Serait-ce la fin des pneus fantaisistes ?

Serait-ce la fin des pneus fantaisistes ?
Ce pneu Michelin fantaisiste était monté sur un prototype de Toyota. (Photo: Éric Descarries)

L’une des principales attractions des grands salons de l’auto aura toujours été les fameuses études de style.

Les grands salons internationaux nous donnent droit à ce que bien des visiteurs appellent communément des « prototypes ».

On pourrait attribuer la popularité de ces voitures parfois fantaisistes à General Motors, qui nous a initiés à ce type de véhicule dès les années 1950, surtout avec sa tournée promotionnelle nord-américaine GM Motorama.

Elle nous a fait connaître des véhicules désormais légendaires comme la série de Firebird (avec moteur à réaction), ses Pontiac Club de Mer, Chevrolet Impala et même les Oldsmobile Starfire et Buick Wildcat de l’époque. D’ailleurs, on reconnaît à la Buick Y-Job le titre de toute première étude de style. Saviez-vous que la Batmobile de la série télévisée des années soixante était ellemême basée sur une de ces études de style, soit la Lincoln Futura ?

Des pneus spécifiques
Dans le temps, les principaux fabricants de pneus ont vu une belle occasion de se distinguer en créant des pneus spécifiques à ces études de style. À partir de carcasses uniformes sans sculptures, ils ont d’abord utilisé des ciseaux spéciaux pour y creuser des rainures imaginaires plus stylisées que fonctionnelles.

Puis, avec le temps et l’arrivée des ordinateurs, ils en sont venus à créer des pneus encore plus beaux et plus fantaisistes.

D’ailleurs, cet art est toujours pratiqué par quelques grandes compagnies.

Un art menacé
On en a vu tout dernièrement sur des études de style de Nissan et Toyota, au Salon de l’auto de Détroit. Mais ces pneus sont devenus de moins en moins utilisés, au point où plus d’un observateur se demande si la pratique ne sera pas abandonnée sous peu.

En effet, malgré leur look original et leur dessin unique, ils représentent moins d’intérêt pour les consommateurs, qui reconnaissent plutôt des pneus dont la bande de roulement a vraiment été étudiée pour la performance, l’efficacité sur pavé mouillé, dans la neige ou la boue, ou encore pour l’économie de carburant.

D’ailleurs, peu de fabricants se sont aventurés à mettre en production ce type de pneus, sauf peut-être le hollandais Vredestein, qui avait déjà commercialisé un pneu de performance dessiné par le réputé designer Giugiaro durant les années 2000.

De nos jours, les studios de design des constructeurs préfèrent utiliser de véritables pneus de performance de production, qui collent plus à la réalité et démontrent mieux la faisabilité de leurs projets.

Par conséquent, éventuellement, le pneu fantaisiste des études de style pourrait être relégué aux oubliettes. Une autre page de la petite histoire de l’automobile aura été tournée.

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