Triplement diplômé depuis 2002

Triplement diplômé depuis 2002
Estimateur chez Fix Auto Trois-Rivières Ouest, Éric Boisclair est parmi les rares professionnels à détenir depuis plus de 15 ans un diplôme en carrosserie, mécanique et vente de pièces, et à avoir une solide expérience en chacun de ces métiers. (Photo : Guy O'Bomsawin)

À Trois-Rivières, il est possible depuis plusieurs années de sortir du CFP Qualitech bardé des trois DEP des métiers de l’automobile.

Natif de Trois-Rivières, Éric Boisclair peut se targuer d’avoir réussi en 2002, à 20 ans, ce tour du chapeau qu’est l’obtention consécutive du DEP en vente de pièces, en carrosserie et en mécanique.

Certains élèves s’inscrivent à deux de ces disciplines, sachant entre autres qu’ils y gagnent en durée par les crédits accordés en fonction du croisement de certaines matières.

Cependant, encore faut-il une ferme volonté d’acquérir bien davantage que la formation d’un seul des programmes d’entretien et de réparation automobile dont la durée, selon le métier, est de 1800, 1590 ou 930 heures.

Son témoignage à propos de son triple DEP est éloquent.

Pourquoi avoir choisi l’automobile ?

C’est un domaine que j’aime. Comme je ne voulais rien savoir du cégep, il était logique que je m’oriente vers des formations professionnelles.

Pour quelle raison as-tu fait le pari de décrocher trois DEP de suite ?

Je tenais à avoir une formation complète avant mon entrée sur le marché du travail, de crainte de ne pas être tenté plus tard de retourner aux études.

Avais-tu une préférence pour la carrosserie ?

Pas nécessairement, étant donné que ces formations allaient me permettre dès la fin de mes cours de saisir la meilleure offre ; mon premier emploi a d’ailleurs été celui de conseiller technique chez un concessionnaire.

Que t’ont apporté ces quelque 4000 heures de formation ?

Des connaissances de base accrues qui m’ont permis de me démarquer lors de la recherche d’emploi et le fait de pouvoir être polyvalent au sein d’une même entreprise. Aussi, le fait d’avoir occupé au même endroit le poste de gérant du service des pièces et de la carrosserie, et d’estimateur.

Qu’en as-tu particulièrement retenu ?

Difficile de ne pointer qu’une seule chose depuis toutes ces années où l’on ne cesse d’apprendre jour après jour, mais il est indéniable que les bases auxquelles j’ai été initié demeurent d’excellentes assises. Si je n’avais pas eu cette formation, je ne serais pas là où j’en suis aujourd’hui !

À quel point les stages réguliers t’ont-ils servi ?

À 50 % je dirais ; suffisamment pour savoir si on se sent à sa place. C’est par les stages, que j’ai faits consécutivement au service de carrosserie de Trois-Rivières Chevrolet, à la Carrosserie McMahon, à Nicolet et au service des pièces de Canadian Tire Trois-Rivières, et en mécanique chez Formule Pontiac Buick, que j’ai découvert en bonne partie ce qu’est le marché du travail.

Tes DEP t’ont-ils permis dès le départ d’avoir un meilleur salaire ?

Pas vraiment. On commence quand même en bas de l’échelle, suivant les heures exigées par le CPA pour être admissible aux examens du statut de compagnon de chaque discipline. Mais c’est l’expérience et la façon dont on travaille qui font en sorte que l’on peut avoir de meilleures conditions en ce qui concerne le salaire et les vacances.

Estimes-tu que tes employeurs ont su reconnaître tes compétences ?

Oui, car j’ai fait les efforts en conséquence !

Conseillerais-tu de s’inscrire au moins à un double DEP ?

Oui. C’est un minimum, l’idéal étant de viser le trio en commençant par la carrosserie et la vente de pièces, puisque ce cours où l’on apprend le fonctionnement d’un véhicule de A à Z prépare fort bien à celui de mécanique. Savoir identifier les pièces et connaître leur fonction étant une très bonne base.

Que dirais-tu aux élèves que le triple DEP attirerait ?

Il ne faut pas que ce choix soit fait uniquement pour avoir plus de chances d’obtenir un emploi. Il faut d’abord aimer ce qu’on fait. Mes trois DEP m’ont nettement aidé parce que plus on en sait, plus on est polyvalent et plus on a la possibilité d’avoir l’emploi qu’on préfère !

Est-ce que l’enseignement t’intéresserait ?

Bien sûr, sauf que devoir s’inscrire à un baccalauréat en enseignement quand on pratique le métier à temps plein est un obstacle majeur en raison de toutes les années durant lesquelles il faut sacrifier soirs et fins de semaine pour l’obtenir. J’estime d’ailleurs qu’un diplôme de ce niveau ne garantit pas que quelqu’un maîtrise l’art d’enseigner un métier.

Que proposerais-tu à ceux qui mettent les DEP à jour ?

De fusionner pour mon secteur les cours de carrosserie, de mécanique et de vente de pièces – devenus « Conseil technique » – afin de réduire la durée de la formation et de l’adapter à l’évolution de l’industrie.

Paratagez-le !