Prix des véhicules d’occasion : perturbations météorologiques

Prix des véhicules d'occasion : perturbations météorologiques
Plus d’un million de véhicules pourraient être déclarés pertes totales.

Les ouragans pourraient avoir un effet modérateur sur le prix des véhicules d’occasion.

Les récentes perturbations météorologiques qui ont affecté les États-Unis pourraient avoir un effet modérateur sur le prix des véhicules d’occasion au Canada.

« Rien n’est confirmé, mais il pourrait y avoir plus d’un million de véhicules irrécupérables », affirme Tim McGee, directeur du remarketing pour Gestion de parc de véhicules Element. « Comme la majorité de ces véhicules usagés sont remboursés, l’assuré qui soumet une réclamation recevra un chèque et cherchera un autre véhicule d’occasion. »

C’est une situation favorable pour les véhicules présentés à l’encan, car le nombre de personnes à la recherche d’une unité de remplacement augmentera légèrement. Toutefois, la quantité de véhicules sur les lignes d’encan a augmenté au cours des deux premiers trimestres de 2017. « Malgré la demande, l’offre devrait être suffisante pour ne pas entraîner de hausse du prix des véhicules d’occasion », ajoute le directeur.

Le Canada a bénéficié de la faiblesse du dollar, et M. McGee affirme que plus de 30 % des véhicules soumis à l’encan par Element cette année se sont retrouvés aux É.-U. « Malgré la force de notre dollar, les Américains manifestent un grand intérêt, dit-il. Si l’on ajoute à la demande actuelle les problèmes occasionnés par les tempêtes, cela pourrait jouer en notre faveur. »

Économies d’échelle

Scott Whittal, directeur du remarketing, Gestion de produit chez ARI affirme que les É.-U. et le Canada disposent d’un surplus de véhicules. « Avec les ouragans, un nombre substantiel de véhicules déclarés perte totale devront être remplacés, dit-il. Une fois que les régions touchées seront remises sur pied, celles-ci commenceront à puiser dans ces surplus. »

Certaines conséquences des mauvaises conditions météorologiques et des catastrophes naturelles aux É.-U. seront bénéfiques pour les prix au Canada. « C’est une question de volume, d’offre et de demande, déclare M. Whittal. Il sera intéressant de voir si des véhicules endommagés ou inondés se fraieront un chemin jusqu’au Canada, comme ce fut le cas avec Katrina. C’est ce que tout le monde surveille. »

Sur le marché canadien, les impacts de l’ouragan toucheraient principalement le segment des camions. « La légère hausse du dollar canadien aura une influence sur la quantité de véhicules qui seront exportés, ajoute-t-il. Il est encore tôt, et nous ne savons pas combien de véhicules ont été mis au rencart. Lorsque la valeur du dollar se situera entre 70 et 75 cents, ils achèteront des véhicules. Au-delà de ce taux, il n’y a plus d’économies d’échelle. Certains véhicules haut de gamme pourraient tout de même traverser la frontière. Tout est dicté par la valeur du dollar. »

Hausse du taux d’intérêt

Selon Brian Murphy, vice-président au contenu et à la recherche pour Canadian Black Book, la hausse du taux d’intérêt de septembre est préoccupante car elle contribue à la remontée du dollar canadien. « Le dollar canadien est à son plus haut niveau depuis deux ans, note-t-il. C’est inquiétant parce que nous exportons un grand nombre de véhicules vers les É.-U. Lorsque le dollar est à la hausse, les perspectives de profit des exportateurs sont réduites. Si ces derniers cessent leurs activités, cela entraînera une baisse de la demande de voitures d’occasion au Canada, ce qui fera chuter les prix. »

Mais les ouragans pourraient tempérer cette situation. « C’est un contexte dramatique qui prévaut aux É.-U. en raison des intempéries, ajoute M. Murphy. Les nombreux véhicules déclarés perte totale pourraient contrebalancer les surplus. Nous demeurons tout de même préoccupés par la valeur du dollar canadien. »

Obtenir le meilleur prix à l’encan

Les divulgations et les déclarations peuvent décourager les revendeurs.

Sur les lignes d’enchères, les véhicules règnent en rois et maîtres. C’est ce que les gestionnaires de parcs de véhicules devraient toujours avoir à l’esprit.

« Les véhicules qui nécessitent le moins de dépenses pour le reconditionnement et l’après-vente, ou qui présentent le moins de divulgations et de déclarations sont ceux qui retiennent l’attention », déclare Tim McGee, directeur du remarketing pour Gestion de parc de véhicules Element. « Plus un véhicule comporte de divulgations et de déclarations, plus il est difficile d’en retirer le maximum lors de la revente. »

C’est pourquoi il est important d’établir des programmes d’entretien spécifiques pour votre parc, ainsi qu’un programme concernant les accidents et la sécurité. « Une vérification du dossier de conduite de chaque conducteur devrait être effectuée annuellement », ajoute M. McGee.

« Ces vérifications peuvent révéler un mauvais comportement ou un besoin de formation supplémentaire. Si nous pouvons prévenir un seul accident, nous en retirons d’énormes bénéfices lors de la revente, en évitant une divulgation. Mettez ces programmes en place dès le départ, définissez des règles de conduite précises. »

Les véhicules de première ligne

Il faut inciter les conducteurs à faire inspecter leur véhicule régulièrement au cours de la période de location. « S’ils n’effectuent pas les entretiens, ils ne font pas réparer les dommages à la carrosserie. Les travaux de carrosserie, les vitres, les pneus et les revêtements engendrent des dépenses supplémentaires au retour de l’unité. Inutile de dépenser un dollar pour faire un dollar. »

« Les grossistes recherchent des véhicules de première ligne, des véhicules qui nécessitent un minimum de reconditionnement avant la mise en vente. »

La bête noire de Tim McGee demeure les véhicules auxquels il manque certains éléments. « Nous demandons à nos clients de s’assurer que les conducteurs retournent tout ce qu’ils ont reçu à l’origine, dit-il. Nous devons effectuer des divulgations et des déclarations chaque fois qu’un véhicule est retourné sans tous ses éléments ; dès qu’il manque une clé, un appui-tête, des tapis de sol ou un cache-bagages. Cela peut sembler banal, mais tout s’additionne et ça devient coûteux. »

La technologie

Lors de l’achat d’un véhicule, la technologie est aussi un élément important à considérer pour le remarketing. Les technologies de sécurité offrent de réelles opportunités, affirme Scott Whittal, directeur du remarketing, Gestion de produit chez ARI.

Certaines technologies sont adéquates et ont une certaine valeur. Vous pouvez acheter un ensemble comprenant le Bluetooth et la navigation, ou opter pour quelque chose de moins coûteux. En raison des lois qui régissent l’utilisation du téléphone mains libres, le retour sur l’investissement pourrait être plus intéressant avec l’ensemble technologique. »

Cependant, il n’est pas judicieux d’intégrer toutes les nouvelles technologies. « Les coûts qui y sont reliés ne garantissent pas nécessairement la valeur qui s’y rattache, note M. Whittal. Les équipements de sécurité comme les avertisseurs de proximité ou les caméras de recul sont importants parce qu’ils facilitent la conduite. Ce sont des éléments très pertinents. »

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