Favoriser la réutilisation

Favoriser la réutilisation
Ford utilise la technologie de la « PlantBottle » développée par Coca-Cola pour les tissus de cette Fusion Energy de démonstration qui a parcouru les grandes foires automobiles mondiales. (Photo : Ford)

Qu’ont en commun les vieux billets de banque, la tomate, l’écorce de noix de coco et la pulpe de bois ? Ils constituent tous des matériaux novateurs utilisés par Ford pour la fabrication de ses véhicules.

« Si on veut accéder à la pérennité de nos entreprises, il faut cesser d’extraire des matières premières », a affirmé d’entrée de jeu François Masson, responsable du programme de recyclage pour le groupe Michelin, dans le cadre d’un atelier du Sommet Movin’On. Il mentionne que les façons de faire actuelles ne dureront que dans la mesure où ces matériaux resteront abordables et en quantités suffisantes.

François Masson et Deborah Mielewski (Photo : Josée Hamelin)

« Comment prendre le virage ? a-t-il demandé aux participants. Nous devons accélérer le développement de produits qui favoriseront l’économie circulaire. Il faut le faire dans nos entreprises, mais aussi avoir une vision globale qui inclut autant la voiture et ses composants que le moteur, les infrastructures et même le pavé. Pour chacun de ces usages, nous devons nous questionner sur ce qui peut être fait différemment, dans une optique de développement durable. »

Se questionner sur la nature des choses et les procédés, c’est exactement ce que fait Debbie Mielewski au quotidien. OEuvrant chez Ford depuis 32 ans – dans le domaine de la recherche et du développement –, elle est la principale responsable technique des matériaux durables et des matériaux de pointe. « Henri Ford croyait que l’automobile et l’agriculture pouvaient travailler de pair, a-t-elle mentionné ; aujourd’hui, nous poursuivons cette même vision. » De nombreux produits issus des moissons entrent dans la fabrication des voitures.

Par exemple, des millions de kilos de fèves de soya, que les agriculteurs ontariens laissent sécher dans les champs, servent à l’élaboration de matériaux qui se retrouvent dans les sièges et les appuie-têtes. Pour eux, cela constitue une source de revenus supplémentaire. « Toutefois, il y a près de 200 kg (400 lb) de plastique dans les voitures et il faudrait réussir à les évacuer. »

Du potentiel dans les rebuts

Là où la plupart des gens voient des déchets, la chercheuse – qui détient plus d’une dizaine de brevets – voit un potentiel inexploité. C’est justement en pensant à la téquila, une boisson qu’elle dit apprécier, que l’idée de réutiliser l’écorce d’agave servant à sa fabrication a germé. Un partenariat avec le distilleur Jose Cuervo a même été conclu.

« Souvent, les matériaux biosourcés sont plus performants que les matières traditionnellement utilisées, entre autres parce qu’ils contribuent à réduire le poids du véhicule et son besoin en carburant », expose-t-elle. En travaillant avec Heinz, le constructeur américain récupère chaque année des tonnes de résidus de tomates. Les pelures séchées contribuent à renforcer la fibre de plastique. Même les vieux billets de banque américains déchiquetés entrent dans la construction des voitures.

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