Le diagnostic avancé : de quoi s’agit-il ?

Le Garagiste

L’analyseur indique que trois systèmes sont inactifs ou défectueux. Que feriez-vous de ce cas ?
(Photos : Jean Rodier)

Vitesse, température, élimination des codes, modifications interdites. L’ordinateur de bord révèle tout, à condition de savoir l’interroger et interpréter ses données.

Plonger au coeur des systèmes pour vérifier quelques données peut conduire beaucoup plus loin qu’à la détection et à la solution de problèmes connus et courants.

Aujourd’hui, les ordinateurs de bord sont comme un grand livre qui enregistre tout et permet de vérifier à volonté les moindres données.

Au-delà de la maîtrise des procédures, ce qu’on entend par diagnostic avancé implique de connaître leur signification assez bien pour mettre le doigt sur ce qui semble indécelable.

Mouchards et bavards

Les codes sont indispensables pour mener à ce qui fait défaut, mais il est de loin plus important de savoir ce qu’ils indiquent quant à la nature du problème.

Ce sont en quelque sorte des mouchards qui, particulièrement utiles, révèlent entre autres l’utilisation abusive d’un véhicule ou une conduite à risques.

D’apparence anodine, ces informations sont cruciales quand il s’agit de vérifier l’état réel du groupe motopropulseur lorsque des anomalies sont rapportées sur des véhicules d’occasion.

Les données qu’on tire d’un diagnostic poussé sont donc extrêmement éclairantes quant aux bris survenus avant l’achat, aux modifications apportées à la programmation ou à la qualité de l’entretien.

C’est d’ailleurs en fouillant dans les mémoires des logiciels qu’on peut indiquer, dans le cas d’un accident mortel, à quelle vitesse le conducteur roulait avant et au moment de l’impact.

Le Garagiste

Le code affiché indique un dysfonctionnement du système d’antidérapage, mais ne donne aucun indice sur ce qui le provoque.

Les AVC informatiques

Parmi ce qu’on y découvre, et qui témoigne de manipulations interdites, il y a évidemment l’élimination des codes effectuée par des applications accessibles à tous.

Le diagnostic avancé est aussi la démarche qui nous permet de noter le gel anormal de paramètres et la désactivation de certaines fonctions.

Ce sont également leurs paramètres qui nous indiquent s’il y a eu piratage et effacement des codes afin de retarder l’activation du témoin d’anomalie.

En ces cas, il nous est facile de constater que le système informatique a subi un AVC, une perte de mémoire causée par une intervention extérieure.

Effacement et faux codes

Un code d’anomalie qui a été effacé sans que ce qui l’a provoqué ait été réglé déclenche la réinitialisation automatique de la fonction touchée et l’apparition de faux codes liés à son réapprentissage.

Afin d’éviter de s’engager sur une mauvaise piste, une vérification de l’état des mémoires permet en pareille situation de savoir s’il y a bien eu réinitialisation.

Encore faut-il être en mesure de reconnaître alors la signature d’une de ces mises à jour, dont le nombre et la diversité nous obligent à demeurer alertes.

En être à l’affût est aussi important que de savoir que, sur certains véhicules, les essuie-glaces ne fonctionnent que si le capot est fermé.

Les essais branchés

La condition essentielle à un excellent diagnostic est d’en respecter les étapes, lesquelles incluent ces essais routiers qui sont de grands révélateurs.

Analyseur branché, certains problèmes ne sont en effet détectables que de cette façon. À titre d’exemple, la défectuosité, détectée le 3 novembre, du thermostat d’un véhicule 2013 affichant 45 000 km.

Il en va de même pour une consommation excessive, qui conduit généralement à constater, par le volume des polluants y entrant et en sortant, que le catalyseur est inopérant.

C’est ainsi qu’on peut également conclure que le régime irrégulier d’un moteur peut être causé non par une défectuosité de ses systèmes, mais par un problème de transmission.

Il arrive aussi qu’un moteur tourne mal en raison d’un problème lié à une sonde d’oxygène ou à une dépression causée par le joint abîmé du couvert de soupapes.

Du raffiné à l’élémentaire

Plus les constructeurs multiplient les capteurs et les logiciels et plus ceux-ci sont interreliés physiquement ou électroniquement, plus il est difficile de cerner la nature des problèmes.

La sensibilité des capteurs est si grande qu’on doit absolument être vigilants au fait qu’un code d’anomalie peut même apparaître en raison d’une pièce ou d’une huile non conforme aux normes du constructeur.

Par conséquent, c’est uniquement par l’analyse et des tests élémentaires qu’on découvre, par exemple, que l’ordinateur de bord a été désactivé à la suite d’un impact avec un banc de neige.

Réflexion et logique

Le diagnostic avancé est une affaire de réflexion, de logique, d’informations à jour, de formation continue et d’expérience quotidiennement enrichie.

L’ultime utilité de ce type de démarche est de pouvoir faire le bilan de l’état des véhicules d’occasion et de donner à la Cour des informations pertinentes sur les causes possibles d’un accident mortel.

Il ne faut rater aucune occasion d’augmenter ses compétences en diagnostic. C’est de la capacité à le maîtriser que dépendent l’efficacité et la qualité des services d’entretien.

La démarche

  • Confirmer l’objet de la plainte
  • Vérifier les systèmes connexes
  • Analyser le symptôme par le mode 6
  • Consulter les bulletins techniques et les mises à jour
  • Corriger le problème
  • Confirmer le tout en vérifiant si tous les systèmes sont actifs

Paratagez-le !