La prévention passe par l’interdiction

La prévention passe par l’interdiction
Les employés se sentent-ils obligés de répondre à leur employeur, même lorsqu’ils sont sur la route ?

L’interdiction d’utiliser un téléphone cellulaire au volant réduit le nombre de blessures et de décès en plus d’accroître la productivité.

Dans un récent sondage en ligne d’Harris Poll sur l’assurance voyage, quatre conducteurs sur dix ont affirmé avoir utilisé leur téléphone cellulaire en conduisant, souvent parce qu’ils estimaient devoir être joignables en tout temps et pour éviter de contrarier leur patron. Le quart des répondants a déclaré avoir reçu un appel ou un texto de leur employeur même si ce dernier savait qu’ils étaient au volant. Si l’un de vos employés avait un accident en lisant ou en répondant à un tel message, vous pourriez être tenu responsable.

La distraction au volant cause maintenant plus de décès sur les routes que l’alcool. Les contraintes professionnelles poussent-elles les chauffeurs à faire partie de l’équation ?

Tolérance zéro

Si vous ne déconseillez pas fortement l’utilisation du cellulaire au volant, vous devriez le faire. La tolérance zéro pour l’envoi de textos et les conséquences qui en découlent devraient faire partie de votre politique officielle. De nombreuses entreprises vont même jusqu’à interdire formellement l’utilisation du téléphone cellulaire au volant et vous seriez surpris des résultats.

Votre politique en matière de téléphone cellulaire peut avoir un effet dissuasif supérieur à la législation. En 2010, l’étude Strength in Numbers Fleet Benchmarking du Network of Employers for Traffic Safety a révélé des taux d’accident plus faibles dans les entreprises interdisant l’utilisation du cellulaire ; le sondage portant sur 45 compagnies, 400 000 véhicules et plus de 12 milliards de kilomètres a constaté les taux les plus faibles parmi les entreprises interdisant le cellulaire.

Une application rigoureuse permettrait également de réduire les taux d’accidents ; six des huit entreprises en tête du classement étant plus susceptibles de congédier un conducteur ayant enfreint le règlement. Les 13 entreprises les moins performantes avaient toutes une politique quelconque, mais aucune n’a congédié de chauffeur pour l’avoir enfreinte. L’étude a établi que les lois interdisant l’utilisation du téléphone cellulaire sont moins efficaces.

L’interdiction augmentela productivité

Cela peut sembler paradoxal, mais l’interdiction du téléphone cellulaire augmente la productivité plutôt que de la réduire. Une enquête réalisée en 2009 par le National Safety Council (NSC) des États-Unis a démontré qu’une seule des 469 organisations membres ayant banni l’utilisation d’appareils portatifs et mains libres a fait état d’une baisse de productivité. Quelques années plus tard, le NSC a contacté des entreprises du Fortune 500 et constaté que 20 % des 150 répondants avaient banni le cellulaire au volant.

Mike Watson, directeur mondial de la sécurité routière pour Shell, affirme que depuis les années 1990, « l’utilisation du téléphone cellulaire au volant » a entraîné une augmentation des décès chez les employés et les sous-traitants. En 2005, l’entreprise a étendu l’interdiction du cellulaire à l’envoi de textos et aux dispositifs mains libres. (Dans plus de 30 études, les dispositifs mains libres n’ont pas été jugés plus sûrs que les portatifs puisqu’ils n’éliminent pas les distractions).

Le directeur confiait au New York Times que leur politique est appliquée rigoureusement, « jusqu’au congédiement ». Un représentant de l’entreprise a ajouté n’avoir enregistré aucune perte financière liée à la productivité, avoir constaté une baisse de 57 % des accidents entre 2009 et 2011, et que d’autres initiatives en matière de sécurité comme la réduction de la vitesse ont contribué à cette baisse.

En 2015, la NHTSA déclarait l’erreur humaine comme cause principale de 94 % des accidents et niait l’existence du multitâche — lorsque le cerveau est soumis à deux tâches cognitives, les gens détournent involontairement leur attention, priorisant l’une des tâches au détriment de l’autre. La conduite ne devrait jamais être une tâche secondaire.

Il peut être difficile de rallier les employés à l’interdiction totale. Le NSC recommande donc un minimum de quatre semaines pour l’instauration complète d’une politique sur les téléphones cellulaires en milieu de travail.

Paratagez-le !