Pneus retravaillés illégalement : Sachez repérer la fraude

Pneus retravaillés illégalement : Sachez repérer la fraude
Pour autant qu’il soit attentif, il suffit de quelques secondes à un technicien pour repérer un pneu trop usé ou retravaillé illégalement. (Photo : Service de police de Sherbrooke)

Tout bon mécanicien inspectera les pneus de son client avant de les poser, pour voir s’ils sont trop usés ou, pire, si l’usure a été camouflée au couteau par un vendeur malhonnête.

Cette pratique de sculptage illégale du pneu a été observée ce printemps dans la région de Sherbrooke et rapportée dans les médias.  Lorsqu’ils ne mettent pas carrément la vie des occupants du véhicule en danger, ces pneus ne seront d’aucune utilité à leurs propriétaires. Espérons qu’ils aient un garagiste assez alerte et consciencieux pour refuser de les installer.

Luc Brochu, propriétaire de Pneu et Mécanique Wellington, à Sherbrooke, a intercepté de ces pneus en atelier au printemps dernier. Selon ses observations, ce phénomène arriverait par vagues dans le secteur. « Ça fait longtemps que je travaille dans le domaine, et ce genre de pratique a tendance à apparaitre sporadiquement, observe-t-il. J’en ai vu un certain nombre il y a une douzaine d’années, puis ça a réapparu cette année. »

Gardez l’oeil ouvert

Pour autant qu’on y porte attention, selon M. Brochu, ces pneus sont faciles à repérer. « Certains pneus sont tellement usés qu’on peut voir les bosses de la ceinture d’acier se dessiner à travers la bande de roulement, mentionne-t-il. Dans tous les cas, si la barre d’usure de 2/32e de pouces est disparue et que le pneu semble encore bon, c’est sans doute qu’il a été retravaillé illégalement. »

Autrement qu’avec la basse d’usure, d’autres signes peuvent laisser voir que des pneus ont été retravaillés, avec les moyens du bord. « Pour les pneus d’hiver, le fautif doit découper le pneu de gauche à droite, pour laisser croire que le pneu a encore une bonne traction. Si quelqu’un fait passer son couteau dans une rainure, la bavure se referme au bout, et ça parait bizarre à l’œil nu. »

Il va sans dire que cette pratique frauduleuse non repérée peut s’avérer extrêmement dangereuse. « Un client est arrivé à l’atelier en se plaignant de vibrations étranges. Son pneu était déformé de façon assez prononcée. Le caoutchouc ne maintenait tout simplement plus la structure d’acier. Quelques bosses sur la route, et le pneu se déforme, s’il n’explose pas carrément. »

Protéger le client

Selon M. Brochu, le technicien se doit de réagir lorsqu’il repère la fraude. « Tout d’abord, on avise le client que ses pneus ont été vendus de façon illégale, et on essaie de savoir d’où ces pneus proviennent. On voit ensuite si le client peut avoir un recours, s’il peut se faire rembourser. On ne pose pas le pneu,  mais on veut quand même l’aider le mieux possible. »

La meilleure stratégie qui s’offre aux techniciens reste la vigilance, quelle que soit l’intensité de la saison des pneus. « Il faut s’assurer, lorsqu’on forme nos employés temporaires, de les aviser de cet enjeu-là. Souvent, on ne le fait pas. Mais 10 ou 15 minutes suffisent à leur expliquer l’importance d’évaluer l’état des pneus qu’ils prennent dans le coffre du client. »

Les 30 minutes consacrées à une voiture passent rapidement, mais quelques secondes suffisent pour repérer un pneu illégal ou en fin de vie.  « Il suffit d’être attentif, comme toujours. En roulant le pneu vers la voiture, il faut regarder les marques d’usure, la profondeur. On ne pose pas des pneus qui mettent la vie du client en danger. »

 

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