CCPQ : guider l’industrie à travers les nouvelles technologies

CCPQ : guider l'industrie à travers les nouvelles technologies
Plus de 150 gestionnaires d’ateliers et même des grandes bannières auront assisté aux soirées « Pré et post-scans : essentiels et incontournables ! ». (Photo : CCPQ)

La Corporation des carrossiers professionnels du Québec (CCPQ) mène depuis février une vaste campagne d’information sur le diagnostic électronique.

Si l’on estime qu’il y a à peine un an, environ 10 % des voitures menées en atelier subissaient une analyse pré et post-scan, la CCPQ s’est donné comme objectif de faire en sorte que cette statistique atteigne environ 80 % d’ici la fin de l’année.

Les soirées « Pré et post-scans : essentiels et incontournables ! » ont pour but de provoquer une prise de conscience à grande échelle auprès des carrossiers des différentes régions du Québec quant à l’importance de cette pratique. Plus de 150 gestionnaires d’ateliers et même des grandes bannières auront assisté à ces séances animées par Michel Julien, président de TeamXtreme Tech, qui partage ainsi son expertise et une expérience de longue date en diagnostic et reprogrammation électronique.

Une prise de conscience générale

À titre d’exemple, environ 35 participants étaient réunis le 14 mars au CFP Compétences Rive-Sud de La Prairie pour avoir l’heure juste sur l’importance du processus de pré et post-scan. Selon Luc Fillion, conseiller stratégique à la CCPQ, cette participation ainsi que la réflexion que suscite ce dossier en disent long sur l’intérêt croissant que porte l’industrie à cette nouvelle façon de faire le travail selon les règles de l’art.

« Des technologies qu’on voyait apparaître il y a à peine 10 ans sur les voitures haut de gamme sont aujourd’hui chose courante sur des voitures qu’on voit tous les jours sur les routes. Nous n’avons tout simplement plus le choix d’incorporer l’analyse pré et post-scan au travail facturé », explique-t-il, soulignant que certaines grandes bannières poussent aujourd’hui cette pratique auprès de leurs ateliers corporatifs et partenaires.

« Il est important de démystifier tout ce qui entoure les analyses pré et post-scan, tant sur le terrain, auprès des gestionnaires d’ateliers, qu’auprès des dirigeants des bannières, qui contribueront à standardiser cette pratique dans l’industrie », indique-t-il.

« Toutes les personnes informées deviennent à leur tour promotrices de l’importance des analyses pré et post-scan, et nous comptons joindre toutes les parties prenantes, ajoute-t-il. Nous nous adresserons aussi aux assureurs dans les prochains mois pour les familiariser avec l’importance d’inclure ces procédures dans leurs remboursements. »

Un nouveau standard

Si l’expertise reste toujours à développer en atelier, il reste également à faire reconnaître cette procédure comme un nouvel impératif, tant auprès des clients que des compagnies d’assurance. Pour avoir lui-même rencontré des groupes d’assureurs au cours des derniers mois, Michel Julien témoigne d’une importante ouverture de leur part, pour autant qu’ils soient éclairés et familiarisés avec cette nouvelle donne.

« Les assureurs comprennent de plus en plus que cette pratique s’impose, observe-t-il. Certains exigent maintenant les pré-scans afin de traiter les estimations de réclamations, et le tout prend rapidement de l’ampleur. C’est pourquoi on s’attend à ce que d’ici la fin de 2018, environ 80 % des voitures amenées en atelier de carrosserie passeront par cette étape. »

« Il existe tout de même plusieurs zones grises dans l’industrie de la carrosserie par rapport aux analyses avec scanneurs : bien souvent, les carrossiers ont leur version et les assureurs en ont une autre, ajoute Luc Fillion. On doit démontrer à tous les acteurs impliqués que l’analyse pré et post-scan est aujourd’hui à l’avantage de tout le monde. »

Une procédure payante

C’est dans cette optique que M. Julien mène actuellement ses propres tests en atelier, dans le but de chiffrer le montant épargné par l’assureur lui-même en incluant ce processus aux travaux remboursés.

« En fin de compte, on peut démontrer clairement que l’assureur économise beaucoup en incorporant cette étape dans sa couverture, affirme M. Julien. La bonne utilisation d’un scanneur permet de distinguer les dommages causés par l’accident précédant la réclamation de ceux qui ne le sont pas, pour que l’assureur ne paie que ce qu’il doit payer.

« Dans tous les cas, cette procédure demeure tout à l’avantage de l’atelier, qui se protège en déterminant clairement, preuve à l’appui, les dommages présents sur la voiture avant qu’il ait commencé les travaux », ajoute-t-il.

Un nouveau poste à créer

« Deux univers parallèles cohabitent en ce moment. Là où vous voyez des panneaux de tôle à réparer, je vois aujourd’hui un réseau électrique complexe », mentionne M. Julien en s’adressant aux professionnels présents dans la classe. « Vous ne vous attendiez pas nécessairement à devoir faire face à cette réalité en devenant carrossier, mais une nouvelle méthode informatique s’impose pour s’assurer que le travail est bien fait. »

Avec le soutien et sous le mandat de la CCPQ, M. Julien a comme principal objectif de sensibiliser les carrossiers quant aux nouveaux besoins générés par l’évolution constante des technologies informatiques qui composent les véhicules d’aujourd’hui. « Les constructeurs  dépensent actuellement plus de la moitié de leur budget en systèmes de sécurité et d’assistance à la conduite, et tout ça, ça arrive tranquillement dans vos ateliers, souligne-t-il. L’industrie doit se doter d’experts formés spécialement au diagnostic électronique et à la reprogrammation de ces systèmes. »

Comme le résume M. Fillion, les analyses pré et post-scan demandent des connaissances informatiques qui ne sont pas nécessairement l’apanage des experts en atelier. Ceux-ci sont par ailleurs déjà très occupés à exceller dans leur spécialité respective.

« Les ateliers doivent absolument développer leur expertise en ce sens : il s’agit littéralement d’un nouveau poste à créer, qui revient à des experts en informatique et en électronique. Ce besoin ouvre la voie à une relève de nouvelle génération branchée, passionnée par les nouvelles technologies. »

Une « spécialité » inédite et d’avant-garde vient ainsi de voir le jour dans le secteur de la carrosserie.

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