Recruter des travailleurs saisonniers : Pas une mince affaire

Travailleurs saisonniers
La capacité à trouver suffisamment de travailleurs saisonniers en période d’affluence repose sur les efforts déployés, l’organisation et les contacts.

Dans un contexte de pénurie de main-d’oeuvre, tous les moyens sont bons pour répondre à l’achalandage qu’occasionnent les périodes de changements de pneus.

Si certains centres de pneus et mécanique engagent un grand nombre d’employés au printemps et à l’automne, qui s’ajoutent à l’équipe permanente, d’autres préfèrent payer des heures supplémentaires au personnel déjà en place et recruter moins de travailleurs saisonniers.

Éric Péloquin, qui possède deux succursales Pneu Select — l’une dans le quartier Ahuntsic, à Montréal, et l’autre à Dollard-des-Ormeaux —, gère deux équipes permanentes de six et sept mécaniciens et apprentis mécaniciens. Chaque année, il n’engage pas plus de deux employés supplémentaires, durant les périodes achalandées, bien qu’il y aurait amplement de travail pour en recruter plus.

« C’est difficile de trouver de la main-d’oeuvre fiable, explique-t-il. Chaque année, on publie des annonces d’embauche de travailleurs saisonniers sur Kijiji. Au printemps, quand l’année scolaire se termine, on essaie aussi de recruter dans les écoles de mécanique, mais le personnel qualifié se fait rare. »

Dans ce contexte, M. Péloquin préfère rouler avec des équipes réduites et payer beaucoup d’heures supplémentaires : « Je n’accepte pas les erreurs. Les jeunes saisonniers que j’engage disposent d’ailleurs, à leur arrivée, d’un encadrement serré et d’une formation. Sinon, je donne plus d’heures à mes employés déjà en place ; je m’assure ainsi que le travail est bien fait, en tout temps. »

En période plus tranquille, deux membres du personnel permanent — un dans chaque succursale — sont « relâchés » sur une base volontaire et retirent du chômage. « Ils veulent tous faire des heures supplémentaires quand c’est achalandé, justement pour compenser les temps morts », explique notre intervenant.

Une fois sur dix, ajoute-t-il, un employé saisonnier qu’il engage se verra, par la suite, proposer un poste à temps plein. « J’ai un bon taux de rétention, plusieurs de mes mécaniciens sont là depuis quatre ou cinq ans. Quand j’en engage un nouveau et qu’il est bon, je le garde. »

Être proactif
À l’inverse de M. Péloquin, Pascal Éthier, de Pneus Éthier à Sainte-Thérèse, doit pratiquement doubler ses effectifs en haute saison. L’entreprise, qui comporte deux garages de pneus et mécanique, passe d’une quinzaine d’employés permanents – incluant les préposés à l’accueil – à près d’une trentaine, durant les périodes d’achalandage. Toute la main-d’oeuvre supplémentaire n’est dédiée qu’à la pose de pneus.

« Les jeunes saisonniers que j’engage disposent d’un encadrement serré et d’une formation. Sinon, je donne plus d’heures à mes employés déjà en place. »
⏤ Éric Péloquin, propriétaire d’ateliers Pneu Select

Comme l’obligation de chausser son véhicule de pneus d’hiver est désormais devancée au 1er décembre, le spécialiste s’attend même à devoir engager trois ou quatre employés saisonniers de plus qu’à l’habitude, cet automne. Il compte également ajouter des heures d’ouverture en soirée et la fin de semaine et payer plus d’heures supplémentaires.

« On se prépare un mois et demi d’avance pour trouver tous nos gens, explique M. Éthier. On commence par rappeler ceux qu’on a engagés dans le passé ; je dirais que 75 % d’entre eux reviennent. Pour le reste, on publie des annonces dans le journal local, on se fait recommander des amis d’amis ou bien on engage des travailleurs saisonniers en déneigement qui sont sur le chômage et des étudiants. »

Il estime que la capacité à trouver suffisamment de travailleurs saisonniers en période d’affluence repose sur les efforts déployés, l’organisation et les contacts. « Ceux qui viennent travailler avec nous pour la première fois et qui n’ont pas vraiment d’expérience passent par une période de probation de deux semaines. Ils sont accompagnés de formateurs ; on travaille toujours en équipe. »

Rare que les mêmes employés reviennent
Chez Pneus Bélisle, à Trois-Rivières, un établissement est réservé aux véhicules poids lourds et un autre à la division mécanique pour les voitures et les camions. Maxime Gariepy, qui gère la division mécanique, supervise quatre employés à temps plein. Chaque année, à l’automne, il engage trois travailleurs additionnels, dont il se départit durant l’hiver. Puis, au printemps, lorsque la période de changements de pneus revient, il rengage deux à trois employés de façon temporaire.

« On en engage plus à l’automne qu’au printemps, car le rush est plus grand lors des périodes d’installation de pneus d’hiver, dit-il. C’est rare que les mêmes personnes reviennent d’une saison à l’autre. On embauche beaucoup d’étudiants qui viennent nous aider, puis qui s’en vont. »

Pour recruter dans ses différents ateliers, le siège social de Pneus Bélisle publie des offres d’emploi sur différentes plateformes, notamment les réseaux sociaux et les sites d’affichage de postes. « Quand le siège social reçoit des candidatures intéressantes, il me contacte et je m’occupe de passer les personnes en entrevue. On trouve beaucoup de saisonniers de cette façon-là, ainsi que par le bouche-à-oreille. On ne recrute pas nécessairement des gens qui ont une formation en mécanique. »

Généralement, M. Gariepy réussit à engager suffisamment de main-d’oeuvre supplémentaire à l’automne, mais perd parfois des employés avant la fin de la période de changements de pneus aux mains de compagnies de déneigement qui offrent des salaires plus alléchants.

« On doit s’attendre à en perdre un ou deux avant la fin de l’affluence. Quand ça arrive, on roule à équipes réduites jusqu’à ce que ça passe. C’est comme ça partout avec la pénurie de main-d’oeuvre. »

En période plus tranquille, le roulement est suffisant à l’atelier, dit-il, pour faire travailler tous ses employés réguliers à temps plein. Outre les réparations quotidiennes à effectuer, il y a toujours du travail de remaniement à effectuer dans l’entrepôt. Le personnel, précise M. Gariepy, fait entre 32 et 40 heures par semaine, à l’année, en fonction de l’achalandage.

« Je ne pense pas que l’obligation devancée de faire poser ses pneus d’hiver ait une incidence sur notre travail. Je ne sais pas si c’est parce que nous sommes à Trois-Rivières et qu’il commence à neiger tôt, mais nos clients sont plutôt disciplinés. Ils n’attendent pas à la dernière minute pour changer leurs pneus », conclut-il.

 

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