À la mesure des nouveaux véhicules

À la mesure des nouveaux véhicules
Monté sur un rail installé sous le véhicule, le bras articulé du système de mesure 3D Car-O-Liner est fixé sur les points d’ancrage indiqués par le système, en fonction du modèle de voiture à réparer, puis prend les mesures précises, transmises par Bluetooth au rapport produit à l’attention du client et de l’assureur. (Photos : Thomas Ethier)

Les nouvelles technologies dont sont dotées les voitures d’aujourd’hui imposent des réparations de haute précision, avec des outils qui ne laissent pas de place à l’approximation.

Depuis environ deux ans, les systèmes de mesure en trois dimensions se multiplient à travers les ateliers de la province. Impératif à l’obtention des plus importantes certifications, ce nouveau standard de précision s’impose de plus en plus comme une norme que l’industrie québécoise de la carrosserie apprivoise à son rythme.

Au-delà des certifications

Michel Véronneau, propriétaire de Fix Auto Sherbrooke Mi-Vallon, affirme profiter de temps de cycles considérablement réduits depuis l’introduction du système de mesure 3D dans l’atelier.

Pour Michel Véronneau, propriétaire de Fix Auto Sherbrooke Mi-Vallon, cet outil d’abord acquis dans le seul but d’obtenir des certifications a rapidement fait ses preuves. « Je me demandais à quel point tout cela pouvait vraiment remplacer le système que j’utilisais avec succès depuis 30 ans, admet-il. Mais j’ai rapidement compris qu’on passait à un niveau supérieur : tout se fait rapidement, avec grande précision et du premier coup. Nos temps de cycles en sont considérablement réduits. »

En faisant la démonstration de l’outil, François Boulanger, directeur de l’atelier, insiste sur la simplicité du système et sur l’utilité du rapport qu’il fournit. Dans la base de données de l’ordinateur, le technicien sélectionne d’abord le modèle exact du véhicule à réparer : une Huyndai Elantra quatre portes, 2011 à 2015. Il saisit ensuite le numéro d’identification du véhicule (VIN), le kilométrage, le numéro de plaque, le nom du technicien qui fait la réparation et ses notes. Un document personnalisé est alors créé à l’intention du client et de l’assureur.

Puis, informé des détails du véhicule, le système indique au technicien où ancrer le bras articulé qui prendra les mesures du châssis, transmises à l’ordinateur par technologie Bluetooth. En fonction de ce qui doit être mesuré, tous les détails de la procédure à suivre sont indiqués, et toute opération effectuée sur le châssis est suivie au millième près.

Planifier l’implantation

L’atelier Fix Auto Mi-Vallon s’est doté du banc de redressement et du système de mesure 3D de Car-O-Liner. « Ce système nous apparaissait comme le plus pratique parce qu’il offre un éventail complet d’équipements et d’accessoires qui peuvent être acquis au fur et à mesure de l’évolution des besoins de l’atelier », explique M. Véronneau.

Une telle acquisition par étapes peut s’avérer particulièrement intéressante, compte tenu du coût imposant d’un tel système. C’est d’ailleurs le chemin qu’emprunte actuellement l’atelier Carrossier ProColor Lévis, inauguré récemment sous une nouvelle administration familiale.

« Pour offrir un service complet, répondre aux normes des constructeurs et obtenir les certifications nécessaires, les ateliers n’auront bientôt d’autre choix que de s’équiper ainsi », souligne Frederick Aspiro, copropriétaire, qui vise notamment l’obtention prochaine d’une certification Gold Class.

Vers un nouveau standard

Marc Robert, président d’Auto Traction, distributeur des produits Car-O-Liner, dit installer au moins trois systèmes de mesure 3D par mois dans des ateliers du Québec. (Photo : Auto Traction)

Comme l’observe Marc Robert, président d’Auto Traction, qui distribue les produits Car-O-Liner, le marché québécois des systèmes de mesure en trois dimensions suit une courbe de croissance prononcée. « Cet outil existe depuis un certain temps, mais le Québec a emprunté ce virage technologique autour de 2016. Depuis, on installe de ces systèmes toutes les semaines. »

Selon lui, les écoles semblent également s’arrimer à cette norme en devenir. « Un certain nombre s’équipent de systèmes de mesure 3D mécaniques, avec une étape de mesure manuelle. C’est une formidable façon d’apprendre qui permet à l’élève de se familiariser avec le schéma d’un véhicule avant d’entrer en atelier, où tous les systèmes sont électroniques. »

Sur le terrain, l’industrie québécoise serait également en phase d’apprentissage. Selon Vincent Filice, président des Équipements & Services Filco, une adaptation rapide devra toutefois s’opérer, puisque ces nouvelles techniques de réparation visent ultimement la sécurité des passagers.

« Aujourd’hui, on retrouve jusqu’à cinq matériaux différents sur une seule voiture. Les réparations impliquent du soudage, du collage, du rivetage, etc. Le châssis ne peut plus simplement être mesuré manuellement : tout doit être extrêmement précis pour que la voiture soit sécuritaire à la sortie de l’atelier. »

En phase d’adaptation

Vincent Filice, président de Les équipements et services Filco, accueillait au printemps 2017 le formateur Tony Dudley pour faire la démonstration de l’outil de mesure 3D Contact Evolution, de CarBench.

La popularité de ce système au Québec étant très récente, il demeure mal connu et reconnu, selon M. Filice. « Plusieurs carrossiers ne prennent pas le temps d’apprendre à l’utiliser et l’oublient au fond de l’atelier, souligne-t-il. Plusieurs gestionnaires ont également de la difficulté à en justifier les frais d’utilisation auprès des assureurs. »

Filco distribue les produits de la compagnie européenne Car Bench aux ateliers canadiens. Ce système portatif sur trépied permet d’effectuer des mesures sur tous types de surfaces, sans banc de redressement, dans des conditions fidèles à l’environnement quotidien du véhicule. Une méthode qu’exigent d’ailleurs certains constructeurs de voitures haut de gamme.

« Certains constructeurs vont promouvoir un produit pour leurs certifications, mais il est très important, au moment de faire un choix, de ne pas croire qu’une marque est favorisée plus qu’une autre, tient à préciser M. Filice. Contrairement à une certaine croyance populaire, si le système de mesure 3D acquis fait le travail exigé, peu importe la marque, la certification sera accordée dans la majorité des cas. »

« Une fois l’atelier équipé et certifié, tout ne s’arrête pas là, insiste Michel Véronneau, qui prévoit l’acquisition d’un second système. Pour en tirer tous les avantages, l’atelier doit faire en sorte que cette technologie soit maîtrisée et utilisée. Au-delà des certifications, l’industrie automobile évolue et les standards de réparation devront suivre. »

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