Pas si farfelu que ça…

Pas si farfelu que ça...
Les « trains sous vide » fileraient, dans un tube, à plus de 1000 km/h, en glissant par lévitation magnétique. (Photo : TransPod)

Si la technologie de transport Hyperloop semble encore futuriste, elle pourrait voir le jour dans un avenir moins éloigné qu’il n’y paraît.

L’idée est de développer un écosystème reliant les grandes villes au moyen de tubes dépressurisés dans lesquels circuleraient des capsules 100 % autonomes et propulsées uniquement à l’énergie électrique. Ainsi, les « trains sous vide » fileraient à terme à plus de 1000 km/h, glissant par lévitation magnétique.

Des entreprises privées, notamment Virgin Hyperloop One, basée à Los Angeles, et TransPod, au Canada, travaillent présentement au développement de technologies similaires. Si le concept de la compagnie américaine a déjà fait l’objet de tests concrets à Las Vegas, TransPod, de son côté, prévoit d’ici peu la mise sur pied de sa première piste d’essai en France. D’une longueur de 3 km, elle testerait la fiabilité de capsules circulant à environ 600 km/h.

« Il est encore trop tôt pour espérer transporter des humains. Les tests seront faits avec des capsules vides. Et les premières mises en service ne serviraient qu’au transport de marchandises », témoigne Thierry Boitier, directeur du développement des affaires chez TransPod.

L’entreprise canadienne estime que sa technologie sera « prête à être déployée » d’ici 2025. Considérant que la construction des lignes prendrait environ cinq ans, TransPod espère « de façon réaliste » que son mode de transport entre en activité d’ici 2030. Il aurait comme premier point d’encrage le Moyen-Orient ou l’Europe.

Possible au Canada ?

Concrètement, TransPod calcule qu’une ligne Hyperloop entre Montréal et Toronto limiterait les émissions de CO2 de 400 000 tonnes par an. Le trajet de 580 km se ferait en moins de 45 minutes, d’une porte à l’autre, soit un temps plus rapide que l’avion, celui-ci mettant plus d’une heure à parcourir la même distance, et ce, en excluant le temps passé à l’aéroport.

Bien que l’idée soit alléchante, M. Boitier doute de l’acceptabilité du projet dans un avenir rapproché au pays.

« Il y aurait de la résistance. Par contre, ce que j’entends souvent de la part d’agriculteurs, par exemple, c’est qu’ils seraient plus ouverts à accueillir une technologie comme celle-là qu’une nouvelle ligne de chemin de fer. »

Dans l’Ouest du pays, l’Alberta démontrerait de l’intérêt pour le développement d’un tel réseau. Thierry Boitier assure également avoir eu des discussions avec le ministre des Transports à Ottawa, Marc Garneau, à cet effet. « Le fédéral semble ouvert, mais les provinces comme l’Ontario ne démontrent pas vraiment d’intérêt pour l’instant. Quant au Québec, on n’a pas encore pu discuter avec le gouvernement. »

Concrètement

Le système TransPod relierait les différents aéroports et serait conçu pour parcourir de grandes distances en peu de temps, et ce, au moyen d’une énergie propre. Il s’agirait d’un mode de transport en commun de masse, un peu comme le métro, avec plusieurs trains qui accueilleraient des passagers à courts intervalles, sans que ceux-ci aient à réserver leur place.

Les pods serviraient au transport des personnes, mais aussi à celui de marchandises. Les infrastructures seraient érigées à la hauteur du sol, mais pourraient aussi être sous terre.

Virgin Hyperloop One

Lors du Sommet Movin’On de l’an dernier, Anita Sengupta, vice-présidente principale, Systèmes d’ingénierie chez Virgin Hyperloop One, a présenté la technologie développée par son entreprise, semblable à celle de TransPod.

Elle a laissé savoir que des tests réalisés en 2017 à Las Vegas avec des capsules filant à plus de 380 km/h avaient été concluants. À terme, l’écosystème que l’entreprise souhaite développer permettrait de connecter 80 % du territoire américain en cinq heures ou moins.

L’entreprise songe également à s’implanter au Québec.

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