total des ventes en 2020. La taille et le taux de croissance du marché de véhicules, le prix de l’essence et les données démographiques formeront les principales différences dans les ventes de VÉR projetées entre états, celui de la Californie étant loin devant ceux de New York et Floride.

Côté canadien, l’Ontario mènera le bal d’ici 2020, devant le Québec et la Colombie-Britannique. Là encore, des données démographiques favorables, la présence de centres urbains majeurs et l’engagement actif des gouvernements seront des éléments déterminants dans la vente de VÉR.

Selon les prévisions de Mme Jerram, les sept plus grandes villes canadiennes comptent pour 47% de la population totale et recueillent 99% des ventes projetées de VÉR pour 2012, chiffre qui chuterait à 97% d’ici 2020. Les villes ayant le plus de ventes, ont un point de vue positif sur les VÉR et les technologies vertes, et un soutien gouvernemental fort en matière d’infrastructures routières. En tête, on retrouve Toronto, suivie de près par Montréal et Vancouver.

Le marché des consommateurs

En terme d’offre, on voit un effort croissant de la part des constructeurs pour proposer une gamme de plus en plus complète, couvrant différents segments, allant des compactes comme la Leaf de Nissan, la Volt de GM, à la luxueuse Cadillac ELR (hybride rechargeable) prévue en 2013. Selon les projections faites par Pike Research, certains constructeurs tels que Ford, Toyota et GM, devraient voir leurs ventes de VÉR augmenter de manière significative aux États-Unis d’ici 2020. Toutefois, les analystes ont observé une baisse d’intérêt des consommateurs envers les VÉR en 2012, la confusion persistant entre les hybrides rechargeables et les 100% électriques.

Bien entendu, l’efficacité énergétique demeure un élément déterminant dans la décision d’achat de ce type de véhicule. Cependant les points négatifs reliées aux batteries (coûts encore élevés, chaîne d’approvisionnement limitée, problèmes de qualité, etc.), ont un impact sur le marché.

Enfin, la question des incitatifs financiers à l’achat d’un véhicule léger demeure centrale. En effet, Lisa Jerram considère que le prix cible optimal pour un VÉR est de 23 750$ aux États-Unis. L’élimination ou la réduction de ces primes auraient un impact négatif sur la demande. Selon elle, les primes provinciales (Ontario, Québec, Colombie-Britannique), sont des éléments clés, les autres incitatifs pouvant provenir de réductions d’impôts, d’accès aux voies réservées ou à des stationnements.

En conclusion

Les éléments clés ayant une influence sur le marché des VÉR sont les restrictions en matières d’émissions de GES et les coûts reliés au pétrole, lesquels vont exercer une pression sur les constructeurs de VÉR. Toutefois, on observe que la volonté d’efficacité énergétique a un impact mitigé sur le marché des VÉR. Les primes gouvernementales demeurent cependant essentielles pour faire baisser les prix à un niveau acceptable.

Les analystes remarquent également que la demande reste limitée, entre autres par la confusion qui persiste entre les véhicules hybrides et 100% électriques, par les batteries qui maintiennent ce genre de véhicule à un coût élevé, et à un rythme de production qui demeure lent.

Enfin, il est important de souligner que les VÉR constitueront un petit segment du marché avec 1,7% du total des ventes de véhicules légers en 2020 (projections pour les États-Unis) et que les ventes de ces véhicules aux États-Unis et au Canada seront concentrées dans quelques centres urbains d’importance. Et le succès des ventes de VÉR se fera dans les villes où les constructeurs et les fournisseurs d’équipement se concentrent sur les produits.

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