Véhicules de livraison : le dernier kilomètre

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Lorsqu’un camion n’est pas requis, le système postal français utilise des fourgonnettes et des tricycles électriques pour pour transporter de petites quantités de courrier.
(Photo: Jill McIntosh)

L’optimisation des livraisons sur courtes distances est essentielle pour décongestionner le réseau routier.

Lorsqu’il est question de transport durable et écologique, les experts s’attardent généralement aux véhicules des citoyens et au transport en commun. Mais il est aussi essentiel d’inclure la livraison dite du « dernier kilomètre », c’est-à-dire le transport de marchandises au point de vente ou au client.

Lors du Michelin Challenge Bibendum, un symposium international portant sur le transport qui s’est tenu à Chengdu, en Chine, en novembre dernier, une table ronde s’est penchée sur cette problématique et les solutions possibles. Puisque les camions qui assurent ce type de transport constituent environ 20 % du trafic routier, l’optimisation de ce service permettrait de réduire considérablement la congestion ainsi que la pollution.

Capacité inutilisée

L’industrie mondiale du « dernier kilomètre » est évaluée à 2,6 trillions de dollars, et devrait atteindre 6 trillions de dollars au cours de la prochaine décennie. En 20 ans, la moyenne de 300 millions de colis transportés chaque jour passera à 500 millions. Résultat ? Une quantité phénoménale de kilomètres parcourus. Cependant, à l’heure actuelle, les camions concernés ne sont en moyenne chargés qu’à 40 % de leur capacité.

Plusieurs facteurs expliquent ce constat, notamment l’utilisation de camions plus gros que nécessaire, la distance séparant les points de livraison qui compromet l’efficacité des trajets et le manque d’espace des clients, qui préfèrent recevoir des livraisons plus fréquentes.

Le véhicule adéquat

Selon Yoshihide Maeda, directeur général chez Hino Motors et participant à la table ronde, la première étape serait de disposer de véhicules adéquats. « Traditionnellement, le diesel est utilisé un peu partout, mais selon les distances à parcourir, ce n’est peut-être pas le meilleur choix. Dans les villes, les véhicules électriques et les hybrides rechargeables sont utiles pour effectuer des livraisons fréquentes et peu volumineuses. Les véhicules hybrides ou munis de piles à combustible (hydrogène) peuvent être employés pour les distances moyennes, tandis que les véhicules diesel sont parfaits pour les longues distances. »

Les véhicules électriques sont abondamment utilisés par le système postal français. En effet, dans leur parc composé de plus de 70 000 unités, un véhicule sur trois est alimenté par batterie. Il s’agit principalement de fourgonnettes destinées aux colis et sacs de courrier, et d’une version électrique du traditionnel tricycle utilisé par de nombreux facteurs européens. Ainsi, la plus grande part de la livraison du courrier n’émet aucune émission. Sylvain Fresnault, directeur de l’approvisionnement au sein de La Poste, explique : « Notre industrie change rapidement et c’est pourquoi nous avons décidé d’adapter notre parc automobile. Nous avons le plus grand parc électrique au monde. Nous nous devons d’être à l’avant-garde en matière de développement durable. »

Casse-tête

Par contre, les experts s’entendent également pour dire que l’ajout de nouveaux véhicules dans un parc ne permet pas de tout régler. D’autres pièces du casse-tête : des camions qui déterminent leur horaire d’entretien de façon autonome afin de réduire le nombre de pannes, l’automatisation du triage et de la livraison des colis afin d’identifier les trajets les plus efficaces et la conception de magasins disposant de quais de chargement et d’espaces d’entreposage plus vastes.

D’autres suggestions incluent la création de centres de distribution centralisés, où les clients pourraient cueillir leur marchandise durant leurs déplacements quotidiens, des camions modulaires plus spacieux et une meilleure gestion des entrepôts et des livraisons, afin d’assurer que les camions quittent avec des chargements complets.

« Dans le futur, nous aurons des villes immenses dont la logistique de transport de marchandises sera répartie entre plusieurs petites villes », affirme Yoshihide Maeda. « Les bons véhicules seront utilisés pour chaque type de livraison, et les clients choisiront le véhicule le plus approprié selon la situation. »

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