Les jeunes, les cyclistes et les appareils mobiles sont ciblés

Les jeunes, les cyclistes et les appareils mobiles sont ciblés
Au total, ce sont 359 décès qui sont enregistrés sur les routes dans le plus récent bilan de la SAAQ, soit 13 de plus qu’en 2016.

Si le bilan routier de 2017 laisse entrevoir une hausse des décès chez les jeunes et les piétons, des changements récents au Code de la route peuvent y remédier.

Parmi les faits saillants du dernier rapport de la SAAQ sur les accidents compilés sur les routes du Québec en 2017, on retient que les décès du côté des jeunes de 15 à 24 ans ont augmenté de 63 % par rapport à 2016. Ils représentent 20,9 % des victimes ayant perdu la vie au cours de l’année. Comparativement à une moyenne de 2012 à 2016, le nombre de décès dans cette tranche d’âge représente une hausse de 8,4 %. On constate une telle augmentation chez les 15 à 24 ans pour la première fois depuis 5 ans. On remarque également que 11,3 % plus de piétons sont morts en 2017 que l’année précédente.

Au total, ce sont 359 décès qui sont enregistrés dans le plus récent bilan de la SAAQ, soit 13 de plus qu’en 2016. Le nombre de blessés graves a quant à lui grimpé à 1501, soit 28 de plus que ce qui avait été comptabilisé dans le précédent rapport.

La SAAQ note toutefois que les résultats deviennent moins alarmants qu’il n’y paraît, si l’on tient compte de la tendance des cinq dernières années. En effet, le nombre de personnes ayant trouvé la mort sur les routes en 2017 est de 1,9 % plus bas que la moyenne des décès enregistrés annuellement entre 2012 et 2016. Selon la même tendance, le nombre de blessés graves a chuté de 9,5 % et celui des blessés légers, de 1,1 %.

On dénombre un total de 37 190 victimes en 2017 sur les routes du Québec, dont 35 330 blessés légèrement, ce qui représente une diminution de 474 victimes par rapport à l’année 2016 (-1,3 %). En comparaison avec la moyenne de 2012 à 2016, cela constitue une baisse de 1,5 %. Des 359 personnes décédées l’an dernier, 209 étaient des occupants d’une automobile ou d’un camion léger, 49 se trouvaient à bord d’une motocyclette et 69 étaient des piétons.

La distraction

« Tous les ans, les changements apportés au Code de la route visent à améliorer le bilan des décès et des accidents, commente Mario Vaillancourt, porte-parole pour la SAAQ. Plusieurs mesures sont mises en place pour remédier à des tendances ou à des habitudes bien précises des usagers de la route. »

Le rapport de 2017 démontre notamment que 35 % des accidents au volant sont engendrés par la distraction, devant la vitesse (34 %) et l’alcool (26 %). Des mesures concrètes ont donc été prises pour remédier au phénomène.

Depuis le 30 juin, l’interdiction de tenir un cellulaire dans ses mains au volant a été élargie à tout appareil électronique détenant un écran. Si un policier vous attrape, vous devrez payer une amende s’élevant désormais à 100 $ plutôt qu’à 80 $ pour une première infraction. Une récidive entraîne quant à elle une amende passant de 300 $ à 600 $, avec le nouveau règlement. Et si une autre infraction est commise à l’intérieur d’un délai de deux ans, le conducteur perdra son permis durant trois jours. S’il se fait prendre encore, le permis sera suspendu 7 jours, puis 30 jours. Chaque fois, il perdra de 4 à 5 points d’inaptitude.

M. Vaillancourt précise qu’environ 60 000 personnes se font prendre avec un cellulaire au volant chaque année, soit l’une des sources de distraction les plus importantes.

Les jeunes

On sait que le nombre de décès chez les jeunes est particulièrement préoccupant, selon le plus récent bilan de la SAAQ. À cet effet, le Code de la sécurité routière a également été resserré. Depuis le 18 mai, les automobilistes de 19 ans et moins qui détiennent un permis probatoire ne peuvent pas recevoir, à bord de leur véhicule, plus d’un passager de 19 ans et moins à la fois.

Aussi, les apprentis conducteurs ont un couvre-feu à respecter : ils ont l’interdiction de prendre le volant entre minuit et 5 h du matin.

Les cyclistes et les piétons

Selon une nouvelle règlementation qui devrait entrer en vigueur sous peu, les cyclistes ne perdront plus de points d’inaptitude advenant qu’ils ne s’arrêtent pas à un feu rouge. Toutefois, les amendes augmentent, passant de 30 $ à 60 $ pour une première infraction et de 80 $ à 100 $ pour une deuxième. Depuis le 30 juin, par ailleurs, les personnes à vélo n’ont plus le droit de porter des écouteurs dans leurs oreilles ou encore de tenir un appareil électronique en main, sous peine de se voir attribuer une contravention allant jusqu’à 100 $.

Quant aux piétons, s’ils traversent à un endroit où il n’y a pas de marquage prévu à cet effet ou de feu de circulation, ils sont passibles d’amendes variant entre 15 $ et 30 $.

Aussi, les normes sont resserrées en ce qui concerne les automobilistes qui ne laissent pas passer un piéton à une traverse. Avant, la personne à pied devait être engagée dans la voie pour que le conducteur ait l’obligation de la laisser passer. Dorénavant, si le piéton signale son intention de traverser à un endroit marqué à cet effet, et ce, même s’il n’y a ni feu ni arrêt, l’automobiliste est obligé de le laisser passer, sans quoi il devient passible d’une amende de 100 $ à 200 $. Il perd également 2 points d’inaptitude.

« À une intersection règlementée par des panneaux d’arrêt pour toutes les directions, le conducteur d’un véhicule ou d’une bicyclette doit s’immobiliser et céder le passage à tout véhicule qui a rejoint l’intersection avant lui. Il doit également céder le passage aux piétons qui traversent la chaussée qu’il s’apprête à croiser ou à emprunter. »

Les radars photo

À l’occasion du dernier congrès de l’AQTr sur la mobilité durable, des représentants du gouvernement présentaient les grandes lignes d’un bilan effectué quant à l’efficacité des radars photo sur les routes.

On remarque entre autres que la vitesse moyenne des véhicules est passée de 76,8 km/h avant 2010 à 63,5 km/h en 2015 sur les sites comprenant un appareil fixe. On note aussi une réduction de 42 % du nombre total d’accidents à ces endroits entre 2005 et 2015.

Quant au nombre d’automobilistes ayant effectué un passage interdit aux feux rouges munis d’un radar photo prévu à cet effet, il est passé de 5 aux 3000 véhicules, en 2009, à un seul aux 3000 véhicules en 2015, soit une réduction d’environ 80 %. Les accidents corporels sur ces sites auraient par ailleurs diminué de 48 % de 2005 à 2015.

En chiffres

  • Les décès de jeunes de 15 à 24 ans ont augmenté de 63 % en 2017, par rapport à 2016.
  • 359 décès sont enregistrés sur les routes en 2017, dont 209 étaient dans une auto ou un camion ; 49 se trouvaient sur une motocyclette et 69 étaient des piétons.
  • 35 % des accidents au volant sont engendrés par la distraction, devant la vitesse (34 %) et l’alcool (26 %).
  • La vitesse moyenne des véhicules est passée de 76,8 km/h avant 2010 à 63,5 km/h en 2015, sur les sites comprenant un radar photo fixe.
  • Les accidents corporels sur les sites comprenant un radar photo auraient diminué de 48 % de 2005 à 2015.

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