Des étapes s’imposent

Des étapes s’imposent
Si on ne voit pas sous le capot le caractéristique crochet jaune ou orange, c’est que ce moteur BMW 220d-xdr 2014 a un capteur électronique plutôt qu’une jauge d’huile. (Photo : BMW)

Depuis une dizaine d’années, nombre de motorisations européennes n’ont plus de jauge conventionnelle indiquant le niveau d’huile moteur.

Au Québec, quelque 200 000 véhicules européens, principalement allemands, sont dotés de moteurs dépourvus de la traditionnelle baguette indiquant le niveau d’huile. Un choc pour qui l’ignore.

Audacieuse, cette approche technologique exige au mieux que les ateliers soient munis d’une sonde spécifique, ce qui complique la vérification des quantités et, par le fait même, l’opération des vidanges recommandées.

Même si les capteurs électroniques qui remplacent la jauge indiquent au tableau de bord la quantité d’huile, on ne peut, malgré leurs repères graphiques ou numériques, se fier uniquement à leur lecture.

Des cas spéciaux

Rompu à l’entretien des véhicules européens, Claude Turgeon fait état de ce qu’implique cette « nouveauté », qui laisse sceptique quant à la quantité réelle d’huile contenue dans le moteur.

« L’idée d’avoir ajouté un capteur de niveau d’huile n’est pas mauvaise, dit-il, puisqu’elle permet enfin au conducteur d’avoir une idée du niveau d’huile tout en restant au volant.

« Même si peu d’automobilistes s’en préoccupent, les constructeurs auraient quand même pu conserver la baguette, comme Porsche l’avait d’abord fait sur certains modèles, avant de la retirer », ajoute-t-il.

En présence d’un moteur sans jauge conventionnelle, on fait donc face à une situation qui oblige à procéder de façon particulière, qu’on dispose ou non de l’outil approprié d’Audi, BMW ou Mercedes.

Il faut d’ailleurs savoir que si la plupart de leurs carters ne sont sondables que de cette façon, certains moteurs n’ont même pas l’orifice nécessaire à son usage.

Depuis une dizaine d’années, des milliers de véhicules allemands n’ont plus de jauge conventionnelle. (Photo : Guy O’Bomsawin)

Une approche particulière

Dans cette situation, le plus étonnant est évidemment de constater que nous sommes plutôt démunis quant à connaître rapidement la quantité d’huile à moteur avec une raisonnable exactitude.

Par conséquent, le premier réflexe est de vérifier à quel kilométrage la dernière vidange a été faite, afin de ne faire qu’un appoint s’il y a lieu et d’éviter des changements d’huile inopportuns.

Si l’alarme indique que la quantité d’huile est insuffisante sans qu’un entretien soit requis, il y a lieu de procéder à une opération qui peut être simple si tout se déroule à merveille et que l’électronique fonctionne bien.

Les étapes obligées

Lors d’un appoint, quel que soit le niveau d’huile indiqué par l’afficheur du tableau de bord, il vaut mieux en vérifier de façon systématique la quantité réelle, au cas où le capteur électronique serait défectueux.

  1. Vérifier si la quantité à ajouter est affichée par l’ordinateur de bord.
  2. Sinon, rectifier le niveau par petite quantité : 500 ml à la fois.
  3. Suivre la procédure afin que la nouvelle lecture soit prise. Notez que sur certaines Audi, le capteur de niveau ne peut prendre une nouvelle lecture que si le capot a été ouvert durant quelques secondes. Le loquet doit donc fonctionner correctement.
    • moteur arrêté ou en marche
    • température de l’huile
    • temps d’attente
    • test routier et autre
  4. Si, après quelques ajouts, l’indicateur incite à en rajouter, il y a lieu de mettre en doute l’exactitude du capteur.
  5. Dans ce cas, drainer l’huile en utilisant un bécher.
  6. Noter avec précision la quantité recueillie.
  7. Vérifier la quantité totale, sans filtre, correspondant au moteur.
  8. Si cette quantité ne correspond pas à la lecture du capteur, le remplacer.

De l’huile à bord

« Quant aux automobilistes qui ne vérifient jamais le niveau d’huile, il faut les prévenir que ce n’est que lorsqu’il en manque au moins 1 litre qu’ils en sont alertés », précise-t-il.

Comme la lecture ne se fait qu’au moment où le moteur a atteint sa température optimale – plusieurs minutes après le démarrage à froid –, il est préférable d’avoir à bord l’huile requise pour un appoint d’urgence.

« Il est bon de leur rappeler que parce que le cycle de vidange recommandé à 15 000, 20 000 ou 25 000 kilomètres est beaucoup trop long compte tenu de notre climat, ils doivent s’en soucier doublement », conclut Claude Turgeon.

Paratagez-le !