Le PCAAC, pour consolider les meilleures pratiques

Le PCAAC, pour consolider les meilleures pratiques
Maurice Jodoin, directeur général de l’atelier Fix Auto Centre-ville (Photos : Thomas Ethier)

À travers ses multiples démarches de certification, Fix Auto Centre-ville est devenu en 2017 le premier atelier du Québec à adhérer au Programme canadien d’accréditation des ateliers de carrosserie (PCAAC).

Un montant s’impose aux yeux du directeur de l’atelier : 41 M$. C’est la somme qu’a dû débourser un atelier des États-Unis à la suite d’un grave accident de la route causé par des réparations inadéquates. Une menace pour le marché secondaire ? Maurice Jodoin y voit plutôt un avertissement : chaque composant des véhicules modernes occupe une fonction précise, et le professionnel a aujourd’hui le devoir de les réparer dans les règles de l’art.

Des ressources nécessaires

Les 15 aires de réparation de l’atelier accueillent entre 50 et 60 véhicules chaque semaine.

Entre 50 et 60 véhicules circulent chaque semaine dans l’immense hangar situé à l’ancienne gare de triage du Canadien Pacifique, dans le quartier Pointe-Saint-Charles, à Montréal. Les 15 aires de réparation de carrosserie, six aires de préparation et trois chambres de peinture contiennent une impressionnante collection d’équipements dernier cri, affectés à environ 1000 heures de travail par semaine.

Toutes ces ressources, incluses dans les listes des constructeurs dont l’atelier a obtenu les certifications, permettent à l’équipe de techniciens d’apporter les soins prescrits par les nouveaux matériaux et les nouvelles technologies automobiles. « Les constructeurs sont de plus en plus exigeants, et ce n’est pas pour rien : les composantes des véhicules sont aujourd’hui interreliées pour assurer la sécurité des occupants, et pour remplir leur pleine fonction, elles doivent être remises dans leur état d’origine », souligne M. Jodoin.

C’est dans cette optique que l’atelier a choisi d’accrocher son laminage du PCAAC à l’accueil, à côté des attestations de Tesla et Honda, près desquelles s’ajouteront sous peu celles de Volkswagen et d’Audi. « Nous avons choisi d’acquérir toutes les formations et l’équipement requis pour réparer ces véhicules, et pouvons démontrer que tous les travaux seront faits dans les règles de l’art », explique-t-il, soulignant que tous les véhicules sont assujettis aux procédures prescrites, comme les analyses pré et post scan, ou les mesures en trois dimensions.

Or, ces multiples démarches exigent énormément de ressources et de moyens. Pour l’atelier de Carlos Salsa, propriétaire, l’initiative semble avoir un impact important sur l’achalandage, selon ce que constate M. Jodoin au quotidien. « Les certifications représentent une garantie de qualité ; de plus en plus d’assureurs sont enclins à nous envoyer des travaux, affirme-t-il. Mais les exigences sont nombreuses et varient énormément d’une marque à l’autre. Suivre les procédures à la lettre demande un énorme travail de logistique. »

Un pont avec les constructeurs

L’atelier s’est doté d’un système de mesure en trois dimensions dont l’achat est compris dans le processus d’accréditation du PCAAC.

Dans ce contexte, le PCAAC vient donc se situer au centre des nombreuses parties prenantes dont les exigences gagneraient à être clarifiées. « À nos yeux, avec ce nouveau programme, l’AIA Canada pourra faire le pont entre les constructeurs et les ateliers de réparation, résume M. Jodoin. Les ateliers doivent se mettre à la page, mais il est difficile de s’orienter pour savoir exactement dans quoi on s’engage.

« On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve : plusieurs ateliers ne peuvent se permettre d’investir dans des équipements et seront hésitants à s’engager dans une certification sans savoir si elle sera encore valable dans deux ans, ajoute-t-il. Par exemple, deux constructeurs vont parfois recommander des équipements différents, qui se dédoublent dans leurs fonctions. Dans bien des cas, une soudeuse reste une soudeuse. »

En adhérant au PCAAC, Fix Auto Centre-ville attend donc de l’AIA Canada qu’elle s’assoit avec les constructeurs pour établir des règles beaucoup plus claires et structurées qui permettront au marché secondaire d’instaurer des standards. « Il serait important d’afficher clairement les procédures à adopter et de s’entendre sur les meilleurs équipements à utiliser, pour qu’une soudeuse par points, par exemple, puisse être officiellement reconnue pour la réparation de plusieurs marques de véhicules. »

Définir et instaurer les règles

L’immense hangar de Fix Auto Centre-ville, situé dans le quartier Pointe-Saint-Charles, à Montréal.

Bref, en établissant les meilleures pratiques de façon claire, le PCAAC amènera les ateliers du pays, selon Maurice Jodoin, à se doter des ressources qui s’imposent à eux pour faire face à l’avenir. « Ce sera une façon de les pousser à s’aligner avec les nouvelles exigences, pour inscrire les ateliers du marché secondaire comme des établissements fiables et performants pour la réparation des nouveaux véhicules. »

« Les ateliers du marché secondaire n’auront bientôt plus le choix d’acquérir les ressources imposées par les nouvelles technologies automobiles. Avec le PCAAC, l’AIA Canada tient la solution pour consolider les meilleures pratiques. »

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