Les provinces doivent s’engager

Les provinces doivent s’engager
Bernard Lamonde, Transition énergétique Québec (Photos : Caroline Morneau)

L’adoption de véhicules électriques (VÉ) a grimpé de 130 % au Québec en 2018. En Colombie-Britannique, tous les modèles vendus à partir de 2040 seront à zéro émission.

Lorsque les gouvernements mettent en place des mesures incitatives à l’achat de véhicules électriques, des résultats concrets sont constatés, ont souligné différents représentants des provinces canadiennes lors du Salon commercial du véhicule électrique (EV/VÉ).

La Colombie-Britannique et le Québec en avance

Les ventes de VÉ à travers le Québec n’ont jamais cessé de grimper depuis 2013, soit depuis l’instauration d’incitatifs provinciaux à l’achat de ce type de motorisation. En 2018, alors qu’entrait en vigueur l’obligation pour les constructeurs d’écouler un nombre minimum de véhicules à faibles émissions, les ventes ont effectué un bond record de 130 %, mentionne Bernard Lamonde, de Transition énergétique Québec. Il note également que seulement trois modèles de VÉ étaient populaires de 2012 à 2016, soit la Chevrolet Volt, la Tesla 3 et la Nissan LEAF, alors qu’en 2018, l’Outlander PHEV de Mitsubishi, la Toyota Prius, la Hyundai Ioniq et la Ford Fusion, pour ne nommer que ces modèles, ont pris du gallon et ont eux aussi connu du succès.

« On n’avait jamais remarqué une augmentation des ventes aussi radicale et une diversification de l’offre aussi fulgurante », souligne notre intervenant, qui ajoute que Québec est actuellement en discussion avec Ottawa pour que les nouveaux incitatifs au fédéral s’appliquent directement à l’achat en concession, comme c’est le cas pour les incitatifs provinciaux. « Ce genre d’initiative facilitant le processus encourage aussi les gens à se tourner vers l’électrique. »

Matthew Klippenstein, Plug In BC

En Colombie-Britannique, 4,03 % des véhicules vendus en 2018 étaient électriques, et on anticipe que cette proportion grimpera à 6,1 % en 2019. Matthew Klippenstein, de Plug In BC, explique que la province s’est fixé pour objectif de vendre 10 % de véhicules zéro émission en 2025, 30 % en 2030 et 100 % en 2040. Pour ce faire, elle offre déjà jusqu’à 11 000 $ de rabais à l’acquisition d’un VÉ ou d’une voiture à hydrogène.

La province alloue par ailleurs aux entreprises jusqu’à 50 000 $ de rabais pour l’acquisition de véhicules électriques de spécialité. Dans le budget de 2019, 100 M$ sont prévus pour encourager l’achat de véhicules commerciaux à faibles émissions, et 6 M$ pour le soutien des parcs automobiles pour ce même type d’achat.

Le retard albertain

En Alberta, l’adoption de la technologie n’est pas aussi avancée, mais la province se fixe tout de même pour objectif d’élaborer un plan d’électrification concret d’ici 2030. Elle espère également compter 120 000 VÉ sur ses routes d’ici 2035. Avec l’ajout des récents incitatifs fédéraux, on estime que les ventes de véhicules à faibles émissions grimperont de 39 % d’ici 5 ans. Les autres provinces du pays qui ne proposent pas d’incitatifs, à tout le moins, tireront elles aussi profit du rabais offert par Ottawa allant jusqu’à 5000 $.

RÉSEAU DE BORNES PUBLIQUES INSUFFISANT

Nathaniel Pearre, de l’Université Dalhousie, a présenté une étude portant sur l’incidence de l’installation d’un réseau de bornes de recharge publiques sur les ventes de VÉ en Nouvelle-Écosse. Depuis l’été dernier, la province compte 12 nouvelles stations de ravitaillement. L’étude fait état de 190 utilisateurs uniques ayant fait usage de ces bornes de juin 2018 à mars 2019.

Concrètement, le chercheur ne peut conclure que le réseau a eu une incidence sur la croissance des ventes de VÉ en Nouvelle-Écosse par rapport au reste du Canada. Il constate que les ventes ont grimpé depuis l’instauration des bornes publiques, mais que cette augmentation est comparable à la hausse remarquée à l’échelle du pays. Il déduit également que le réseau a surtout été utilisé par des touristes durant l’été, puisque peu de conducteurs se sont servis des bornes sur une base routinière. Une décroissance marquée de l’utilisation a aussi été constatée à l’automne.

Il estime que le réseau est là pour mettre les détenteurs de VÉ en confiance, mais qu’il n’a pas d’incidence directe sur les ventes. Pour engendrer de nouvelles acquisitions, l’ajout d’incitatifs serait requis.

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