Le Carrossier février 2019

Le Carrossier février 2019
Le Carrossier février 2019

L’édition de février du magazine Le Carrossier est maintenant disponible en ligne. Vous pouvez la consulter ici, mais d’abord, quelques mots du rédacteur en chef du magazine, Michel Beaunoyer.

L’Everest

Décrocher une certification d’un constructeur, c’est atteindre l’Everest. Mais qui a besoin de grimper l’Everest alors que le marché est à hauteur du mont Sutton ?

Le mouvement de certification des ateliers de carrosserie semble se poursuivre ; selon certains observateurs, il pourrait même s’accélérer au cours des prochains mois. Pourtant, ce qu’on entend sur le terrain, c’est que malgré ce processus exigeant et coûteux, non seulement son aboutissement n’apporte pas un volume supplémentaire significatif de voitures, mais il ne se traduit pas par une bonification du taux horaire offert par les assureurs.

Pourquoi donc cette certification alors ? Je ne nie pas l’importance d’une mise à jour des ateliers de carrosserie par un programme de formation structuré et l’acquisition de bons équipements. Je peux aussi comprendre qu’un atelier suive le parcours PCAAC pour décrocher une accréditation qui prouve sa capacité à réparer toutes les voitures de tous les constructeurs. Mais se plier aux exigences d’un constructeur avec les investissements importants que cela représente, c’est comme s’équiper pour grimper l’Everest alors que la demande réelle se situe au niveau des sommets de l’Estrie. L’atteinte de ces sommets n’est déjà pas une simple balade, les normes d’aujourd’hui exigeant un entraînement sérieux. La certification en demande trop à des carrossiers qui peinent déjà à joindre les deux bouts de leur budget.

Ferrari ou Honda Civic ?

Vous voulez réparer des Lamborghini et des Ferrari ? Alors l’Everest est pour vous : allez chercher une certification de constructeur. Mais pour une Honda Civic, c’est de l’abus.

Je ne comprends pas pourquoi le CCIF – qui représente le secteur de la carrosserie depuis maintenant 20 ans – n’a pas profité de sa plus récente édition à Toronto pour mettre les choses au clair et rassurer les carrossiers, qui sentent encore la pression indue d’aller chercher une certification… pour l’Everest. Cette association possède pourtant son programme public d’accréditation PCAAC qui, selon moi, permet de grimper allègrement et sans s’essouffler jusqu’au sommet du mont Sutton. Si son rôle est de défendre les intérêts des carrossiers, alors qu’elle remette les pendules à l’heure concernant ces certifications tous azimuts et efface une bonne fois pour toutes ce climat de peur dont les carrossiers pourraient bien se passer.

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