L’énigme des directions assistées

L’énigme des directions assistées
La Ford Fusion hybride 2011 est dotée d’une direction assistée électronique dont il est intéressant de comprendre le fonctionnement. (Photo : Denis Pageau)

Pour réparer correctement, il faut aller au fond des systèmes.

Un de mes collègues possède une Ford Fusion hybride 2011 et me rapporte que la direction est devenue très difficile à manoeuvrer sur la route. Le véhicule est au garage depuis plusieurs jours et le système semble toujours afficher des codes d’anomalies qui lui sont associés.

Pour donner suite aux questions que je me pose concernant ce problème, je me suis penché sur le fonctionnement d’une direction assistée électronique (EPAS) sur ce véhicule.

Pour la plupart d’entre nous, la technologie est une chose amusante. Cela dit, elle peut être notre amie la plus proche comme notre ennemie la plus féroce.

Ce système de direction assistée est simplifié depuis quelques années. Il n’y a pas de pompe de direction assistée, ni de courroie de transmission, ni de flexibles et de fluide hydraulique. C’est beaucoup de bruits et de fuites potentiels que nous pouvons jeter par-dessus notre épaule.

Pour la Fusion hybride 2011, le PSCM et le moteur font partie intégrante de la crémaillère. Le moteur met en prise une courroie crantée qui fait tourner une poulie, qui elle-même engage un pignon qui entraîne à son tour la crémaillère.

Son fonctionnement

Ce système, via l’EPS, permet au PSCM d’ajuster en permanence l’aide à la direction en surveillant le capteur de couple, le capteur de position du moteur et le capteur d’angle de direction, ainsi que les entrées de divers modules via le réseau HS-CAN. La vitesse du véhicule est perçue par le module du système de freinage antiblocage (ABS) ou par le module de commande du groupe motopropulseur (PCM), en fonction de l’application.

Le PSCM utilise cette valeur pour gérer la direction assistée, ce qui diminue l’assistance de direction lorsque la vitesse du véhicule augmente et permet d’améliorer les sensations sur la route à des vitesses plus élevées. Je vous fais grâce du détail de tout ce fonctionnement – plus de cent pages de procédures de diagnostic –, mais laissez-moi vous démontrer ce sur quoi il faut porter une attention particulière.

Les sources du problème

Les causes les plus probables d’une direction lourde à manoeuvrer sont des valeurs erronées des capteurs, la résistance élevée (moteur électrique) et les pannes de modules. Attention, le problème n’est pas toujours électrique.

Les composants de la suspension coincés et la faible pression des pneus soulèvent des problèmes avec ces systèmes. Ces conditions entraînent une résistance de la direction, ce qui pourrait entraîner le code d’anomalie C102D (friction élevée de la direction) ou B1D23 (condition de surchauffe). Un code DTC C1B00 sera transmis au PSCM après un test routier.

En résumé : lors d’un diagnostic lié aux EPAS, n’oubliez pas vos bases ; une inspection visuelle est jugée inestimable dans ce cas. Vérifiez toujours le jeu des embouts de biellettes, la résistance des composants de direction et de suspension avant la vérification des composants électroniques.

Dans notre cas, la direction électronique était en défaut, et plusieurs pièces de direction de différente provenance avaient été remplacées sur ce véhicule.

Paratagez-le !