Les amortisseurs à résistance variable : le magnétisme au service du confort

Au lieu de faire varier mécaniquement les ouvertures d’un piston, un dispositif complexe et fragile, on fait varier la viscosité du fluide contenu dans l’amortisseur.

Au lieu de faire varier mécaniquement les ouvertures d’un piston, un dispositif complexe et fragile, on fait varier la viscosité du fluide contenu dans l’amortisseur. (Photo : GM)

Toute suspension automobile est affaire de compromis. Elle doit être assez souple pour assurer un bon niveau de confort, mais suffisamment ferme pour ne pas rendre la voiture trop baladeuse. L’amortissement de la suspension a donc toujours été finement calibré en fonction de ces paramètres et du style de conduite désiré. Mais, depuis quelques années, un nouveau type d’amortisseur est venu chambouler cet équilibre : l’amortisseur à résistance variable. 

Les premiers amortisseurs de ce genre qui sont apparus dans les années 80 faisaient appel à des mécanismes rotatifs installés au bout de la tige de l’amortisseur. Ceux-ci faisaient varier l’amortissement en ouvrant ou fermant des orifices dans le piston de chaque amortisseur. Ainsi, l’amortissement pouvait être réglé plus ferme au simple toucher d’un bouton . Mais ces systèmes se sont révélés assez peu performants, tout en étant fragiles et chers à remplacer.

Un fluide magique

La deuxième génération d’amortisseurs variables est beaucoup plus intéressante. Lancée par Delphi au tournant des années 2000, elle utilise le magnétisme comme principe de base. Au lieu de faire varier mécaniquement les ouvertures d’un piston, un dispositif complexe et fragile, on fait varier la viscosité du liquide contenu dans l’amortisseur. Ce liquide spécial contient de fines particules métalliques. Lorsqu’il est soumis à un champ magnétique créé par une bobine électromagnétique placée autour du piston, ce fluide devient plus épais, plus visqueux, en une fraction de seconde. L’amortissement s’en trouve donc augmenté pour assurer une conduite plus ferme.

Le gros avantage de ces amortisseurs est la possibilité de varier l’amortissement en temps réel, ou presque. Un contrôleur électronique analyse les mouvements de la suspension (rapidité d’enfoncement et amplitude) et les intentions du conducteur (position de l’accélérateur, angle de volant). Il agit ensuite sur la viscosité du fluide en émettant un courant électrique vers l’électro-aimant. L’amortisseur peut donc être relativement souple en conduite normale et se raidir en une fraction de seconde lors d’une manoeuvre de dépassement, par exemple.

Excellente fiabilité 

Réputés fiables, en tout cas beaucoup plus durables que ceux des années 80, ces amortisseurs sont théoriquement bons pour la durée de vie du véhicule. C’est que la principale cause de remplacement des amortisseurs modernes n’est plus le coulage, mais plutôt la perte de capacité d’amortissement. Comme ils sont capables de compenser la perte d’efficacité en augmentant la viscosité du liquide, les amortisseurs à résistance variables sont plus durables que leurs équivalents traditionnels.

Comme rien n’est parfait, ce sont souvent les capteurs, connecteurs ou filage qui causent des problèmes. Dans ces cas, le système est désactivé, et la voiture devient très souple, au point où elle rebondit plusieurs fois après chaque bosse. Un outil de diagnostic approprié est alors nécessaire pour localiser la panne et la résoudre.

Le coût de remplacement des amortisseurs est encore élevé, mais certains fournisseurs hors du réseau du constructeur offrent des pièces compatibles avec les modèles les plus courants. Cadillac, Corvette, Buick, Audi, Acura, Ferrari et Land Rover utilisent déjà ce système. Cette technologie très efficace est promise à un bel avenir.

 

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