Diagnostic d’une direction assistée électrique

Photo du moteur électrique enlevé de la crémaillère. Notez la corrosion ! (Photo : Steve Oborne)

Avec de la pertinence, et surtout de la patience, on finit toujours par trouver le problème.

Question de nous rafraîchir les idées, j’aimerais faire un retour sur un diagnostic que nous avons du effectuer au mois de mars, quand la température était encore sous zéro.

Le véhicule impliqué, une Ford Fusion 2013 avec un moteur 1.6 litre turbo. L’histoire de ce casse-tête a commencé au début de mars, lorsque le client nous a contactés pour un volant qui ne tourne pas.

Avec la description que le client a faite, j’avais l’impression que l’auto avait un problème de verrouillage de volant, car le véhicule démarre, avance et recule, mais le volant est.. « barré ». Ne pouvant l’aider à l’instant même, on donne rendez-vous au client pour dans deux semaines.

Comme par magie

Deux semaines plus tard, la Fusion arrive sur la remorqueuse tôt le matin, et le chauffeur nous confirme qu’il est impossible de tourner le volant.  Parfait, le problème y est, et cet après-midi, nous allons essayer d’en trouver la source.  À 15 heures, à ma grande surprise, le problème n’y est plus, je peux tourner le volant sans effort.

C’est certain que je redoute encore un problème au niveau de la colonne de direction. Mais après avoir regardé l’information, ce véhicule ne barre pas le volant.  Et vu que ce véhicule est équipé d’une assistance électrique pour tourner le volant, je m’attends à un code d’anomalie. Mais non, rien. Pas de bulletin technique pour un problème similaire, absolument rien pour m’aider à trouver la cause. On est chanceux comme ça…  Pas le choix, après deux jours, je laisse le véhicule partir, le problème semble ne pas vouloir se manifester de nouveau.

Le lendemain matin, j’ai un appel : le problème est de retour. Étonné, je décide de me rendre sur place pour constater par moi-même le symptôme, et peut-être faire une lecture de quelques données pour me mettre sur une piste.

Le moteur fait son effort

Sur place, je constate bien que le moteur en marche, le volant ne tourne pas du tout. Par curiosité, je branche le lecteur de données, pour voir si le système reçoit la commande d’assister au braquage du volant, et si le moteur essaie d’aider.  Oui, le moteur électrique consomme 26 ampères, mais rien ne se passe. Clairement, il faut investiguer plus en profondeur.  Dès l’arrivée du véhicule, qui est livré directement dans le garage, je commence à chercher pourquoi le volant ne tourne pas. Et c’est là que je trouve finalement la cause et comprends pourquoi le problème n’avait pas été présent au garage la première fois. Il y a eu infiltration d’eau dans la crémaillère, et quand la température tombait sous zéro, elle gelait, empêchant le volant de tourner.

Et pourquoi je n’ai pas eu le symptôme à la première visite ?  La température ambiante était montée au-dessus de zéro dans la journée et pour les quelques jours suivants, question d’ajouter du piquant à mon casse-tête.

Comble de malheur, la première crémaillère reçue du concessionnaire était défectueuse.  Disons que j’ai quelques cheveux gris qui ont poussé cette journée-là.

Paratagez-le !