Quelques conseils pratiques

Quelques conseils pratiques
Si vous songez à recruter à l’étranger, vous trouverez l’expertise dont vous avez besoin en mécanique, mais attendez-vous à un long et coûteux processus.

En cette ère de pénurie de main-d’oeuvre, le recrutement à l’international s’avère une porte de sortie intéressante… à condition de bien faire les choses et d’être patient.

Johanne Dubé, coordonnatrice aux communications du CSMO-Auto, le dit d’entrée de jeu : l’embauche de travailleurs en provenance de l’extérieur est une solution à envisager, mais les gestionnaires doivent « rester prudents ».

Ne pas négliger l’accueil et l’intégration

« C’est une bonne alternative, mais il ne faut pas penser qu’il s’agit d’une recette miracle. On remarque que l’intégration des personnes immigrantes est souvent délaissée dans les ateliers, alors que c’est primordial », note-t-elle, rappelant que les travailleurs issus de l’étranger sont des individus qui ont une vie et une famille. « Souvent, ils renoncent à beaucoup de choses pour venir s’installer au Québec et ne parlent pas couramment le français. Si vous ne vous préparez pas adéquatement à les recevoir, ils peuvent choisir de repartir et toutes les démarches que vous aurez entreprises n’auront servi à rien. »

À cet effet, le CSMO-Auto entend proposer, au début de 2020, un sommet sur les bonnes pratiques pour l’accueil de la main-d’oeuvre.

Avoir recours à une agence

Bien que le service est plutôt coûteux – entre 5000 $ et 11 000 $ par candidat – le recours à une agence de recrutement est essentiel pour trouver des travailleurs à l’étranger, selon deux intervenants que nous avons sondés.

Benoît Breux, président de l’atelier de mécanique Cobrex, à Laval, a entrepris des démarches pour dénicher des mécaniciens d’expérience en provenance de la Roumanie et de la Moldavie, il y a environ six mois. Si le processus est long et qu’il engendre son lot d’incertitudes, il aurait été beaucoup plus pénible à son avis de remplir la paperasse et de faire les demandes de permis sans l’accompagnement d’intervenants qui ont une expertise dans le domaine.

« C’est complexe et ça demande beaucoup de temps. Je n’aurais trouvé ni la patience ni le temps de tout faire moi-même. » Selon son expérience, les gestionnaires qui souhaitent recruter à l’international doivent prévoir au moins six mois entre le moment de la demande et celui où le nouvel employé arrive au Québec, sans compter les possibles retards.

« C’est long, c’est cher, mais je sais que je vais trouver des personnes qui auront l’expérience et les certifications nécessaires pour accomplir le mandat. Et si je me rends compte que l’employé ne fait pas l’affaire, je dispose d’un délai de trois mois après son arrivée pour le signaler à l’agence. Le mécanicien est alors relocalisé et on me trouve une autre personne pour le remplacer. »

De son côté, George Salsa, de Fix Auto Rosemont, a engagé de la main-d’oeuvre en provenance d’autres pays à plusieurs reprises, dont un mécanicien et plusieurs carrossiers. Sauf exception, il assure avoir eu de bonnes expériences jusqu’à maintenant en faisant appel à une firme de recrutement. « C’est plutôt facile. L’agence s’occupe de presque tout et même si c’est coûteux au départ, on rentre rapidement dans notre argent parce qu’on a assez d’employés pour prendre plus de clients. C’est un investissement à long terme. »

La paperasse

Si vous faites appel à une agence de recrutement, bien qu’elle se charge des démarches administratives, vous devrez présenter certains documents, notamment des preuves écrites que vous avez tout tenté pour recruter localement avant de songer à l’embauche de travailleurs étrangers. Il est important de noter que le service et les stratégies diffèrent d’une agence à l’autre.

L’agence Canari, par exemple, ne recrute que dans les pays où le visa n’est pas exigé pour entrer au Canada, notamment en Europe ou encore au Mexique, afin d’éliminer une étape du processus bureaucratique. Les candidats ne doivent avoir en main que leur permis de travail fermé. Karim Mouldi, président de Canari, spécifie que les travailleurs mexicains ont souvent de très bonnes qualifications en mécanique.

Avant l’obtention du permis de travail, des demandes d’étude d’impact sur le marché du travail (EIMT) au fédéral et de certificat d’acceptation du Québec (CAQ) au provincial doivent être effectuées. Le premier document sera octroyé une fois que le gouvernement du Canada aura mené une étude sur votre entreprise, notamment pour savoir si vous avez les moyens de payer de nouveaux salaires, si vous employez déjà des travailleurs canadiens, bref, si tout est en règle. Préparez-vous à vous faire poser des questions et à devoir présenter des documents écrits sur votre situation. Vous devrez aussi fournir des informations sur votre entreprise pour obtenir le CAQ. La différence est que ce document analyse aussi les candidats, notamment leurs compétences, leurs certifications, etc.

« On se charge de tout. Tout ce que les gestionnaires ont à faire, c’est présenter des documents et signer des papiers, indique M. Mouldi. Quand l’employé arrive à l’aéroport, on l’accueille et on lui trouve un logement. Un suivi est effectué par la suite afin de s’assurer que l’intégration se passe bien. »

Il existe également des ententes entre certains pays permettant un processus plus rapide. Bref, si vous voulez recruter à l’international, attendez-vous à de longues démarches, mais surtout informez-vous et entourez-vous adéquatement.

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