Des craintes, mais peu de problèmes

L’accès aux pièces d’origine reste difficile, pour le moment, seulement pour les voitures de grand luxe.

Un atelier qui n’a pas la certification demandée par un constructeur peut-il avoir aisément accès aux pièces d’origine ? Tout indique que oui malgré les rumeurs qui planent.

Cette rumeur veut que graduellement, les constructeurs refusent de livrer des pièces d’origine à un atelier si ce dernier n’a pas la certification appropriée. Nous avons demandé à un échantillon de gestionnaires d’ateliers « pigés » dans la liste d’abonnés de la revue Le Carrossier, quelle était leur réalité à ce sujet.

Maxime Castellon, de Fix Auto Carrefour Laval, dit ne pas être particulièrement affecté par cette situation. Certains constructeurs plus haut de gamme, notamment BMW ou Audi, vont demander une certification pour l’accès à certaines pièces structurelles, ce qui tombe sous le sens, selon le carrossier.

L’accès à l’information

Pour Stéphanie Bouchard, qui gère trois ateliers Carrossier Procolor au Saguenay, ce ne sont pas nécessairement les pièces qui sont inaccessibles, mais surtout les informations du constructeur relatives aux processus de réparation. « Mais on sent la pression croissante des constructeurs, qui nous poussent vers la certification. Certains fournisseurs d’équipements nous disent aussi que si nous n’avons pas telle ou telle soudeuse, on ne pourra bientôt plus réparer certaines marques de voitures. De ce côté, comme nous le recommande d’ailleurs notre réseau, nous sommes très prudents. »

Stéphanie Bouchard, qui supervise trois ateliers au Saguenay, connait plus de difficulté à obtenir l’accès aux données des véhicules qu’aux pièces d’origine. (Photo : Carrossier Procolor Chicoutimi)

Présentement, si l’accès à certaines pièces d’origine est difficile, le phénomène semble plus lié aux conditions climatiques qui ont prévalu cet hiver qu’à un refus des constructeurs de les rendre disponibles.

Une pénurie liée au climat

C ’ est aussi le constat que fait Yanick Gagnon, directeur général du Groupe Magnan, qui compte six ateliers Carstar au nord de Montréal. « Nous n’avons pas de problèmes d’accès puisque nous travaillons étroitement avec une quinzaine de concessionnaires. Mais bien des pièces sont en attente ; je crois que lorsqu’ils lancent de nouveaux modèles, les constructeurs oublient de fabriquer des pièces supplémentaires. On commande parfois des pièces qui ne sont pas encore produites et ça cause de longs délais. »

M. Gagnon reprend aussi l’information de sa collègue comme quoi c’est l’accès aux données des constructeurs qui est présentement plus difficile que l’accès aux pièces. « Il y a quelques pièces de voitures plus luxueuses qu’on ne peut obtenir, n’étant pas certifiés pour ces marques, mais les constructeurs pourraient certainement être plus aidants. Nous faisons le balayage des données avant et après réparation, et dans un certain nombre de cas, il est très difficile d’obtenir l’accès. »

L’accès aux pièces ne semble donc pas aussi problématique que l’on pourrait croire. Mais si la pression poussant vers la certification des ateliers se maintient, on pourra voir un resserrement graduel de ce côté.

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