Accélérer la décarbonisation, c’est possible ?

Accélérer la décarbonisation, c’est possible ?
Et si les petits montraient aux grands comment faire… (Photo : Yutong)

Et si les petits montraient aux grands comment faire…

Tout le monde – hormis une poignée de « climato-septiques » – commence à comprendre l’urgence d’agir pour contrer le réchauffement de la planète et ses conséquences sur l’espèce humaine.

Monica Araya est de ceux-là. Elle a fondé et dirige Costa Rica Limpia (Costa Rica Propre), une organisation dont la mission est de promouvoir le développement écologique, à partir d’une approche citoyenne.

Il y a cinq ans, son groupe s’est engagé à « nettoyer » la république caribéenne de 5 millions d’habitants. Son gouvernement a d’ailleurs été le premier d’Amérique Latine à adopter un plan d’action excluant les énergies fossiles. Depuis, il est dans la course, avec la Suède, afin de déterminer qui sera le premier à bannir la combustion de ses transports d’ici 2050.

En Amérique Latine, il y a beaucoup de pauvreté, mais aussi beaucoup d’argent et le défi, c’est d’avoir accès aux capitaux. « Il y a une anxiété par rapport au climat. Et chez nous, les gens veulent faire à leur manière et pas juste reproduire ce qui se fait aux États-Unis ou en Europe. »

Au départ, la démarche n’était pas business friendly, admet-elle, mais le mouvement s’est ajusté. « On a même réussi à impliquer des travailleurs de raffineries, a-t-elle révélé. Il faut considérer les craintes des gens, les éduquer et mieux communiquer. » 

Montrer que c’est possible

L’impact ne sera assurément pas aussi grand que si l’Égypte ou l’Inde prenait le virage, mais il faut d’abord expérimenter à petite échelle, croit la directrice : « C’est plus facile d’implanter quelque chose de difficile là où la situation n’est pas critique. »

Lors du Movin’On, le pdg d’EVBox – un fournisseur de solutions de recharges électriques –mentionnait qu’à New Delhi (en Inde), la pollution atmosphérique est telle que le simple fait de respirer toute la journée équivaut à fumer 44 cigarettes. 

Le Chili se démarque aussi

Le Costa Rica n’est pas le seul pays d’Amérique latine à s’illustrer, a mentionné Mme Araya, puisqu’il y aura bientôt plus de bus électriques au Chili que dans l’ensemble des États-Unis.

Ce printemps, le président chilien annonçait que 100 nouveaux autobus électriques s’ajouteraient au parc de la ville de Santiago. L’objectif étant qu’en 2022, 80 % des autobus publics soient électriques pour un grand total de 5300. Le petit pays possède 37 stations de recharges permettant d’alimenter deux autobus à la fois et où la recharge complète s’effectue en 2h30, rapportait le Santiago Times.

Revoir nos pratiques

Guangzhe Chen, directeur principal des pratiques mondiales de transport à la Banque mondiale, a mentionné que les pays de l’OCDE ont aussi un rôle à jouer. « Plusieurs d’entre eux se donnent bonne conscience en adoptant des politiques restreignant l’utilisation de véhicules à combustion.

Toutefois, au fur et à mesure qu’ils verdissent leur parc, leurs vieux véhicules plus polluants sont exportés dans des pays qui n’ont pas de telles politiques et où les gens n’ont pas les moyens d’acheter des modèles récents, qui émettent moins de gaz à effet de serre. Résultat : on ne fait que tasser le problème ailleurs.

Il croit que c’est lorsque les gens seront conscients que le transport collectif et plus rapide et convivial que le réel changement s’opérera. « On a qu’à regarder ce qui se passe en matière de transport à la demande grâce aux nouvelles technologies. Il faut s’en inspirer pour rendre tout cela plus simple que le fait de partir en voiture. »

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