Accompagner le développement du secteur

Accompagner le développement du secteur
Suzanne Proulx est directrice générale du CPA Montréal depuis maintenant trois ans. (Photo : CPA Montréal)

Depuis trois ans, Suzanne Proulx occupe le poste de directrice générale du CPA Montréal. Son mandat lui permet d’aborder les principaux défis inhérents à notre industrie.

Le rôle du Comité paritaire de l’automobile est double : d’abord, il assure l’application du décret, négocié entre les représentants des travailleurs et des patrons de l’industrie, qui établit les conditions de base du travail dans le secteur de la mécanique et de la carrosserie. De plus, il qualifie la main-d’oeuvre, gère le régime d’apprentissage, s’occupe des examens et émet les cartes de compétence. Le CPA Montréal établit le lien entre 13 000 salariés et 3000 employeurs de la grande région de Montréal.

« Nous sommes plongés dans l’action avec plusieurs partenaires, explique Mme Proulx. Depuis mon arrivée, nous avons mis de l’avant bon nombre d’initiatives pour accompagner le développement de l’industrie. »

Par exemple, le CPA Montréal travaille à concerter l’industrie pour répondre aux besoins en matière de compétences et de qualifications en lien avec l’arrivée des véhicules électriques. Deux rencontres du tout nouveau Chantier sur l’entretien et la réparation des véhicules électriques mis en place par le CPA ont eu lieu, regroupant une soixantaine de partenaires et d’acteurs de l’industrie mobilisés autour de cet enjeu névralgique. Le CPA a développé et présenté une cartographie de l’offre de formation et des compétences que les salariés actuels et futurs devraient pouvoir acquérir.

La directrice générale souligne d’ailleurs que les besoins en formation de base sont grands, notamment en électricité, puisque 70 % des techniciens en atelier travaillent présentement sans diplôme d’études professionnelles.

Les projecteurs sur la formation

L’organisme collabore également avec les autres CPA du Québec pour la mise en place de structures favorisant le développement de la main-d’oeuvre. Une demande a ainsi été déposée au gouvernement afin que les ateliers puissent arrimer deux apprentis par compagnon. Il s’agit là d’une demande de longue date des gestionnaires d’ateliers, qui jugent que de lier un mécanicien ou un carrossier d’expérience à un apprenti à la fois a un impact négatif disproportionné sur la productivité de toute l’entreprise, surtout si cette dernière compte peu de techniciens.

Constatant avec ses partenaires de l’industrie qu’il est difficile d’attirer de jeunes talents dans les ateliers, Suzanne Proulx voit d’un bon oeil les projets d’alternance études-travail. « C’est une avenue à développer pour plusieurs bonnes raisons. Ça rend la formation plus attirante pour les jeunes. Ils peuvent aussi rapidement valider s’ils sont faits pour ce métier. Pour l’employeur, le fait que l’étudiant est directement plongé dans la réalité de l’atelier durant sa formation est un grand gain. »

La directrice générale est consciente des enjeux reliés à l’attraction des jeunes, d’une part pour les attirer dans les programmes de DEP, et d’autre part lors de l’intégration en atelier ; l’achat du coffre d’outils, par exemple, représente une difficulté supplémentaire qui préoccupe bien des employeurs.

Plus d’ouverture

Pour Mme Proulx, le CPA doit assumer un rôle de partenaire de premier ordre dans l’industrie automobile. « Le secteur de l’entretien automobile est extrêmement dynamique, constate-t-elle. Les gens de cette industrie forment un vaste réseau, très actif et remarquablement connaissant. Aussi, on y retrouve de plus en plus une conscience sectorielle où les acteurs de l’industrie peuvent aborder les enjeux globaux sans esprit de compétition. Personne ne peut rester campé sur ses positions ; nous devons tous être partenaires dans ce grand bouillonnement de changements, pour assurer la croissance et la pérennité de l’industrie. »

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