La nouvelle tendance esthétique

Yannick Emmons, propriétaire de Team Overlay, applique un masquage de chrome sur la calandre de cette Rolls-Royce en appliquant du vinyle noir brillant. (Photo : Team Overlay)

Les voitures haut de gamme sont de plus en plus accessibles… tout comme les moyens de les personnaliser.

Les propriétaires sont de plus en plus nombreux à avoir recours à cette technique. Le placage de voiture – communément appelé wrapping – n’est pas nouveau, mais il a atteint un niveau d’accessibilité et de qualité dans les ateliers du Québec qui lui permet aujourd’hui d’étendre sa marque sur nos routes.

Si les parcs de véhicules commerciaux représentent une clientèle majeure, la tendance a également atteint les propriétaires de voitures de prestige en quête de perfection, et même les adeptes des modèles plus courants qui souhaitent en rehausser l’allure sportive.

Au salon SEMA 2018 de Las Vegas, 3M présentait un exemple plutôt extravagant de voiture transformée, qui démontre les multiples possibilités offertes par les produits de placage. (Photo : Michel Beaunoyer)

Jusqu’au moindre détail

Situé à proximité de concessions de voitures de luxe, aux abords de l’autoroute Décarie, l’atelier Team Overlay se spécialise à 100 % dans l’esthétique de voitures de particuliers. De la BWM à la Lamborghini, l’atelier plaque également des Honda Civic et autres voitures courantes passées aux mains d’amateurs d’esthétique et de performance. « Il y a cinq ans, personne ne savait que c’était possible ; ni les concessionnaires, ni monsieur et madame Tout-le-Monde, explique Yannick Emmons, propriétaire. Aujourd’hui, nous recouvrons des voitures chaque jour.

« Prenez une Ferrari : il est fort probable qu’elle ne soit disponible qu’en rouge, mentionne l’expert. Avec les technologies actuelles, le propriétaire peut rapidement la recouvrir d’un placage noir mat, par exemple, que vous pourrez retirer au moment voulu sans abîmer la peinture. D’autres viennent également nous voir pour ne recouvrir que certaines parties, comme le chrome, le capot, le toit, et parfois le bas de caisse, et ainsi rehausser l’allure sportive de leur véhicule. »

David Szczerbickyj, gestionnaire de comptes, Division des solutions commerciales de 3M, mentionne que la compagnie constate pour sa part une hausse marquée de l’achalandage dans ses formations. « C’est une tendance très forte aux États-Unis et ça commence à s’installer sérieusement ici, affirme-t-il. Les automobilistes commencent à adopter ce procédé et les ateliers sont de plus en plus nombreux à vouloir offrir ce service. »

Le bassin commercial

Mais ce sont actuellement les véhicules commerciaux qui demeurent les plus grands utilisateurs. « Côté commercial, tout le monde s’en va vers un habillage complet des parcs de véhicules, affirme Martin Caron, président de Groupe Lettra, spécialisé en placage commercial. Il est beaucoup plus facile, rapide et abordable pour un atelier d’acheter l’équipement, de se former et d’offrir ce service à un prix bien plus abordable que par le passé. Le service est donc plus accessible et les recouvrements complets ne sont plus uniquement réservés aux grandes entreprises. »

La forte demande de ce marché aura aussi mobilisé plusieurs départements de recherche et développement. « 3M a lancé la série 20-80 en 2017, souligne M. Szczerbickyj. Ce recouvrement s’étire à 150 %, ce qui permet d’épouser facilement toutes les formes de la voiture. Le Sprinter de Mercedes, par exemple, contient des concavités très profondes. Des bulles d’air avaient tendance à s’y installer ; maintenant, tout le matériel reste bien en place. »

Comme on le voit avec cette Land Rover,
un propriétaire peut aujourd’hui facilement
changer du tout au tout l’apparence de son véhicule. (Photo : Team Overlay)

Une technique à apprendre

Selon Yannick Emmons, vu la montée de popularité de cette technique, il importe aujourd’hui d’éduquer davantage les carrossiers sur les détails entourant son utilisation. « Par exemple, peu d’installateurs savent qu’il faut attendre environ un mois avant d’effectuer un placage lorsqu’une surface a été repeinte, explique-t-il. Même si ça semble sec au toucher, il reste des émanations de gaz qui ne s’évaporent qu’après le temps prescrit. Plusieurs clients reviennent à l’atelier à cause de bulles d’air, parce que l’installateur a fait les travaux trop rapidement. »

Selon lui, il est d’autant plus important de s’informer que les travaux de placage pourraient se multiplier en aire de réparation. « Les automobilistes sont très nombreux à abîmer leur placage, ajoute-t-il. J’en suis moi-même surpris ! Environ 10 % des voitures que je plaque me reviennent accidentées en cours d’année et il faut recouvrir la zone abîmée. Je suis persuadé que n’importe quel carrossier va tomber très bientôt sur ce genre de cas ! »

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