Entretien : le modèle français

Entretien : le modèle français
Rester généraliste ou se spécialiser, la question est lancée.

Je reviens tout juste d’un voyage en France où on prend la sécurité routière au sérieux.

J’ai traversé le pays du nord au sud et j’ai été à même d’apprécier les beautés de ce pays autant que leur limite de vitesse de 130 K/h sur les autoroutes.

On peut aussi constater que la France prend la sécurité routière très au sérieux et cela se voit dans la condition du parc automobile. Là-bas, les véhicules sont assujettis à des contrôles techniques périodiques très sévères donc, pas de minounes comme ici sur les routes.

L’autre point qui m’a frappé, ce sont les ateliers. Vu de l’extérieur, on a 30 ans d’avance sur eux. Au Québec, cela saute aux yeux que l’industrie de l’après marché est en santé. Nos ateliers pour la plupart, sont beaux, propres, modernes, bien situés et accueillants. Il faut vraiment aller voir ailleurs pour se rendre compte combien les automobilistes d’ici sont choyés et bien servis.

L’effet des bannières

Je suis convaincu que le phénomène des bannières, très présent sur notre territoire, a contribué pour beaucoup dans cette belle image qu’offre notre industrie.

Une autre particularité de l’après marché français, est que la plupart des ateliers sont spécialisés dans une seule marque. Ils offrent le service de base pour tous et un service plus complet pour une marque.

Après réflexion, je me demande si on ne devrait pas regarder cette idée de plus près ici. Je vous parle de ça, parce que plusieurs garagistes actuellement élargissent leur offre de service sous le véhicule (pneus et autres) et délaissent les travaux plus technologiques difficiles et moins payants. De leur propre aveu, cela se traduit par un nombre accru de clients dirigés de façon systématique vers les concessionnaires.

Dans un tel contexte, avec l’avancement technologique, cette pratique va s’accentuer.

Selon ces mêmes garagistes, la raison est simple, aujourd’hui, cela prend trop d’outils, d’équipements, de formation et de personnels qualifiés pour offrir un service complet pour la panoplie de marques de véhicules dans notre marché. Ça prend trop de scanners, trop d’abonnements coûteux pour accéder aux différents sites des manufacturiers, en plus de trouver et conserver les techniciens requis pour ces tâches complexes.

Se spécialiser

Dans un tel contexte, pourquoi ne pas se spécialiser dans une marque ou deux, tout en continuant à offrir un service de base pour les autres marques?  Ceux qui l’ont déjà fait s’en portent très bien. Regardez quel concessionnaire vend le plus de véhicules dans votre région et vous aurez votre réponse.

Les clients aiment les spécialistes. En plus, imaginez un seul type de scanneur, un seul abonnement annuel au site du manufacturier, des outils et équipements spécialisés pour une seule marque, des techniciens moins stressés tout le temps par l’inconnue et j’en passe.

Il ne faut pas oublier que non seulement on a une multitude de marques et modèles de véhicules, en plus, le matin on peut travailler sur un modèle de 1994 et l’après-midi sur un 2015, cela fait bien des véhicules différents à maitriser.

Aujourd’hui avec le Web et les réseaux sociaux tout est possible, pensez-y avant de baisser la barre.

Paratagez-le !