Port de Montréal: Gérer la diversité sans s’arrêter

Port de Montréal: Gérer la diversité sans s’arrêter
Robert Sauvé, directeur de la gestion des Infrastructures, Port de Montréal (Photo : Josée Hamelin)

Avec ses 90 km de chemins de fer, ses 26 km de berges sillonnant le Saint-Laurent et ses besoins hautement spécifiques, le Port de Montréal dispose d’une diversité de véhicules comme on en voit rarement.

Peu de gestionnaires doivent composer avec des locomotives, des véhicules de voirie, de services techniques en tout genre, de sécurité incendie et de distribution électrique. C’est pourtant le quotidien de Robert Sauvé, directeur de la gestion des infrastructures du Port de Montréal, qui – parmi ses nombreuses tâches – veille au fonctionnement d’un parc de 88 véhicules composé de camionnettes, de locomotives, de grues, de chargeuses, d’excavatrices, de nacelles, mais aussi de VTT et de bateaux.

Toujours en marche

On dit du Port qu’il ne dort jamais ; pour M. Sauvé, l’immobilité n’est pas une avenue. « Quotidiennement, le CP et le CN déposent les wagons de marchandises, et nous les acheminons sur les terminaux de nos clients, explique-t-il. Environ 50 % des cargaisons sont transportées par camion, et le reste est véhiculé par rails. » Cela représente 1,6 million de conteneurs par année et plus de 2000 camions chaque jour.

Dans ces circonstances, pas question de laisser les intempéries dicter le tempo. « Nous avons des camions de déneigement, des balais à souffler la neige ainsi que des excavatrices articulées pour rails munies de ventilateurs de 300 km/h. » Le Port possède aussi six sous-stations électriques afin d’assurer son autonomie. Lors du grand verglas, nous étions alimentés alors que le Québec était dans le noir », rappelle-t-il.

Puisque chaque arrêt des opérations coûte des centaines de milliers de dollars, le Port dispose aussi d’un service de protection incendie. Ses véhicules sont équipés de trousses d’analyse pouvant répondre à toutes les situations, car ses employés doivent sécuriser les lieux en cas de déversement. La surveillance et la sécurité portuaire sont assurées par des patrouilleurs qui sillonnent jour et nuit ce grand territoire à bord de VUS.

Si ses 18 hybrides (sur 88 véhicules) témoignent d’un souci de l’environnement, l’atelier du Port est aussi certifié CLÉ VERTE pour sa gestion exemplaire des matières dangereuses, des équipements et des déchets de consommation. Toutefois, il n’y a pas qu’à ce chapitre que le parc de Robert Sauvé a su s’adapter.

S’adapter aux besoins

Au cours des dernières années, de petites camionnettes (ex. : Toyota Tacoma) ont été acquises pour faciliter l’utilisation des équipements par les employées féminines. Les camions cubes sont aussi préférés aux fourgons, car ils permettent d’avoir plus d’équipement à portée de main et de créer de véritables camions-ateliers.

Par ailleurs, on utilise des pneus d’hiver à l’année, parce que même si les véhicules roulent beaucoup, ils font peu de kilométrage. Comme ils fonctionnent souvent au ralenti, le Port de Montréal mesure actuellement le potentiel des modules Effenco, qui permettent de réduire les coûts en carburant. Jusqu’à maintenant, quatre modules ont été installés. Selon le gestionnaire, ils se rentabiliseront en moins d’un an.

Entretien, sécurité et fin de vie

Depuis 2012, l’entretien global est confié à Transervice. Trois employés y travaillent à temps plein en vertu d’un contrat qui vient d’être renouvelé. Pour les locomotives, M. Sauvé fait affaire avec AllRail, basée à Coteau-du-Lac. Elle assure la présence de deux techniciens pour la réparation des équipements en cas d’accident et réalise des programmes d’entretien qui permettent d’atteindre plus de 97 % d’efficacité.

Entre 2014 et 2015, le Port a réduit de 42 % ses coûts d’accident, entre autres grâce à un système de boîtes noires qui enregistrent les comportements de ses 75 conducteurs. « Nous utilisons des GPS pour savoir où sont positionnés les véhicules en temps réel, explique le directeur. La télémétrie nous permet d’intervenir positivement si une personne stationne son véhicule dans une zone à haut risque de collision. »

Comme dans bon nombre d’organisations, l’un des défis de M. Sauvé consiste à convaincre les dirigeants d’allouer le financement nécessaire au remplacement des véhicules. « On essaie d’en renouveler une dizaine par année, mais lorsque les budgets sont restreints, de trois à cinq sont remplacés. » À la fin de leur vie utile, les autos et camions sont donnés à la Fondation du rein, tandis que la machinerie et les équipements spécialisés sont envoyés aux biens de la Couronne.

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