Téo Taxi : le taxi réinventé de toutes pièces

Thierry St-Cyr gère un parc de 29 Kia Soul, 24 Nissan Leaf et 12 Tesla modèle S. (Photo: Vincent Frigon)

Téo Taxi ne se contente pas d’être l’un des premiers parcs de taxis entièrement électriques au monde. L’entreprise vise rien de moins que de réinventer l’industrie.

Téo Taxi est une initiative de Taxelco, une compagnie qui désirait doter Montréal d’un service de véhicules taxis entièrement électriques. Le projet, qui a été lancé en novembre 2015, est mené en partenariat avec l’Institut du véhicule innovant. Par ses recherches, ce dernier doit en assurer la rentabilité et l’efficacité.

Une expérience unique

Thierry St-Cyr, ancien député fédéral, est directeur des opérations et affaires publiques chez Taxelco. Son expérience à Téo Taxi captivera au plus haut point les gestionnaires de parcs intéressés par les véhicules électriques (VÉ), car au moment où CamAuto l’a rencontré, il gérait à lui seul un parc de 29 Kia Soul, 24 Nissan Leaf et 12 Tesla modèle S.

« Il existe d’autres services de taxi dans le monde, mais la plupart se contentent de copier le modèle “classique” : ils utilisent les véhicules le jour et les rechargent la nuit. Nous, on essaie de s’extirper de ce modèle », dit-il. En permutant les véhicules et en les rechargeant principalement avec des bornes de recharge rapide, Téo Taxi veut maximiser le potentiel des véhicules électriques.

L’entreprise offre un service 24 heures par jour, sept jours sur sept. À un moment dans leur quart de travail, les chauffeurs doivent se rendre à l’une des bornes exclusives à Téo Taxi, situées à la station de Pointe-Saint-Charles et dans différents stationnements montréalais. Ils branchent leur véhicule et prennent celui qui a été placé en recharge quelques heures plus tôt par un autre chauffeur.

L’expérience a permis de déboulonner certains mythes au sujet du VÉ. La compagnie n’a pas du tout souffert des rigueurs de notre hiver. Comparé à un parc de taxis à essence, les véhicules sont plus faciles à entretenir car il y a moins de pièces à réparer et pas de changement d’huile à effectuer. Une fois l’infrastructure en place, les frais d’entretien sont aussi moins élevés. Les frais de consommation d’électricité, la plupart du temps en recharge rapide, sont significatifs, mais en rien comparables aux frais de consommation des véhicules à hydrocarbures.

Les défis du quotidien

La technologie ne pose donc aucun problème du point de vue de la gestion des opérations. Elle offre même un potentiel de rendement supérieur. Par contre, l’adoption de la technologie par les chauffeurs pose un certain défi : des badges ont remplacé les clés et des câbles électriques ont remplacé les boyaux d’essence.

« La technologie électrique n’est pas compliquée à gérer ; c’est plutôt l’humain qui l’est, précise M. St-Cyr. Il faut néanmoins compter le temps pour se rendre à la borne, changer de véhicule et repartir. Pour ce faire, le chauffeur a besoin de trois badges : une pour entrer dans le stationnement, une autre pour l’auto et une troisième pour la borne de recharge. C’est donc complexe, et on travaille à simplifier ce processus. »

Les batteries sont en général rechargées à 80 % de leur capacité en 15-20 minutes. Compte tenu de son mode de fonctionnement, recharger les 20 % restants prendrait beaucoup plus de temps. Téo Taxi vise à maximiser l’efficacité de son parc davantage que l’autonomie des voitures ; un choix stratégique. « Pour ne pas dégrader la batterie, on la rechargera à 100 % une fois par deux ou trois nuits.

Le reste du temps, on privilégie la recharge rapide, car le coût additionnel est marginal par rapport au coût en efficacité. C’est un aspect de l’équation que chaque gestionnaire de parc doit prendre en considération », conclut-il.

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