Véhicules électriques : prendre le virage de l’électrification

Pedro Miranda, vice-président pour le Canada, NAFA. (Photo: Stéphane Quesnel)

Pedro Miranda, vice-président pour le Canada, NAFA. (Photo: Stéphane Quesnel)

Pour remplacer l’ensemble des autobus d’un réseau de transport public par des véhicules électriques, il faut y aller une étape à la fois.

Pedro Miranda, bien connu dans le milieu des parcs de véhicules, est vice-président canadien de la NAFA. Quant à son travail quotidien, il participe à un formidable projet qui métamorphosera sans doute très bientôt le mode de fonctionnement des services de transport collectif de tout le pays.

En effet, en tant que directeur du développement pour AVT, une entreprise de Montréal spécialisée dans l’achat et la gestion de véhicules pour le transport collectif, il achète tous les autobus des neuf sociétés de transport public au Québec, ce qui représente au total plus de 4000 véhicules. AVT est responsable de l’acquisition des autobus, de la qualité, de l’ingénierie ainsi que des études et analyses de marché.

Depuis l’annonce du projet du gouvernement du Québec d’électrifier 95 % du transport collectif d’ici 2030, Pedro Miranda et son équipe chez AVT ne chôment pas. Comme il l’explique, le réseau de transport collectif du Québec est déjà électrifié à près de 55 %, et ce, grâce au métro de Montréal. Selon lui, pour respecter l’objectif ciblé de 95 %, et compte tenu du fait que les autobus électriques ont une durée de vie de 16 ans, les municipalités doivent commencer dès maintenant à remplacer les autobus composant leurs parcs actuels par d’autres, électriques. « Nous n’en sommes pas encore là, ajoute-t- il. C’est pourquoi nous demandons au gouvernement d’être patient. »

Première étape : les essais

Pour le moment, AVT coordonne une série d’essais sur deux autobus électriques. Le premier véhicule a une autonomie de 120 km en période estivale et un temps de recharge de 8 heures. Quant au second, sa batterie utilise un autre type de technologie, qui permet une autonomie de 250 km et un temps de recharge variant entre 4 et 6 heures. « Nous sommes impressionnés, admet Pedro Miranda, mais ce n’est pas suffisant. »

Afin de favoriser l’avancement de la technologie pour parer aux carences de viabilité actuelles, AVT collabore à un effort visant à diriger le marché dans la bonne voie. « Le gouvernement du Québec souhaite l’électrification, mais l’industrie n’est pas encore prête, explique Pedro Miranda. Conséquemment, nous faisons pression sur l’industrie, nous nous rallions des fournisseurs et nous créons une demande qui entraînera les changements de technologie nécessaires. »

Les autobus électriques hybrides sont un premier pas vers une électrification complète du transport collectif. (Photo: AMT)

Les autobus électriques hybrides sont un premier pas
vers une électrification complète du transport collectif. (Photo: AMT)

Autobus hybrides

En attendant, il opte pour une solution intermédiaire entre les autobus au diesel d’aujourd’hui et ceux tout électriques de demain. « À l’heure actuelle, nous remplaçons notre parc de véhicules par des autobus hybrides diesels-électriques, explique-t-il. Nous venons tout juste d’en commander 500, qui nous seront livrés au cours des quatre prochaines années. »

Le diesel d’aujourd’hui est beaucoup plus propre que par le passé. Ces nouveaux autobus hybrides permettent une économie de carburant d’environ 30 %, ce qui contribue à réduire les émissions de CO2 en attendant la technologie entièrement électrique. Nous y allons une étape à la fois. »

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