Accident mortel à Baie-Comeau: la CNESST dévoile ses conclusions

Accident mortel CNESST
Chauffeur de camion semi-remorque pour la compagnie Transport S. Hallé et Filles, M Jacques a été frappé par le pneu qui s’est déjanté au moment du gonflage. (Photo : Shutterstock) 

La CNESST rendait publiques le 30 avril les conclusions de son enquête sur l’accident ayant entraîné la mort de Gilbert Jacques le 12 septembre 2018, à Baie-Comeau.

Chauffeur de camion semi-remorque pour la compagnie Transport S. Hallé et Filles, M Jacques a subi l’accident au moment ou il s’affairait au gonflage d’un pneu après la réparation d’une roue endommagée par un incendie. L’accident s’est déroulé à l’intérieur de l’Atelier de l’entreprise.

Comme le décrit la CNESST par communiqué de presse, au moment lors de l’opération de gonflage, le pneu s’est déjanté,  le travailleur a été frappé puis projeté au sol. Son décès a été constaté à l’Hôpital Le Royer.

La CNESST a émis deux exigences auxquelles l’entreprise s’est conformée. Il a d’abord été exigé de l’employeur qu’il suspende les travaux de gonflage de pneus de véhicules d’au moins 4 500 kg, puisqu’aucun dispositif de retenue empêchant la projection des composants de la roue n’est mis à la disposition des employés.

Transport S. Hallé et Filles a également été contraint de rédiger une procédure relative au gonflage des pneus et à l’utilisation sécuritaire de la cage de retenue.

Le causes

Le jour de l’accident, Gilbert Jacques s’est affairé à enlever le pneu de la jante, retirer les débris et remplacer les freins et le roulement à billes. Il a ensuite entrepris le montage du pneu sur la jante, avant de procéder à l’opération de gonflage qui lui aura été fatale.

La CNESST a retenu trois causes au terme de son enquête, pour expliquer l’accident. D’abord, la surchauffe du tambour de frein et l’incendie du pneu ont entraîné la déformation de la jante d’aluminium.

On souligne ensuite comme cause l’utilisation d’une jante déformée et l’absence d’un dispositif de retenue empêchant la projection de la roue lors du déjantage mécanique.

Finalement, la CNESST a pointé l’absence de règles de sécurité et de formation en matière d’installation et de gonflage de pneus, ce qui «  expose le travailleur au danger d’être percuté par une pièce projetée. »

Les recommandations

La CSNESST a émis diverses solutions pour éviter que pareil accident ne se reproduire.

D’abord, toute jante ayant été exposée à une chaleur excessive, comme dans le cas d’un incendie ou d’un mauvais fonctionnement des freins, devrait être immédiatement retirée de la circulation.

On recommande également d’établir une procédure de travail sécuritaire pour l’entretien des roues à jante. Les travailleurs doivent connaître et suivre cette procédure.

Enfin, la CSNESST souligne l’importance d’utiliser un dispositif de retenue — cage, support, chaîne, assemblage de barre, etc. — qui permet d’éviter la projection de composants de roue.

« Par la loi, l’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique de ses travailleurs, rappelle la CNESST. Il a également l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires.

On souligne également la responsabilité des travailleurs de faire équipe avec l’employeur pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer ou les contrôler.

Paratagez-le !