Certification des constructeurs : Faire des affaires

Accrédition des constructeurs : Faire des affaires
L'accréditation des constructeurs symbolise plus que le respect de certains critères : elle assure la tranquilité d'esprit de tous les gens de l'industrie. (Photo : Huw Evans)

Des programmes avantageux pour toutes les parties.

Au cours des 10 dernières années, Dana Alexander a investi dans de nouveaux équipements et dans la formation de son personnel en vue d’obtenir des certifications des constructeurs. « Nous savions que ça s’en venait au Canada ; c’était juste une question de temps », lance le propriétaire de Dana’s Collision CSN, de Fredericton, au Nouveau-Brunswick. « Nous voulions être prêts à plonger dès que l’occasion se présenterait. »

L’atelier de M. Alexander est désormais reconnu par Honda et obtiendra bientôt l’accréditation de Toyota. « Nous réparons davantage de voitures Honda depuis notre accréditation », assure-t-il.

Pour Honda, la démarche a duré trois mois. « Ils s’assurent que les techniciens ont reçu la bonne formation, qu’on dispose des bons équipements et des dernières technologies », explique M. Alexander.

Attirer les clients
Pendant un vol d’affaires, Leanne Jefferies a réalisé qu’un programme comme Centre de carrosserie certifié répondrait bien aux besoins de l’industrie. Elle a donc assumé le poste de vice-présidente pour le Canada, programme Centre de carrosserie certifié, pour Assured Performance Network. « En forçant l’amélioration des capacités de l’ensemble des ateliers, notre programme contribue à faire progresser toute l’industrie », affirme-t-elle.

« La certification des constructeurs aide les ateliers à avancer et représente un investissement rentable.

« Chaque atelier peut utiliser cette accréditation pour promouvoir et mousser ses affaires, et en profiter pour leur expliquer comment cette option est la plus intéressante pour eux. »

Pour l’instant, cinq constructeurs ont adhéré au programme aux États- Unis. Au Canada, FCA (FIAT-Chrysler) est le premier constructeur à s’impliquer. « L’utilisation de l’aluminium et de l’acier haute résistance vient changer la donne, explique Mme Jefferies. Comme ces matériaux nécessitent des méthodes de travail différentes, les ateliers doivent investir dans la formation et dans de nouveaux équipements. Les programmes de certification par les constructeurs servent de guides, car ils sont développés en fonction de leurs normes. »

Aux États-Unis, le marketing des constructeurs inscrits au programme vise directement les consommateurs. « Ils investissent des millions pour convaincre les automobilistes de confier leurs véhicules à des ateliers certifiés. C’est une approche proactive qui consiste à faire cheminer le client avant qu’il ne soit impliqué dans un accident. »

Les promoteurs du programme veulent voir un atelier accrédité dans chaque municipalité. « Il n’y a pas de limite au nombre d’ateliers admissibles. Il suffit qu’ils respectent les critères. »

Mise à niveau
Pour Terry Allen, chef de la direction et cofondateur de Speedy Collision, la certification est une affaire de bon sens. À preuve, le contrat de franchisé de Speedy a été réécrit pour obliger les ateliers à adhérer au programme d’Assured Performance Network.

« Vingt-sept ateliers sont en voie d’obtenir leur certification, lance M. Allen. Ça va devenir la norme sous peu. »

Il croit par ailleurs que les assureurs vont resserrer leurs critères de sélection des ateliers, notamment pour se protéger eux-mêmes. « Avec les technologies que recèlent les véhicules, la sécurité exige que tout soit fait selon les normes des constructeurs », poursuit-il.

Les ateliers qui s’inscrivent sous la bannière Speedy sont comparés à un atelier standard et à un atelier optimisé. « Nos modèles respectent à la lettre les normes du programme Centre de carrosserie certifié en matière d’équipements et de gestion. Nous établissons un plan de développement pour que chaque atelier sache où il se situe et où il doit aller. Nous commençons par dresser la liste de ce qu’il faut faire pour nous mettre à niveau afin d’obtenir la certification. »

Cette façon de faire est très proactive. On fait un plan pour l’atelier et on supervise l’avancement du projet pour respecter les échéances. Le processus de certification prend de trois à six mois en moyenne.

La réaction est excellente, selon Terry Allen. « Tout le monde en comprend le bien-fondé. En Alberta, les le temps aux ateliers d’obtenir les certifications pour se préparer à la reprise. Nous voyons cette situation comme une occasion de marketing à ne pas rater. Nous devons en profiter pour relever la barre et nous adapter aux normes des constructeurs. »

Mondialisation
Chez Mirka, l’accréditation est essentielle pour s’assurer que les usines de partout sur la planète restent conformes aux normes. « Nous voulons implanter les mêmes façons de procéder partout, affirme Yves Roy, directeur commercial national chez Mirka Canada. Cela contribue à uniformiser les réseaux de distribution et d’approvisionnement, de même que les façons de faire des différentes usines. »

« Il ne s’agit pas seulement du marché canadien ; il faut suivre le mouvement de standardisation amorcé par le monde entier. » — Yves Roy, directeur commercial national, Mirka Canada

L’entreprise a mandaté un représentant qui parcourt le monde pour sonder les attentes des constructeurs. « Comme nous fabriquons des fournitures d’atelier, nous sommes intéressés par les procédés, explique M. Roy. C’est un secteur très compétitif, et nous sommes constamment amenés à devancer nos concurrents.

« Toute entreprise d’envergure mondiale doit faire face aux mêmes difficultés. Celles qui arriveront à se positionner deviendront les meneuses. Les constructeurs sont déjà installés dans les marchés émergents, et les interactions se multiplient entre eux. Il ne s’agit pas seulement du marché canadien ; il faut suivre le mouvement de standardisation amorcé dans le monde entier. »

Fix Auto Canada approuve le Programme canadien d’accréditation des ateliers de carrosserie (PCAAC) de l’AIA Canada, mis sur pied pour répondre aux exigences du secteur canadien de la carrosserie. Ce programme vise lui aussi à s’assurer que les normes des constructeurs au chapitre de l’équipement et de la formation sont respectées.

« Bien que les processus d’accréditation diffèrent d’un constructeur à l’autre, le PCAAC dure en moyenne de deux à trois mois. Il assure que les carrossiers respectent les normes de réparation de la majorité des constructeurs canadiens », explique Jean- Charles Dupuis, vice-président principal et directeur de l’exploitation chez Fix Auto Canada. Son but à long terme est d’implanter l’accréditation PCAAC dans tous les coins du pays. « Obtenir l’accréditation des constructeurs vient en complément au PCAAC, mais cette décision revient à chaque atelier.

« La meilleure stratégie pour l’industrie canadienne de la carrosserie reste d’offrir assez de souplesse pour faciliter la croissance de tous ses acteurs. »

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