Unir la formation et la profession

Unir la formation et la profession
Sophie Rouleau, présidente du CÉTÉMMM, est conseillère pédagogique au CFP Daniel-Johnson depuis 2012. (Photo : CÉTÉMMM)

En ce début de mandat, la nouvelle présidente du CÉTÉMMM entend resserrer les liens qui unissent les formateurs et les employeurs de l’industrie.

Deux réalités ont cours actuellement de part et d’autre des DEP menant à une carrière dans l’industrie automobile. Deux plans qui, aux yeux de plusieurs, gagneraient à s’aligner encore davantage en cette période où l’on réclame des formations de base mieux adaptées aux réalités du marché, tout comme un plus grand engagement des entreprises dans la formation de leurs apprentis.

Sophie Rouleau s’est donné comme mission de faire évoluer la culture en ce sens, au sein de la région visée par le Comité Éducation Travail en Équipement Motorisé du Montréal Métropolitain (CÉTÉMMM). Poursuivant le travail d’unification mené par son prédécesseur, Dominique Bousquet, Mme Rouleau a le mandat, avec les membres du CÉTÉMMM, de bâtir des ponts.

Une responsabilité de formation

Aux yeux de Mme Rouleau, le changement de culture souhaité commence bel et bien à s’imposer dans l’ensemble de l’industrie. Les collaborations entre les centres de formation et les entreprises ont d’ailleurs permis de créer la nouvelle version du programme de carrosserie, actuellement en phase de finalisation.

« Chaque acteur vit une réalité économique accaparante, qui pousse chacun à travailler de son côté sans être au courant de ce que fait l’autre. Or, les défis sont aujourd’hui nombreux, et ces différents acteurs ont compris qu’ils ont intérêt à s’unir pour s’assurer un avenir prospère », résume-t-elle.

Au-delà des programmes du ministère de l’Éducation, Mme Rouleau a aussi comme priorité de sensibiliser les ateliers. « Un accent important sera mis sur le compagnonnage au cours de mon mandat, indique-t-elle. L’industrie a une responsabilité de formation, et en cette période de pénurie, il est plus important que jamais pour les propriétaires d’ateliers d’élaborer une gestion serrée du mentorat. »

« Il n’est pas toujours facile de mobiliser des ressources pour la formation, mais l’investissement vous permettra de vous bâtir une main-d’oeuvre solide », ajoute-t-elle, soulignant aussi l’engagement de nombreux partenaires porteurs de ressources variées, dont l’AIA, Auto-Jobs.ca, la CCAM, le CSMO-Auto, CPA Montréal, UNIFOR, et depuis janvier 2019, Auto Prévention.

Pour une industrie inclusive

Forte du lien privilégié qu’elle a pu développer avec les élèves au fil des ans, Sophie Rouleau soutient que les ressources consacrées à la main-d’oeuvre s’inscrivent dans une relation à bâtir avec une génération de plus en plus sélective. « Les jeunes veulent avant tout se réaliser eux-mêmes. S’ils ne se sentent pas impliqués, s’ils sentent que ça stagne, ils ne voudront pas rester sur place très longtemps. »

Au chapitre de l’attraction et de la rétention des employés, Mme Rouleau souligne à grands traits un bassin de main-d’oeuvre encore souvent laissé pour compte : « Bon nombre de femmes passionnées du métier se tournent aujourd’hui vers l’industrie ; tout propriétaire d’atelier devrait encourager leur intégration, qui représente un atout de taille pour toute notre industrie.

« Les employeurs se sentent de plus en plus engagés dans l’évolution de la relève, conclut-elle, et ont grandement renforcé leurs liens avec les centres de formation ces dernières années. Nous comptons aussi écouter attentivement ce que les employeurs ont à dire, et poursuivre les efforts pour permettre à tous de travailler avec les mêmes objectifs.

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