Les SSPP en hiver : à la fois robustes et fragiles

SPSSLes SSPP (système de surveillance de la pression des pneus, ou TPMS en anglais) ont été créés pour faciliter la vie des automobilistes, mais ils ont pris le monde de l’entretien par surprise.

Beaucoup de voitures et camion­nettes de fabrication récente sont équipées de capteurs installés dans les jantes et qui transmettent au tableau de bord la pression de chacun des pneus. Le conducteur n’a donc plus besoin de vérifier régulièrement la pression avec un manomètre, puisque le système le fait pour lui et l’avertit si l’un des pneus perd de la pression. Toutefois, plusieurs conducteurs semblent toujours ignorer les avertissements des SSPP, ce qui peut  rendre la conduite de leur véhicule dange­reuse. C’est pour cela que les détaillants ont un rôle crucial d’éducateurs à jouer.

En effet, malgré toute la technologie ajoutée aux véhicules modernes, il y a encore beau­coup de négligence sur le plan de l’entretien des véhicules. Par exemple, bien que l’instal­lation des pneus d’hiver soit généralement faite par des professionnels, certains d’entre eux cèdent aux exigences de leurs clients qui ne veulent pas payer pour installer des capteurs SSPP dans des jantes d’aluminium ou dans les jantes d’acier utilisées pour monter les pneus d’hiver.

Comme la plupart de ces jantes sont livrées sans capteurs SSPP, le client doit débourser un peu plus afin de se procurer des capteurs compatibles avec le sys­tème qui équipe son véhicule. Sachez au départ qu’il existe deux types de capteurs SSPP : les plus simples se contentent de transmettre leurs données directement au tableau de bord, tandis que les plus élabo­rés interagissent avec d’autres systèmes, comme l’antipatinage, l’antiblocage des freins et le système de stabilisation. Dans bien des cas, il faut même utiliser des cap­teurs SSPP d’origine afin de respecter la garantie du constructeur.

Les clients qui refusent de faire installer des capteurs ne voient que le témoin illu­miné dans le tableau de bord. Au Québec, aucune loi n’oblige les propriétaires de ces voitures à corriger la situation. Toutefois, notons qu’en 2011, aux États-Unis, la NHTSA (National Highway Trafic Safety Administration) annonçait que tout gara­giste qui n’installerait pas de SSPP lors d’un remplacement de pneu pourrait être tenu responsable si un accident survenait et que les pneus étaient mis en cause. Comme les SSPP font partie intégrante des systèmes de sécurité des véhicules, un patrouilleur américain qui intercepte un véhicule et qui voit le témoin du SSPP allumé peut donner une contravention.

Entretien

Les plus récents modèles de SSPP sont mieux adaptés à nos conditions climatiques. Ils sont aussi de construction plus solide. Toutefois, il faut quand même être prudent lors des changements de pneus afin de ne pas les endommager accidentellement.

Avec les SSPP, certains experts recom­mandent de gonfler les pneus à l’azote afin d’éviter toute possibilité de corrosion, surtout en hiver. En effet, l’air contient de l’humidité, qui peut endommager les cap­teurs. L’azote étant dépourvu d’eau, son utilisation élimine le risque de corrosion. D’autre part, il est bon de conseiller à vos clients de ne pas remplacer les capuchons en plastique par de plus jolis bouchons en métal chromé, puisque ceux-ci peuvent se corroder et « saisir » sur les filets de la valve.

Enfin, n’oubliez pas d’informer le client que vous avez gonflé ses pneus à l’azote (ce qu’on indique normalement en instal­lant des capuchons verts) et qu’il ne doit pas ajouter d’air si ses pneus perdent de la pression. Il est important de rétablir la pression avec de l’azote, sinon, il faudra vider le pneu complètement et recom­mencer à zéro.

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